Il avait 9 ans sur les genoux de Michael Jackson : 30 ans après, il parle enfin
Des clichés jamais rendus publics montrent un enfant torse nu, assis sur les genoux du roi de la pop. Trente ans plus tard, cet enfant a 45 ans, des enfants lui-même, et il a décidé de tout raconter. Avec ses trois frères et sœur, il accuse Michael Jackson d’avoir été un « prédateur sexuel en série » dans une plainte fédérale déposée à Los Angeles.
Des photos qui glacent le sang
Parmi les images partagées avec le Daily Mail, l’une d’elles montre Dominic Cascio à neuf ans, torse nu, le regard fixé vers l’objectif avec un malaise visible, assis sur les genoux de Jackson. Un autre cliché, daté de 1996, le montre dans la même position lors d’un voyage au Brésil avec le chanteur.
Une troisième photo révèle le frère de Dominic, Aldo, porté par Jackson alors qu’il ne porte qu’un slip rouge et bleu. D’autres images, plus anodines en apparence, montrent toute la famille Cascio à table avec la star. Ce mélange d’intimité familiale et de proximité physique troublante constitue aujourd’hui des pièces versées au dossier judiciaire.
« J’éprouve de la colère parce que j’ai moi-même des enfants »
Dominic Cascio, aujourd’hui âgé de 45 ans, a livré un témoignage poignant. « Je ressens de la tristesse, parce que je sais que l’enfant sur cette photo a vu et vécu des choses qu’aucun enfant ne devrait jamais avoir à traverser », a-t-il déclaré.

Il poursuit : « J’éprouve de la colère parce que, ayant moi-même des enfants, je ne supporte pas l’idée que quelqu’un puisse leur faire subir une chose pareille. Ruiner leur enfance, leur voler cette insouciance. » Le quadragénaire décrit aussi un sentiment d’impuissance quotidien, expliquant qu’il doit chaque jour « travailler à surmonter les conséquences de quelque chose sur lequel il n’a jamais eu le choix ».
L’homme confie aussi avoir été à ce point « trompé et effrayé » qu’alerter quelqu’un ne lui semblait tout simplement pas envisageable à l’époque. Un mécanisme d’emprise que les spécialistes de la protection de l’enfance connaissent bien, et qui explique parfois des décennies de silence.
Quatre frères et sœur accusent le roi de la pop
La plainte fédérale a été déposée le mois dernier au tribunal de Los Angeles par les quatre enfants Cascio : Edward, Dominic, Aldo et leur sœur Marie-Nicole. Selon les documents judiciaires consultés par NBC News, ils accusent Jackson de les avoir « drogués, violés et agressés sexuellement » pendant plus d’une décennie.
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Le contact entre la famille et la star s’était établi par le père des enfants, employé dans un hôtel que Jackson fréquentait régulièrement. La famille Cascio a ensuite intégré le cercle intime du chanteur. Les enfants ont même séjourné à plusieurs reprises au célèbre ranch de Neverland, parfois sans leurs parents. Ce détail, à lui seul, éclaire la nature de la relation d’emprise décrite dans la plainte.
Ce n’est pas la première fois que Jackson est accusé
Le chanteur, décédé en 2009, avait déjà fait l’objet d’accusations similaires de son vivant. En 1993, une première plainte pour abus sexuel sur mineur avait été déposée, mais l’affaire n’était jamais allée jusqu’au procès. En 2005, Michael Jackson avait été jugé et acquitté de toutes les charges.

Puis, en 2019, le documentaire Leaving Neverland avait relancé le débat mondial, donnant la parole à deux autres accusateurs, Wade Robson et James Safechuck. C’est d’ailleurs ce documentaire qui aurait joué un rôle déterminant dans le parcours des Cascio. Selon leur avocat, Howard King, les quatre frères et sœur auraient été « déprogrammés » après avoir visionné le film, prenant alors « conscience de la réalité » de ce qu’ils avaient subi.
L’avocat explique que ses clients n’avaient jusqu’alors pas pleinement compris que les abus de Jackson « étaient mal et les avaient gravement endommagés ». Un processus psychologique documenté chez les victimes d’abus dans l’enfance, où la prise de conscience peut survenir des années, voire des décennies après les faits.
L’estate de Michael Jackson contre-attaque
Du côté des ayants droit du chanteur, la réponse a été immédiate et cinglante. Martin Singer, représentant de la succession Jackson, a qualifié la plainte de « tentative désespérée d’extorsion » et de « course à l’argent ». Il a pointé du doigt le fait que les frères et sœur Cascio avaient, par le passé, publiquement affirmé que Jackson ne les avait jamais abusés.
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« Ce nouveau dépôt de plainte est une tactique transparente de forum shopping dans leur plan pour obtenir des centaines de millions de dollars de la succession et des entreprises de Michael », a-t-il déclaré dans un communiqué. La succession du chanteur, évaluée à plusieurs milliards de dollars, reste l’une des plus lucratives de l’industrie musicale.
Ce retournement de position des Cascio — d’abord défenseurs de Jackson, puis accusateurs — sera probablement au cœur de la bataille juridique à venir. L’estate compte visiblement s’appuyer sur leurs déclarations passées pour décrédibiliser leurs accusations actuelles.
Un héritage qui ne cesse de se fissurer
Seize ans après sa mort, Michael Jackson reste une figure paradoxale. D’un côté, un génie musical dont l’influence sur la pop culture est incontestable. De l’autre, un homme dont le rapport aux enfants suscite un malaise croissant à mesure que de nouveaux témoignages émergent. La question que chaque nouvelle affaire pose n’est plus seulement juridique : elle est aussi culturelle.
Peut-on séparer l’artiste de l’homme ? Les fans les plus fervents s’y accrochent, tandis que les révélations s’accumulent. La publication de ces photos inédites ajoute une dimension visuelle brutale à des accusations qui, jusqu’ici, restaient cantonnées aux mots.
Cette nouvelle plainte fédérale, portée par quatre membres d’une même fratrie, constitue un tournant. Jamais autant de victimes présumées issues d’une seule famille n’avaient accusé Jackson simultanément. La justice américaine devra trancher, mais le tribunal de l’opinion publique, lui, siège déjà. Reste à savoir si les enfants de Jackson prendront un jour publiquement position sur ces accusations qui ternissent l’héritage de leur père.
