En vacances en Thaïlande, ils vérifient les caméras de leur maison et découvrent leur pet-sitter en train de frapper leurs chiens

Quand Natalie et Duncan Horlor ont installé des caméras dans leur maison de Solihull, en Angleterre, c’était pour garder un œil bienveillant sur leurs animaux pendant leurs absences. Pas pour filmer un cauchemar. Pourtant, c’est exactement ce qui s’est passé pendant leurs quatre semaines de vacances en Thaïlande, à l’été 2024. La personne qu’ils avaient payée 1 400 livres sterling pour veiller sur leurs trois chiens, deux chats et deux rapaces a été filmée en train de frapper et traîner violemment leurs braques allemands. Le couple de gardiens a depuis plaidé coupable.
Une confiance construite sur plusieurs années
Paige Williams, 25 ans, n’était pas une inconnue pour la famille Horlor. La jeune femme, originaire de Knowle dans les West Midlands, avait été recommandée par des amis proches. Elle possédait ses propres animaux, avait suivi des formations en bien-être animal et gérait même une entreprise spécialisée, Fur & Filly PetCare Services.

Duncan Horlor, 49 ans, directeur d’école, l’avait déjà sollicitée à plusieurs reprises. Des gardes d’une nuit, des week-ends entiers – jamais le moindre souci. « Nous n’avions aucune inquiétude », explique-t-il. Quand la famille a planifié un mois complet en Thaïlande, il était donc naturel de confier leurs animaux à Paige. Le plan : elle emménageait dans la maison familiale et s’occupait de tout sur place.
Le couple Horlor a profité de ses vacances l’esprit tranquille. Aucun appel alarmant, aucun message inquiétant. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que l’horreur se jouait derrière les murs de leur propre maison, sous l’œil impassible de leurs caméras de surveillance.
Un message anonyme qui fait tout basculer
C’est au retour de Thaïlande que la première alerte est tombée. Pas par les caméras – pas tout de suite. Quelqu’un a contacté la famille pour exprimer son inquiétude sur la manière dont les chiens avaient été traités par la pet-sitter et son compagnon, Bradley Archer, 26 ans, qui l’avait rejointe dans la maison.
Les Horlor se sont alors précipités sur les enregistrements. Et ce qu’ils ont découvert les a anéantis. Sur les vidéos, on voit Williams et Archer frapper, donner des coups de pied, traîner violemment par le collier et hurler sur Ayrton, un braque allemand de 13 mois, et Freida, une femelle de trois ans. Des gestes brutaux, répétés, filmés jour après jour. La famille a compilé 51 extraits vidéo, qu’elle a transmis à la RSPCA, l’organisme britannique de protection animale.

L’autre chien de la famille, un braque âgé nommé Aero, ainsi que les deux chats (Sterling et Moss) et les deux rapaces (Hatti et Ace) n’ont, eux, pas été victimes de ces sévices. Mais pour Ayrton et Freida, le calvaire a duré quatre semaines entières. Ce qui rend cette affaire encore plus glaçante, c’est un détail : dans un des clips, Williams regarde directement la caméra et s’adresse aux propriétaires. « Je ne garderai plus jamais vos chiens. Mes animaux ont souffert ce mois-ci. MES animaux. J’en ai assez. »
Des chiens traumatisés, une famille brisée
Quand les Horlor ont retrouvé leurs braques, ils ne les ont pas reconnus. Ayrton et Freida étaient « prostrés, anxieux et visiblement en détresse », décrit Duncan. Les deux chiens, habituellement joyeux et sociables, avaient radicalement changé de comportement.
Depuis les faits, ils deviennent « extrêmement agités » dès que leurs maîtres quittent la pièce, même pour quelques minutes. Ils ont développé une peur des inconnus et des bruits forts qui ne les quitte plus. Le soutien émotionnel que ces animaux apportaient à la famille s’est transformé en source d’inquiétude permanente. Des études montrent d’ailleurs qu’un animal de compagnie peut être un véritable pilier émotionnel – à condition qu’il soit lui-même en sécurité.
Natalie Horlor, 43 ans, le résume sans détour : « Depuis, nous ne nous sentons plus capables de partir en laissant les animaux à quelqu’un d’autre. Nous avons annulé des vacances, réorganisé nos vies pour que l’un de nous soit toujours à la maison. » Le traumatisme ne concerne pas que les chiens. Il touche toute la famille, enfants compris.
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Ce que révèlent les 51 vidéos
L’inspecteur Ben Jones, de la RSPCA, a mené l’enquête et visionné l’intégralité des 51 clips. Son rapport est accablant. Ayrton a subi le plus gros de la violence. Il a été enfermé dans une cage où il pleurait et gémissait. Attaché à un arbre – avec sa gamelle d’eau placée volontairement hors de sa portée. Poursuivi dans le jardin et menacé avec un bâton.
Le jeune chien était régulièrement traîné avec une longe coulissante, un instrument qui lui tirait sur le cou au point de le soulever du sol. Quand Ayrton sautait sur Archer, ce dernier le fouettait à plusieurs reprises avec cette même longe. Les chiens étaient poussés à travers les portes, maintenus en l’air par le collier, soumis à des cris constants. Difficile de ne pas penser à d’autres cas de maltraitance documentés par des associations.

