Des journalistes convoqués par la DGSI ? Les révélations troublantes et inquiétantes de Valentine Oberti

 

C’est une annonce qui fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux. De retour sur le plateau de Quotidien après un congé maternité, la journaliste Valentine Oberti a expliqué mercredi soir avoir été convoquée par la DGSI à Levallois-Perret en février dernier. La reporter enquêtait alors sur les ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis. Un sujet visiblement sensible aux yeux de l’Etat et de la sécurité intérieure. Plus tôt dans la journée, Le Monde annonçait que sa reporter Ariane Chemin avait été entendue par la même institution dans le cadre de l’affaire Benalla. Ces convocations à répétition sont jugées « particulièrement inquiétantes pour la liberté de la presse » par Luc Bronner, directeur de la rédaction du Monde.

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Des convocations en guise d’intimidation ?

Dans le cadre de son enquête, Valentine Oberti explique avoir échangé et discuté avec plusieurs sources différentes. « Ces sources m’ont donné des informations sensibles. J’ai voulu confronter la ministre des Armées à ces informations mais Florence Parly a esquivé la question. Ses services ont préféré enclencher immédiatement une procédure judiciaire qu’on pourrait qualifier d’intimidation. J’ai été convoquée très officiellement pour compromission du secret de la défense nationale. » Interrogée sur le déroulement de cet entretien avec la DGSI par Yann Barthès, Valentine Oberti explique avoir été assistée d’une avocate pendant cet échange qui aura duré moins d’une heure. Elle n’a répondu à aucune question des enquêteurs.

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Pourquoi ces convocations de journalistes par la DGSI sont-elles inquiétantes ?

« C’est un principe qu’on voudrait rappeler ensemble, un journaliste ne dévoile jamais ses sources, c’est d’ailleurs pour ça qu’elles parlent, parce qu’on les protège. C’est un fondement de notre métier et c’est garanti par la loi. » rappelle Valentine Oberti. « Cette enquête diligentée par la section anti-terrorisme du parquet a clairement un objectif : les trouver, ce que nous ne permettrons pas. » Plusieurs autres membres de l’équipe de Quotidien ont été entendus dans cette affaire tandis que des journalistes d’autres médias ont eux aussi reçu des convocations de la DGSI.

Huit journalistes au total seraient passés dans les locaux de la sécurité intérieure ces derniers mois. De quoi mettre en péril la liberté de la presse et le secret des sources. Plusieurs syndicats de journalistes comme le SNJ-CGT appellent à manifester le 29 mai prochain contre « la multiplication de procédures, intimidations, agressions contre les journalistes ». « Trop c’est trop ! » proteste le syndicat.

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Publié par Maxime le 23 Mai 2019
 
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