Carburant trop cher : le gouvernement demande à des millions de fonctionnaires de passer en télétravail

Les prix à la pompe explosent, et le gouvernement vient d’activer un levier que des millions de Français connaissent bien depuis 2020. Une circulaire officielle demande aux administrations de renforcer le recours au télétravail sans attendre. Retour sur une mesure qui concerne la fonction publique tout entière.
Une circulaire signée David Amiel pour couper dans les déplacements
C’est L’Internaute qui a révélé l’information. Début mai, le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel a envoyé une circulaire à l’ensemble des administrations françaises. Le message est limpide : « réduire immédiatement les déplacements professionnels évitables ».
Concrètement, tous les échanges professionnels qui peuvent se tenir à distance doivent l’être. Les déplacements physiques sont désormais réservés aux « seules missions qui ne peuvent être ni différées ni assurées à distance » et qui « conditionnent directement la continuité de l’action de l’État ». En clair, si une visio suffit, on oublie la voiture.
Le contexte, vous le connaissez : la guerre en Iran fait flamber les carburants en France. Le gouvernement cherche toutes les pistes pour limiter la facture des ménages et des services publics. Mais cette circulaire va plus loin qu’un simple appel à la sobriété.
Jusqu’à trois jours par semaine pour ceux qui prennent leur voiture
Le document ne se contente pas de limiter les réunions en présentiel. Il recommande aussi d’étudier des « possibilités d’augmentation individualisées du recours au télétravail ». La cible prioritaire : les agents qui utilisent leur véhicule personnel pour se rendre au bureau.
Une limite est toutefois posée. Les fonctionnaires à temps plein ne pourront pas dépasser trois jours de télétravail par semaine. Pour ceux qui télétravaillent déjà un ou deux jours, c’est une marge de manœuvre supplémentaire non négligeable — surtout quand le plein de gazole dépasse les 100 euros.
Cette mesure rappelle évidemment les recommandations de l’Agence internationale de l’énergie, qui préconise le télétravail comme premier levier en cas de crise énergétique. Bruxelles avait d’ailleurs pris des mesures similaires quelques semaines plus tôt.
74 % des cadres refuseraient qu’on touche à leur télétravail
Le timing de cette circulaire tombe bien. Selon une étude de l’Apec publiée en mars auprès de 1 000 entreprises françaises, seules 5 % d’entre elles ont fait marche arrière sur le travail à distance. Et 89 % n’ont strictement rien changé à leur politique.
Côté salariés, le signal est encore plus fort. La proportion de cadres qui seraient « très mécontents » si leur entreprise supprimait le télétravail est passée de 69 à 74 % depuis 2024. Mieux : 29 % d’entre eux déclarent qu’ils chercheraient carrément à quitter leur entreprise dans ce cas.
Pour les télétravailleurs concernés, pensez aussi à vérifier si vous pouvez bénéficier de la déduction fiscale plafonnée à 626 € sur votre déclaration d’impôts. Avec l’aide carburant de 50 € ouverte depuis fin mai, chaque euro compte.