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La réaction de son médecin quand elle découvre qu’elle ne porte pas de soutien-gorge est honteuse !

Publié par Mélaine le 23 Sep 2018 à 17:22
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On appelle ça le slut-shaming. C’est le site madmoizelle.com qui nous rapporte un témoignage très intéressant. Celui d’une jeune femme jugée par sa médecin quand cette dernière se rend compte qu’elle ne porte pas de soutien-gorge.

 

Elle ne porte pas de soutien-gorge

C’est une histoire tristement banale. Celle d’une médecin qui se permet de juger sa patiente. Attention, aucune bienveillance dans les propos qui vont suivre. Une énième violence.

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Et une jeune femme qui se sent obligée de se justifier … Alors qu’honnêtement, nous n’aurions même pas à le faire.

 

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Une consultation comme il y en a des milliers par jour. La médecin ausculte une femme. Jusqu’au moment où la médecin se rend compte que sa patiente ne porte pas de soutien-gorge.

Et sinon, vous ne portez jamais de soutien-gorge ?

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La conversation :

Et sinon vous ne portez jamais de soutien-gorge ?
Euh, non.
C’est pour quoi ? Pour l’élasticité ? Pour le confort ? Faites attention, vous pourriez avoir des problèmes.

La patiente, de penser qu’elle commence à parler de problèmes de dos.

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Ça peut attirer les regards quoi, ou gêner.
Ah, je suis désolée si ça vous a gênée.

Ah moi ça va, je suis une femme… Mais on sait jamais, un vieil homme frustré dans le bus… On les voit beaucoup quand même, ça vous gêne pas ?

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… je sais pas, je pars du principe que les gens n’ont pas à me regarder, et je fais pareil avec les gens.

 

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D’accord, non mais on voit peut-être que vous faites ça … de manière « saine », mais on pourrait se poser des questions quand même. Je dis pas qu’il faut aller jusqu’à porter un voile, mais y ‘ un minimum … les hommes s’habillent pas comme ça.

 

Euh, en été, même à Paris, y a des hommes torse nu quand même.

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Oui, mais bon. C’est un minimum de respect. Et puis c’est comme les filles en mini-jupe qui écartent les jambes et on voit leurs sous-vêtements, elles le savent quand même… Après s’il arrive quelque chose

 

Dans tous les cas, c’est pas pour ça que les filles en mini-jupe doivent subir des regards ou des violences.

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Et la médecin de conclure :

Je sais pas, je suis peut-être … réac …

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Une énième agression

Le dialogue, tel quel, peut sembler exagéré pour certain.e.s. En tout cas pour ceux qui ont un (vrai et bon) médecin (bienveillant). Sauf que non ! Parce que ce genre de discours, on l’entend encore et toujours.

 

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Non, Madame, ça ne devrait pas gêner. Et votre travail, ce pour quoi nous venons vous voir, nous, les femmes, ce n’est pas pour entendre ce genre de choses. Et quand bien même ? Quand bien même nous déciderions, demain, de marcher nues dans la rue ? Cela justifierait-il qu’on nous regarde ? Cela légitimerait-il que certains hommes (et certaines femmes !) aient des comportements sexistes ?

 

Chère Madame, si votre patiente vous a adressé une lettre (dans la suite de cet article) j’ai, moi aussi, en tant que femme et mère d’une petite fille, une chose à vous dire :

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Vos propos, ce sont les mêmes que certains des témoignages (ô combien trop nombreux) de ces jeunes femmes qui se font agresser et d’un policier qui reluque la victime en se demandant si elle ne l’a pas cherché (parce que quand même, porter une jupe quand il fait 35 degrés, c’est pas possible … ). Et ça, c’est quand il ne lui demande pas directement.

 

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Vos propos sont la raison pour laquelle certaines femmes se taisent quand elles se font violer. Ce que vous dites, c’est la honte de cette génération qui se mobilise pour l’égalité homme-femme.

 

Lettre de la patiente

 

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Docteur,

À la suite du rendez-vous médical de ce jour, je vous écris pour vous dire que j’ai été extrêmement choquée et blessée par vos propos à mon égard.

 

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J’ai conscience que vous ne pensiez peut-être pas à mal mais il est important que vous sachiez ce que ces propos peuvent produire, autant sur moi que sur d’autres patientes dont vous ne connaissez pas le parcours de vie et qui, connaissant les statistiques de violences sexuelles en France, ont potentiellement subi des violences.

