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Dans les comptes de Sofia, pharmacienne à Lille à 3 100 € nets par mois

Publié par Mathieu le 06 Avr 2026 à 19:02

Sofia, 34 ans, pharmacienne salariée dans une officine du centre de Lille, touche 3 100 € nets par mois. Un salaire confortable sur le papier — mais entre le loyer lillois, les remboursements de prêt étudiant et une vie sociale qu’elle refuse de sacrifier, le compte est souvent plus serré qu’on ne l’imaginerait.

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Dans les comptes de Sofia, pharmacienne à Lille à 3 100 € nets par mois

Ses revenus : 3 100 € nets, et c’est tout

Sofia est diplômée d’un doctorat en pharmacie, six ans d’études financés en partie par des prêts. Elle travaille depuis trois ans dans la même pharmacie de quartier, en CDI à temps plein. Son salaire brut s’élève à environ 4 050 €, ce qui donne 3 100 € nets après prélèvements sociaux.

Elle ne perçoit aucune prime régulière — une gratification de fin d’année de l’ordre de 600 à 800 € brut, versée en décembre, qu’elle met directement de côté. Pas d’APL, pas d’allocations, pas de complément de revenus. « Je gagne bien ma vie par rapport à beaucoup de gens, je le sais. Mais les gens oublient les années d’études et ce que ça coûte encore après », dit-elle.

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Les dépenses fixes : 1 690 € qui partent avant même de regarder son compte

Le plus gros poste, c’est le logement. Sofia loue un appartement de 52 m² dans le Vieux-Lille, seule. Loyer charges comprises : 850 € par mois. Un montant élevé pour Lille, mais elle a choisi l’emplacement pour éviter une voiture — la pharmacie est à dix minutes à pied.

Editorial press photograph illustrating: Dans les comptes de Sofia, pharmacienne à Lille à 3 100 € n

Viennent ensuite les charges fixes incontournables :

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Remboursement prêt étudiant : 180 € par mois, encore quatre ans à courir. Mutuelle complémentaire (non prise en charge par son employeur au-delà du minimum légal) : 62 €. Assurance habitation : 18 €. Forfait mobile : 22 €. Internet fibre : 28 €. Abonnements streaming (Netflix + Spotify) : 21 €. Prévoyance complémentaire souscrite à titre personnel : 45 €.

Elle règle aussi ses impôts sur le revenu via le prélèvement à la source : environ 390 € par mois — un montant que beaucoup oublient de comptabiliser parce qu’il ne « sort » jamais vraiment du compte courant. Pour les données fiscales de référence, ce simulateur permet d’estimer son montant exact selon sa situation.

Total dépenses fixes : 1 616 €.

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Les dépenses variables : le vrai test du budget

Avec environ 1 484 € restants après les fixes, Sofia gère ses dépenses courantes. Et c’est là que les choix deviennent visibles.

Courses alimentaires : 260 € par mois, seule mais cuisinant peu en semaine. Elle fait ses grandes courses au Leclerc du samedi et complète en bas de chez elle. Restaurants et sorties : 180 €, un poste qu’elle assume. « Lille, c’est une ville où on sort. Si je supprime ça, je deviens folle. » Transport : 35 € de carte de bus mensuelle — pas de voiture, donc pas d’essence, pas d’assurance auto, pas de stationnement. Une économie réelle sur laquelle elle insiste.

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Soins et beauté : 65 €, incluant coiffeur (un rendez-vous tous les deux mois à 55 €, lissé) et produits de soin. Vêtements et shopping : 80 € en moyenne mensuelle lissée — davantage en janvier et en septembre, quasi zéro le reste du temps. Loisirs et culture (livres, musées, concerts occasionnels) : 45 €. Cadeaux et imprévus : 60 €. Vacances lissées sur l’année : 120 € par mois, pour un budget annuel d’environ 1 400 € — une semaine en Europe l’été, quelques week-ends.

Total dépenses variables : 845 €.

Épargne et bilan : le vrai équilibre

En soustrayant fixes et variables, il reste théoriquement 639 € à Sofia chaque mois. Dans les faits, elle en épargne 400 à 450 €, le reste finançant les petits dépassements inévitables — un médecin spécialiste non remboursé, un voyage spontané, une réparation d’électroménager.

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Sa stratégie d’épargne est simple et assumée : 250 € sur Livret A (plafond bientôt atteint), 150 € sur une assurance-vie ouverte il y a deux ans. Elle n’a pas encore de PEA. « Je sais que je devrais diversifier, mais j’ai d’abord voulu sécuriser un matelas. J’y pense pour l’année prochaine. » Son matelas de sécurité actuel représente environ cinq mois de charges — un objectif qu’elle a mis deux ans à atteindre.

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Elle n’est pas propriétaire et n’envisage pas l’achat à Lille à court terme. Le marché s’y est un peu retracté — certaines villes françaises ont vu l’immobilier chuter significativement depuis deux ans — mais un appartement comparable à celui qu’elle loue s’achèterait autour de 180 000 €, ce qui supposerait un apport qu’elle n’a pas encore constitué. Elle se donne trois ans.

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Sur les abonnements et les postes cachés du budget, Sofia est plutôt lucide. Elle a audité ses prélèvements automatiques l’an dernier après avoir lu que certains postes budgétaires invisibles grignotent plus de 1 000 € par mois sans qu’on s’en rende compte. Elle a supprimé deux abonnements inutilisés et économisé 34 € nets par mois.

Pour ses impôts, elle a aussi découvert récemment une case souvent ignorée de la déclaration de revenus qui permet de récupérer jusqu’à 2 400 € selon sa situation — elle compte la vérifier cette année.

Ce que son budget dit vraiment

Sofia s’en sort bien, objectivement. Son reste-à-vivre après charges fixes la place au-dessus de la grande majorité des ménages français. Pour rappel, le salaire médian en France tourne autour de 2 060 € nets mensuels selon les dernières données INSEE — Sofia gagne donc environ 50 % de plus que le Français médian. Mais avec un prêt étudiant, un loyer en zone tendue et aucun patrimoine hérité, sa marge de manœuvre réelle est moins large que le chiffre brut ne le laisse penser.

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Son résumé à elle ? « Je ne me plains pas, mais je ne roule pas sur l’or non plus. J’ai juste appris à savoir exactement où va chaque euro. » Une discipline que beaucoup aimeraient avoir — et que son métier, paradoxalement, lui a enseignée : lire les étiquettes jusqu’au bout.

Pour comparer avec d’autres profils, retrouvez le budget de Lucie, infirmière en CHU à 2 350 € nets, ou encore celui de Thomas, policier à Bordeaux à 2 480 € nets.

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