Un requin blanc de 4 mètres tue un trentenaire

L’île de Rottnest, au large de Perth, est l’une des destinations balnéaires les plus prisées d’Australie-Occidentale. Samedi matin, ses eaux turquoise sont devenues le théâtre d’un drame qui replonge le pays dans la psychose du prédateur marin. Un grand requin blanc de quatre mètres de long a tué un homme d’une trentaine d’années, malgré les tentatives de réanimation des secours. Cette attaque mortelle, la deuxième en quelques mois dans cet État, relance des questions brûlantes sur la cohabitation entre baigneurs et squales.
Australie-Occidentale : plus de 260 morts depuis 1791
L’incident s’est produit peu après 10 heures locales, soit 2 heures GMT, sur la côte de Rottnest Island. Les équipes de St. John Ambulance se sont rendues sur place rapidement, mais n’ont rien pu faire. « Malheureusement, l’homme n’a pas pu être réanimé », a confirmé la police d’Australie-Occidentale dans un communiqué diffusé en début d’après-midi.
Le ministère des Industries primaires et du Développement régional a identifié l’animal responsable : un grand requin blanc. Les autorités ont aussitôt exhorté les visiteurs de l’île à faire preuve d’une « vigilance accrue ». Rottnest attire chaque année des milliers de touristes séduits par ses plages et ses célèbres quokkas. L’Australie comptabilise depuis 1791 près de 1 300 incidents impliquant des requins, dont plus de 260 ont été mortels selon la base de données nationale. Un bilan qui rappelle que ces eaux restent parmi les plus dangereuses au monde.
Mais ce drame ne survient pas dans un vide : l’Australie venait à peine de digérer un autre choc, bien plus proche des grandes villes.
Deuxième attaque fatale en quelques mois dans cet État
En mars 2025, un surfeur avait été mutilé au large d’une plage isolée de la même région, succombant à ses blessures malgré l’intervention des secours héliportés. L’Australie-Occidentale concentre historiquement un nombre élevé d’attaques mortelles, en raison de ses côtes sauvages, de la température de l’eau et de la présence de colonies de phoques qui attirent les grands blancs.
Plus récemment encore, en janvier 2025, un garçon de 12 ans avait perdu la vie après avoir été attaqué par un requin dans la baie de Sydney, à l’autre bout du continent. Cette série noire alimente un débat national tendu entre partisans de filets de protection, défenseurs de la faune marine et chercheurs qui développent des solutions innovantes pour protéger les surfeurs.
Le profil de la victime — un homme jeune, dans une zone touristique fréquentée un samedi matin — rend cette attaque d’autant plus marquante. Et un détail aggrave encore l’inquiétude locale.

Rottnest Island en alerte : ce que les autorités demandent aux visiteurs
Face à la multiplication des attaques en Australie, les autorités de Rottnest ont immédiatement rehaussé le niveau de vigilance sur l’ensemble du littoral de l’île. Concrètement, les nageurs et plongeurs sont priés de ne pas s’éloigner du rivage, d’éviter l’eau à l’aube et au crépuscule — moments où les requins chassent activement — et de ne jamais nager seuls.
L’île ne dispose pas de filets anti-requins permanents, contrairement à certaines plages de Sydney ou du Queensland. Son statut de réserve naturelle classe A complique toute installation d’infrastructures lourdes. Les patrouilles aériennes par drone et hélicoptère constituent aujourd’hui le principal outil de surveillance, mais leur efficacité reste limitée par la météo et la turbidité de l’eau.
Pour les biologistes marins, la présence d’un requin blanc de quatre mètres si près du rivage n’a rien d’exceptionnel dans cette zone. Les eaux tempérées autour de Perth représentent un corridor migratoire connu. L’animal, probablement un juvénile ou un sub-adulte, a pu être attiré par les bancs de poissons saisonniers qui longent la côte.
Ce drame est un rappel brutal : même les destinations paradisiaques d’Australie ne sont jamais totalement à l’abri de la mâchoire la plus redoutée des océans. Alors que l’été austral approche, la question de la sécurité balnéaire revient comme une vague de fond dans le débat public australien. Et si la vraie solution ne résidait pas dans la technologie, mais dans notre façon d’appréhender le territoire du prédateur ?