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Attaqué par un requin, il s’en sort vivant : le récit glaçant d’un surfeur qui a refusé de lâcher

Publié par Killian Ravon le 21 Oct 2025 à 23:34

Chaque détail se grave dans la mémoire quand la mer change de visage. Une vague qui se brise, une ombre qui passe, puis la pression, brute, animale. Le témoin raconte avoir senti le choc avant la douleur. Dans un réflexe de survie, il frappe, vise les zones sensibles, tente de se dégager.

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Surfeur blessé regagnant la plage au crépuscule, tenant une planche mordue, des sauveteurs accourent derrière lui, ambulance en arrière-plan.

Quelques mètres seulement séparent la vie de l’abîme. Ce jour-là, un surfeur s’est battu avec un requin et a réussi l’impensable : sauver sa peau.

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Le jour où la mer a mordu

La session avait tout d’un moment parfait : plan d’eau propre, houle régulière, vent faible. Le surfeur se souvient d’avoir pris la première série sans appréhension. Puis, lors d’un repositionnement, l’eau se plisse, l’ombre se dessine, l’attaque arrive sans avertir. Les témoins évoquent un remous brutal, un aileron, une planche projetée, un cri. Le corps à moitié happé, il sent la mâchoire serrer. Il vise les yeux, le museau, les branchies. D’un coup précis, il parvient à desserrer l’étau, à se dégager. Quelques secondes de flou, puis la course vers la plage, portée par l’adrénaline.

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« J’ai du mal à croire que je suis toujours là »

Le récit tient en peu de mots, mais l’émotion déborde. « J’ai du mal à croire que je suis toujours là », confie-t-il, encore tremblant. Les sauveteurs appliquent une pression directe sur la plaie, improvisent un bandage, gardent l’esprit clair. On immobilise, on parle pour empêcher le choc, on compte les secondes jusqu’à l’arrivée des secours. Le bilan est sérieux mais la chance a joué : pas d’artère sectionnée, pas de lésion invalidante. La planche, elle, porte la signature du prédateur : une morsure nette, comme un tampon de l’océan.

Gros plan sur un grand requin blanc tenu pour examen scientifique à bord.
Étude en mer d’un grand requin blanc par l’Atlantic Shark Institute.
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Quand tout s’accélère sur le sable

Sur la plage, c’est un ballet rodé. Les sauveteurs sécurisent le périmètre, informent, calment. Le poste lève le drapeau d’interdiction, la baignade est suspendue. Les proches, interdits, regardent la scène. La sirène se rapproche, l’équipe médicale prend le relais : contrôle des constantes, perfusion, antalgiques, transport immédiat. La procédure est millimétrée : chaque minute gagnée pèse sur le pronostic.

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Le regard des experts sur l’attaque

Les spécialistes rappellent qu’une attaque de requin demeure un événement rare, même dans des zones où ces animaux fréquentent le littoral. Les conditions peuvent se conjuguer : eau trouble, bancs de poissons fourrage, silhouettes de planches confondues avec une proie, luminosité basse. Dans ce type de rencontre, l’animal teste, mord, relâche parfois lorsqu’il identifie une cible non alimentaire. Ce schéma n’enlève rien à la violence du moment, mais il explique la brutalité suivie parfois d’un retrait.

Requin blanc remontant près de la surface, profil gauche.
Apparition fugace d’un grand requin blanc près d’un site de plongée.
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Des gestes qui sauvent

Dans un tel choc, les réflexes font la différence. Viser les yeux ou les branchies, surfaces très sensibles, peut forcer le requin à lâcher prise. Protéger le torse et l’abdomen, garder la planche comme bouclier, chercher la poussée d’une vague pour fuir. Une fois au rivage, la priorité est médicale : compression immédiate des plaies, garrot uniquement en dernier ressort, appel aux secours, couverture pour éviter l’hypothermie. Les témoins, formés ou non, deviennent alors maillon vital de la chaîne de survie.

Pourquoi ces rencontres surviennent

Les côtes attirent autant les humains que les prédateurs en quête de nourriture. Mulets, raies, phoques ou carcasses dérivantes peuvent aimanter un grand carnivore au plus près du rivage. La science affine l’identification d’espèces et suit des individus balisés ; elle observe des migrations, des comportements d’alimentation et des trajectoires dictées par la température de l’eau et les saisons. Une présence ponctuelle ne dit pas tout d’une zone : elle rappelle plutôt la complexité d’un milieu vivant.

Le choc invisible après l’attaque

On parle des plaies, moins de la tête qui tourne pendant des semaines. Le sommeil coupé par les flashs, l’anxiété à l’idée de retourner à l’eau, la culpabilité parfois. Les rescapés évoquent souvent des groupes de parole, un suivi psy, et la nécessité de reprendre la mer si l’on veut continuer à vivre avec. Certains y retournent, d’autres préfèrent se tenir à distance, chacun trace sa route, sans le poids du jugement.

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Portrait latéral d’un grand requin blanc dans l’eau bleue.
Silhouette imposante du grand prédateur côtier.

Les plages, entre prudence et proportion

À chaque alerte, les mairies, la sécurité civile et les associations locales doivent arbitrer : fermetures temporaires, surveillance renforcée, drones, reconduites des protocoles locaux. L’idée n’est pas d’alimenter la peur, mais de respecter la réalité biologique : un milieu sauvage, des animaux dont c’est l’habitat, des usages humains à encadrer. L’information claire, les consignes visibles, la pédagogie sur place et en ligne font partie de la solution.

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Requin blanc effectuant un roulis près d’une cage.
Comportement inhabituel observé à Isla Guadalupe.
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Ce que l’océan nous rappelle

Les survivants parlent souvent d’humilité. L’océan demeure un espace qui ne se possède pas. S’y aventurer, c’est accepter une part d’imprévu et de risque, sans renoncer au plaisir ni céder à l’alarmisme. Les recherches sur les matériaux anti-morsures, les filets controversés, les surveillances par drones ou balises alimentent un débat permanent : comment cohabiter sans abîmer ni l’écosystème, ni la liberté des usagers ?

Retour au rivage

Le rescapé a gardé sa planche. Elle est cabossée, marquée de dents, mais elle dit ce qui compte : l’instinct qui s’est allumé au bon moment, l’entraide sur la plage, la chaîne de secours qui a tenu. À l’hôpital, on parle de sutures, d’antibiotiques, de suivi. Lui, entre deux respirations, répète la même phrase, incrédule : « J’ai du mal à croire que je suis toujours là. »

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Tête d’un requin blanc émergeant verticalement.
Remontée rapide, gueule entrouverte : un cliché rare.

Ce que l’on ne dit qu’à la fin

Il a confessé plus tard le geste qui a tout changé : dans la panique, il a planté ses doigts dans l’œil du requin, tout en frappant les branchies. C’est ce réflexe précis, appris un jour au détour d’une conversation sur la sécurité en mer, qui a desserré l’étau et lui a offert ces quelques secondes d’avance jusqu’à la plage.

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