 

Mon choix de ne pas porter de soutien-gorge est personnel et n’appelle à ce type de remarque de la part de personne, encore moins de la part d’un médecin qui est censé d’abord ne pas nuire, autant par ses pratiques que par ses mots.

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Vos propos m’ont fait me sentir mal.

 

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D’autant que leur valeur éducative (puisqu’il a été question d’un manque du respect dû à autrui, cet autrui ayant pris figure d’un « vieil homme frustré » qui serait mis à mal par les jeunes femmes en mini-jupes ou sans soutien-gorge) n’est « éducative » que parce qu’elle reflète le sexisme dans lequel les filles sont éduquées.

 

Cachez votre corps, sinon ne vous étonnez pas d’être violées.

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Ce que j’ai essayé de vous dire maladroitement, parce que sous le choc, et alors que je n’aurais même pas dû me justifier, c’est que je ne porte pas de soutien-gorge parce que j’estime que je suis plus à l’aise sans.

 

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Et il se trouve que le minimum de respect que j’attends d’autrui est de ne pas considérer mon corps comme « à regarder ».

 

Le minimum que j’attends – du « vieil homme frustré », de n’importe qui, d’une médecin peut-être bien intentionnée mais qui produit un sentiment de honte et de culpabilité sur une femme qui ne porte pas de soutien-gorge … je ne l’ai pas reçu.

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Vous avez l’air de dire que la manière de se présenter est quelque chose qui s’éduque, moi je pense d’abord que c’est le regard qu’on porte sur les corps qu’il faut éduquer.

 

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On n’éduque pas des habits mais des humains et les rapports, mêmes visuels, qu’ils et elles ont entretiennent.

 

Le regard qu’on porte est quelque chose qui s’éduque. Mon corps :

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1- Est le mien

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2- Me sert à agir, à bouger, etc.

 

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Je n’ai pas décidé que la société entière, dès lors que je serai pubère, se sentirait autorisée à le regarder, à l’évaluer, ni qu’il serait légitime de sexualiser des parties de ce corps qui n’ont pas nécessairement fonction à l’être.

 

Et encore je parle juste de moi !

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Quand d’autres, par confort ou fierté (ce qui est dur à atteindre vu le contexte dans lequel les femmes grandissent) se trouvent jolies dans leur corps et le montrent, elles n’en méritent pas pour autant des violences sexuelles ni des regards déplacés.

 

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Je n’étais pas venue pour recevoir une énième leçon de sexisme, j’étais venue à un rendez-vous médical et le discours implicite que vous m’avez délivré a eu pour effet, sinon pour fonction, de me faire me sentir mal. De me donner envie de me cacher.

 

Alors que ce n’est pas moi qui ai décidé que tout le monde allait sexualiser mon corps.

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Tout comme les femmes qui allaitent en public n’ont pas décidé de ne pas pouvoir nourrir leurs enfants tranquillement, sans les faire manger dans des toilettes qui sentent l’urine et la honte du corps féminin.

 

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Quoi qu’il en soit, reporter la responsabilité de la violence sexuelle et sexiste sur les femmes qui les subissent parce qu’elle les auraient provoquées oblitère la responsabilité des personnes qui commettent ces actes et se servent du sexisme pour les justifier.

 

Ce que je vous dis peut vous paraître anecdotique, mais d’un point de vue de santé publique, les femmes ont trop souvent peur d’aller chez leur médecin, leur gynécologue, etc. Peur d’être jugées, de recevoir de mauvais soins.

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Lors de la visite, vous avez déploré les violences sexuelles au sein de l’Église ; je vous invite à consulter les informations qui existent sur les violences médicales, dont les violences sexuelles et sexistes.

 

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Vos intentions étaient peut-être bonnes, mais il est important pour moi que vous sachiez ce que vos propos ont produit.

 

Je vous fais donc part de ma décision de ne plus être suivie par vous désormais comme médecin traitant. Ma sœur me rejoint dans sa volonté de ne plus être suivie par vous non plus.

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Il est important pour nous de savoir que nous serons reçues dans un environnement bienveillant, surtout lors de rendez-vous médicaux, donc en position de vulnérabilité, et qui ne fera pas peser sur nous le sexisme dans lequel nous évoluons déjà.

 

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Merci pour votre compréhension.