Née sans organes génitaux, elle est la première à se faire reconstruire un vagin avec de la peau de poisson

Jucilene Marinho est née avec une condition médicale rare. Elle n’avait ni utérus ni vagin. À 23 ans, elle vient de subir une opération de chirurgie reconstructrice qui lui a permis de retrouver des organes génitaux féminins. Regardez la vidéo de celle qui peut dorénavant profiter de son vagin avec son petit ami. Ce qui est encore plus étonnant est le processus de fabrication de sa prothèse vaginale. Le moule de la cavité vaginale a été réalisé avec de la peau de poisson !

 

Elle est née sans vagin ni utérus

Jucilene Marinho est la première femme au monde née sans vagin qui a pu bénéficier d’une chirurgie réparatrice inédite. Ses organes ont été reconstitués avec de la peau de tilapia. La néovaginoplastie permet de reconstruire un vagin, mais les organes reproducteurs sont malheureusement impossibles à créer. Comme elle souffre du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hause (MRKH), elle a une absence totale du vagin, de l’utérus et des ovaires. Dans la foulée, le docteur brésilien Leonardo Bezerra a pratiqué la même opération à trois autres femmes, à la Maternité Assis Chateaubriand de Fortaleza.

 

Elle a fait l’amour pour la première fois

L’opération s’est déroulée à la perfection et la période de convalescence, qui est l’étape déterminante pour la réussite de l’opération, s’est passée à merveille. Quelques mois après l’opération, Jucilene a pu avoir son premier rapport sexuel de sa vie, avec Marcus Santos, son compagnon depuis un an. « C’était un moment merveilleux car tout fonctionnait parfaitement. Je n’ai senti aucune douleur, juste du plaisir et de la satisfaction ». Malheureusement, Jucilene ne pourra jamais avoir d’enfant. Une nouvelle qu’elle a apprise à l’âge de 15 ans, au moment de son diagnostic. C’est à un âge assez tardif qu’elle a appris qu’elle n’avait ni vagin ni appareils reproducteurs. Comme elle possède les organes nécessaires pour uriner, elle n’avait jamais remarqué son absence de vagin.

 

Pourquoi utilise-t-on du tilapia pour reconstruire un vagin ?

Pour construire ou reconstruire un vagin, notamment lors de la réassignation sexuelle des transgenres, on utilise normalement des moules en silicone qu’on insère dans une cavité que l’on a créée entre le rectum et la vessie. Autour de ce moule qui va constituer la cavité vaginale on enroule une greffe de peau (généralement des cuisses), qui va finir par cicatriser et former la paroi vaginale. Dans ce cas-ci, c’est la première fois qu’on remplace le greffon de peau, par du poisson. Le tilapia a été choisi parce qu’il est riche en collagène (qui provoque la régénérescence de la peau) et que sa peau est aussi résistante que celle de l’homme. Le tilapia a déjà été utilisé pour soigner de nombreux grands brûlés.

 

La peau cicatrise en absorbant celle du tilapia

La peau du poisson doit bien entendu être écaillée, stérilisée et exposée à des radiations pour tuer tout virus. L’odeur est enlevée et la peau peut être stockée en salle réfrigérée pendant deux ans. L’utilisation de la peau de poisson permet de ne pas devoir prendre de la peau du patient ailleurs. Mais aussi, la fine peau cicatrise plus vite que la peau humaine. On recouvre donc un moule en silicone de peau de tilapia. On insère le moule dans la cavité créée et on attend que les tissus humains absorbent les tissus de la peau du poisson. Une membrane se forme, jusqu’à ce qu’elle recrée une peau. Après 10 jours ont peu enlever le moule et la patiente peut déjà remarcher. Il faut dans un premier temps replacer un moule ou une éponge pour ne pas que les parois s’affaissent. Après quelques mois, le patient peut avoir son premier rapport sexuel.

vagin reconstruction vaginale tilapia

Crédits : aquaponie.biz, UFC/FocusOn News, Universidade Federal do Ceara, Giphy

Publié par Nicolas F le 03 Juin 2018
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