Un vétérinaire, après avoir visionné les images, a rédigé un rapport lu devant le tribunal. Son constat : Ayrton et Freida présentaient des signes évidents d’anxiété et de stress. « Les deux chiens ont été manipulés d’une façon qui a affecté négativement leur bien-être mental – enfermement en cage, cris, éducation incohérente – et leur bien-être physique : traînés par le collier, tirés par des longes, soulevés du sol par le cou, supportant tout leur poids corporel. » Un diagnostic sans appel.
Le verdict est tombé
Paige Williams et Bradley Archer ont tous les deux plaidé coupable d’une infraction chacun en vertu de l’Animal Welfare Act, la loi britannique sur le bien-être animal. Le tribunal de première instance a prononcé ses peines. Williams a écopé d’une ordonnance communautaire de 12 mois, assortie de 140 heures de travaux d’intérêt général. Elle doit également régler 350 livres de frais de justice et une surtaxe de 114 livres.
Archer, qui a séjourné dans la maison pendant les quatre semaines, a reçu la même ordonnance de 12 mois, mais avec « seulement » 40 heures de travaux non rémunérés. Ses frais de justice sont plus élevés : 750 livres, auxquels s’ajoutent 114 livres de surtaxe. Au total, le couple devra débourser près de 1 330 livres – soit à peine moins que les 1 400 livres qu’ils avaient facturées pour la garde.
Mais la sanction la plus lourde est ailleurs. Williams et Archer sont tous les deux interdits de détenir un animal pendant sept ans. Williams ne peut plus exercer aucune activité de pet-sitting. Son entreprise Fur & Filly PetCare Services est de fait enterrée. Pour quelqu’un qui s’était construit une réputation sur la confiance et le bouche-à-oreille, c’est une chute vertigineuse. D’autres affaires similaires, comme celle d’une dog-sitter filmée par vidéosurveillance, rappellent que ces situations sont loin d’être isolées.
Quand la confiance vole en éclats
Duncan Horlor a tenu à témoigner publiquement. Pas par vengeance, dit-il, mais pour alerter. « L’une des choses les plus troublantes, c’est que la maltraitance a été captée par nos propres caméras. Des caméras installées uniquement pour vérifier que nos animaux allaient bien pendant nos courtes absences. Nous n’aurions jamais imaginé qu’elles enregistreraient quelque chose d’aussi insoutenable. »
Ce qui frappe dans cette histoire, c’est l’ampleur de la trahison. Williams n’était pas une inconnue trouvée sur internet. Elle avait un historique, des recommandations, des connaissances en comportement animal. Elle avait gagné la confiance de la famille au fil des mois. Et pourtant. « La trahison que nous ressentons est incroyablement profonde », confie Duncan. « Cet incident a affecté notre tranquillité d’esprit, le bien-être de nos chiens et notre capacité à profiter de moments en famille. Nous vivons désormais avec une anxiété accrue et un profond sentiment de trahison – nous avions confié nos animaux, qui sont des membres de notre famille, à quelqu’un qui leur a fait du mal. »
Ayrton et Freida vont mieux aujourd’hui, selon la famille. Mais les séquelles sont toujours là. Les Horlor, eux, considèrent leurs animaux comme des membres à part entière du foyer. Et ils n’ont plus jamais fait appel à un pet-sitter depuis.