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Dans les comptes de Grégoire, géomètre-expert à Orléans à 3 050 € nets par mois

Publié par Mathieu le 01 Mai 2026 à 19:01

Grégoire, 41 ans, géomètre-expert dans un cabinet libéral à Orléans, gagne 3 050 € nets par mois. Propriétaire depuis 2019, père de deux enfants en primaire, il vit dans une maison de 110 m² en périphérie de la ville. Il gagne confortablement au-dessus du salaire médian français — mais son budget n’a pas grand-chose d’aisé une fois tout ventilé. Voici comment il répartit chaque euro.

Grégoire géomètre-expert à son bureau avec des cartes

Ce que Grégoire gagne vraiment chaque mois

Grégoire exerce en tant qu’associé minoritaire dans un cabinet de 8 personnes. Son revenu net mensuel est de 3 050 €, correspondant à une rémunération de gérant après charges sociales de sa structure. Il perçoit également une prime de résultats en fin d’année, d’environ 1 800 € bruts, soit un équivalent mensuel lissé de 150 €. Son revenu mensuel réel s’établit donc à 3 200 € en moyenne annuelle.

Côté impôts, Grégoire est prélevé à la source à hauteur de 320 €/mois (taux de 10,5 % sur son foyer fiscal, deux parts et demie avec ses deux enfants). Il ne touche pas d’allocations familiales, ses revenus dépassant le plafond. Son reste disponible après impôt : 2 880 € par mois.

Un niveau de revenus qui le place clairement dans la classe supérieure de la moyenne — mais les charges fixes qui suivent vont relativiser ce confort apparent.

Les charges qu’on ne choisit plus vraiment

Grégoire a acheté sa maison en 2019 pour 265 000 €, avec un apport de 30 000 €. Son crédit immobilier sur 20 ans lui coûte 1 080 €/mois, assurance comprise. Un poste massif qui absorbe à lui seul plus d’un tiers de son salaire net.

Maison de Grégoire en périphérie d'Orléans

Les charges de la maison s’ajoutent ensuite : taxe foncière lissée 90 €, électricité/gaz 145 € (bien isolée mais grande), internet fibre 30 €, assurance habitation 28 €. Côté transports, il possède deux voitures avec sa femme (qui travaille à mi-temps comme secrétaire de direction, 1 150 € nets). Son crédit auto personnel : 210 €/mois, assurance 62 €. Il fait 35 km aller-retour chaque jour — l’essence lui revient à 95 €/mois en moyenne.

La mutuelle familiale (lui, sa femme, deux enfants) lui coûte 118 €/mois après remboursement partiel de l’employeur — en l’occurrence, le cabinet prend en charge 50 %. Abonnements numériques : Netflix + Spotify + un abonnement pro à un logiciel de cartographie SIG, soit 42 € au total. Téléphone : 22 €/mois en forfait opérateur discount.

Total charges fixes : 1 922 €/mois. Il reste donc 958 € pour vivre, manger, sortir et épargner. Moins flamboyant qu’on ne l’imaginerait pour un revenu à 3 200 €.

« On a l’impression de bien gagner notre vie, et en même temps on fait attention à tout », admet Grégoire. Une tension budgétaire que connaissent bien ceux dont les charges fixes grignotent l’essentiel.

Ce qui part chaque mois sans qu’on y réfléchisse

Les courses alimentaires pour quatre constituent le premier poste variable : 520 €/mois en moyenne, réparties entre un supermarché classique et un drive bio occasionnel. Grégoire cuisine beaucoup le week-end — « c’est mon truc, j’ai du mal à descendre sous 500 € avec deux enfants qui mangent de plus en plus ». Le café du matin au bureau représente 18 €/mois, budget modeste mais qu’il maintient par habitude.

Famille faisant les courses au supermarché

Côté sorties en famille, il compte environ 80 €/mois : ciné, piscine couverte, sortie au restaurant une ou deux fois. Le couple sort peu en semaine — la logistique avec les enfants rend les soirées rares. Shopping vêtements et divers : 70 €, lissé sur l’année (rentrée scolaire, achats ponctuels). Les activités extra-scolaires des enfants — foot pour l’aîné, danse pour la cadette — coûtent 65 €/mois une fois les cotisations et équipements amortis.

Les vacances représentent 110 €/mois lissés : une semaine en location en Bretagne l’été (~900 €), quelques week-ends en gîte (~400 €/an). Grégoire ne part pas aux sports d’hiver — « trop cher pour ce qu’on y trouve, on préfère garder cette enveloppe pour l’été ».

Total dépenses variables : 863 €/mois.

Charges fixes + variables : 2 785 €. Il reste donc 415 € en fin de mois, en théorie. Mais la réalité de l’épargne est un peu plus compliquée que ça.

Ce qui reste — et ce qui pourrait mieux se passer

Grégoire vire automatiquement 200 €/mois sur un Livret A dès le virement de salaire. « Si je le laisse sur le compte courant, il part. Je l’ai appris à mes dépens. » Son Livret A affiche environ 8 400 €, constitué sur quatre ans. Il possède également un PEL ouvert en 2015 avec 6 200 € dessus, qu’il n’alimente plus.

Tirelire et carnet de budget sur une table

Il verse 80 €/mois sur une assurance-vie en unités de compte, ouverte en 2021 sur les conseils de son comptable. « Je comprends à moitié ce que c’est, mais on m’a dit que c’était bien pour la retraite. » L’épargne totale mensuelle représente donc 280 €, soit 8,75 % de son revenu net — en dessous des 10 % recommandés, mais cohérent avec une situation de propriétaire endetté.

Il lui reste en pratique 130 à 150 € de « flottant » mensuel, qui sert à absorber les imprévus : réparation voiture, frais de vétérinaire pour le chat de la famille, colis Amazon, dépenses de rentrée. « On ne se prive pas, mais on ne se fait pas vraiment plaisir non plus. Le crédit immobilier, c’est notre priorité absolue jusqu’en 2039. »

Pour comparer, le salaire médian en France tourne autour de 2 000 € nets mensuels selon l’INSEE. Grégoire gagne 52 % de plus — mais entre le crédit, les deux voitures et quatre bouches à nourrir, il lui reste proportionnellement moins qu’on ne le penserait. Son vrai luxe ? Il sera propriétaire à 55 ans, sans loyer à payer. C’est son plan, et il y tient. Pour voir ce que donnent des comptes très différents, jetez un œil aux 1 720 € nets d’Ambre, aide-soignante à Rouen, ou aux 3 200 € de Pauline, infirmière libérale à Montpellier — deux réalités bien distinctes.

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