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France : Halte au droit d’asile pour les réfugiés syriens

Publié par Anissa Duport-Levanti le 24 Mai 2013 à 19:22
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Liberté. Égalité. Fraternité. C’est ce dernier principe fondateur de notre nation qui pèche aujourd’hui. Des hommes et des femmes se sont battus, sont morts, au nom de ces valeurs.

Autant de sacrifices pour les voir perverties de la pire des manières. En effet, après plus de deux ans d’un massacre en tout impunité de son peuple, le dictateur Bachar-Al-Assad a sur les mains le sang de 70 000 syriens (au bas mot) qui préfèrent mourir que se soumettre. Si l’armée libre tient bon, la répression sanglante qui touche tous les civils, et va de la torture des enfants aux viols répétés des femmes pour tenter de faire plier la résistance, a poussé près de 1,5 millions personnes à fuir ce pays en guerre.

Un jeune rebelle dans la ville d'Azzaz libérées. Crédit : François Razon

Un jeune rebelle dans la ville d’Azzaz libérées.
Crédit : François Razon

Ils se tournent d’abord vers les pays limitrophes, maintenant débordés par l’afflux massif de réfugiés entassés dans des camps de fortune, mais également vers les grandes démocraties européennes qui n’ont pourtant pas levé le petit doigt pour faire tomber le leader sanguinaire. Et l’Europe les accueillent, enfin, elle essaye. L’Allemagne a reçu 6 200 demandes d’asile en 2012 et la Suède près de 7 800 ! La république teutone s’est même engagée à prendre en charge 5 000 réfugiés de plus en 2014. Et que fait la France ? Avec à peine 100 demande en 2011, 450 en 2012, et 282 au cours des quatre premiers mois de 2013, notre nation rechigne pourtant à les accueillir, faillissant ainsi à aux devoirs qui lui incombent en tant que pays des Droits de l’Homme.

Un enfant dans un camp de réfugié en Turquie. Crédit : François Razon

Un enfant dans un camp de réfugié en Turquie.
Crédit : François Razon

Le HCR (Haut Commissariat des Nations-Unies aux Réfugiés) exhorte pourtant la France à revoir ses capacités d’accueil à la hausse. Voici la réponse du ministre de l’intérieur Manuel Vall en mars : « La saturation du dispositif d’accueil, due à la hausse de la demande d’asile et à l’augmentation des délais de traitement, ne permet pas à la France, à ce jour, de s’engager auprès du HCR à examiner un plus grand nombre de demandes« , alors même que la situation sanitaire et sécuritaire des réfugiés dans les pays frontaliers de la Syrie, notamment en Turquie et en Jordanie, se dégradent dangereusement. D’autant que le nombre de réfugiés en exode devrait doubler, voire tripler, d’ici à la fin de l’année selon le HCR.

Reportage : les réfugiés d’Alger (AFP)

Pire encore, la République Française a discrètement décidé de restreindre les entrées des demandeurs d’asile syriens sur son territoire, en rétablissant « de façon temporaire » (selon le Quai d’Orsay) les visas de transit aéroportuaires (VTA). Ils sont normalement dédiés à la lutte contre « les afflux massifs de migrants clandestins«  comme le stipule la commission européenne. Devant le manque cruel d’empathie de cette décision, deux associations, l’Anafé et le Gisti, ont dénoncé cette entrave au droit d’asile (pourtant fondamental dans notre nation) au Conseil d’État, qui n’a fait qu’approuver le Quai d’Orsay en précisant que « plusieurs centaines de ressortissants syriens » ont demandé des visas de court et de long séjour, et qu »il s’agit donc bien « d’éviter un afflux massif de migrants clandestins« .

Dans camp de réfugiés. Crédit : François Razon

Dans camp de réfugiés.
Crédit : François Razon

Le ministre de l’intérieur a tout de même fait valoir que « consciente de la situation alarmante en Syrie, la France agit afin d’apporter des réponses concrètes aux difficultés des réfugiés syriens, elle apporte un soutien financier à l’aide humanitaire d’urgence en Syrie ainsi qu’aux ONG oeuvrant dans les pays voisins« . Il est vrai qu’au total, selon le quai d’Orsay, la France a versé une aide de 11,2 millions d’euros pour les réfugiés situés dans les pays limitrophes, sur une aide totale de 40 millions d’euros dans le cadre de la crise syrienne. Pour le directeur général de France Terre d’asile, si cet argument est recevable, il ne doit toutefois pas empêcher la France de réfléchir à son devoir de solidarité. Il ne justifie en rien un tel manque de considération pour des personnes persécutées et démunies. « Il faut replacer les choses dans l’ordre, la manière de régler la question des réfugiés syriens c’est de leur permettre de rentrer chez eux, de rétablir des conditions qui permettent de le faire » déclare le ministère des Affaires Étrangères. Certes. Néanmoins rien ne bouge sur le terrain. Cette déclaration signifie-t-elle que la France ne doit pas aider les réfugiés ? On est en droit de se poser la question.

Source : Reuters, l’Humanité.

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