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Cette plante d’intérieur aide à réduire l’humidité ambiante et limite l’apparition de moisissures

Publié par Killian Ravon le 30 Jan 2026 à 17:30

Le matin, c’est toujours le même scénario. La vitre pleure. Un coin de mur noircit. Et l’odeur de renfermé s’invite, sans prévenir. On cherche alors une solution simple, silencieuse, jolie.

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Une fougère de Boston suspendue près d’une fenêtre embuée, dans une pièce où l’humidité favorise les moisissures.
Fougère de Boston dans une chambre humide, près d’un mur avec traces de moisissures.

Et depuis quelques semaines, une star verte revient partout : la fougère de Boston. On la décrit comme une éponge à humidité. Presque un déshumidificateur vivant. Sauf que l’histoire est plus subtile… et nettement plus utile que la promesse « miracle ».

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Les moisissures adorent les zones froides et humides, comme les encadrements de fenêtres. Crédit : Alexander Davronov.
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L’erreur classique : chercher une solution qui gomme le symptôme

Au début, on ne voit rien. Juste une sensation. Un linge qui ne sèche jamais vraiment. Une serviette qui garde une odeur tenace. Puis le décor se fissure. Les gouttelettes sur les fenêtres ne sont pas un détail. Elles racontent une rencontre brutale : de l’air chaud, chargé en vapeur d’eau, qui touche une surface froide. La vapeur se transforme en eau. Et cette eau s’installe.

Quand ça se répète, l’humidité cesse d’être un inconfort. Elle devient une architecture. Elle s’accroche dans les angles. Et elle imbibe les matériaux. Elle crée un terrain parfait pour les champignons microscopiques. Et la santé n’aime pas ça. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que l’humidité et les moisissure à l’intérieur s’associent à davantage de symptômes respiratoires et d’asthme.

Dans une communication de l’OMS Europe, le risque peut grimper fortement chez les occupants de logements humides ou moisis. Même constat côté études : une méta-analyse publiée dans Environmental Health Perspectives relie l’exposition à l’humidité et aux moisissures à une hausse significative d’infections respiratoires et de bronchites. Ce n’est donc pas « juste moche ». C’est un signal.

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Le feuillage dense de la fougère de Boston, apprécié pour son effet “tampon” dans l’air ambiant. Crédit : David J. Stang.

Les plantes « boivent »… mais elles relâchent aussi de l’eau

C’est le point que personne ne met dans les titres. Oui, certaines plantes peuvent capter un peu d’eau par leurs feuilles. Les scientifiques parlent de « foliar uptake », l’absorption foliaire, documentée chez de nombreuses espèces dans certaines conditions. Mais, en parallèle, une plante transpire. Elle relâche de l’eau dans l’air via ses stomates. C’est un mécanisme central de sa physiologie.

Donc la question n’est pas : « Est-ce qu’elle absorbe l’humidité ? ». La vraie question est : « Sur une journée, est-ce qu’elle en retire plus qu’elle n’en remet ? ». Et là, les promesses virales se heurtent à la réalité d’une pièce. Dans les labos, en chambre fermée, certaines plantes réduisent des polluants ou modifient un peu l’air. La NASA a même popularisé ce sujet avec un rapport sur des plantes d’intérieur testées en environnement clos.

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Mais dans un logement normal, ventilé, avec des échanges d’air, l’effet devient beaucoup plus faible. Une revue très citée (Cummings & Waring) explique que les performances observées en petits caissons ne se traduisent pas automatiquement dans une maison réelle. C’est là que la fameuse « plante qui assèche les murs » change de rôle.

Une fougère de Boston en cascade, souvent placée en hauteur dans les pièces humides. Crédit : Dinesh Valke.

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Le moment où tout bascule : la plante dont tout le monde parle

Celle que les articles adorent, c’est la fougère de Boston (Nephrolepis exaltata). Elle a un feuillage dense. Des frondes en cascade. Et surtout, elle adore l’humidité. On la place souvent en hauteur, près d’une zone où la vapeur stagne. Salle de bains lumineuse. Buanderie aérée. Chambre qui condense au petit matin ou dont on a oublié d’ouvrir la fenêtre.

Alors, est-ce qu’elle « aspire littéralement l’humidité des murs » ? Non. Pas au sens où elle remplacerait un déshumidificateur. Mais elle peut faire deux choses très précieuses. D’abord, elle sert de baromètre vivant. Si elle se régale, si ses frondes restent souples et très vertes sans effort, c’est souvent que l’air est trop humide. Vous avez un excès. La plante ne le “résout” pas. Elle le révèle.

Ensuite, elle peut jouer un rôle de tampon local. Son grand feuillage interagit avec l’air. Dans un micro-espace, elle peut accompagner une stratégie globale : aération courte mais efficace, chauffage régulier, surfaces essuyées après douche, et contrôle des sources d’eau selon les experts. Dans ce scénario, elle n’est pas le héros. Elle est l’alliée.

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La vraie stratégie anti-moisissures : régler la mécanique, pas masquer la trace

Une moisissure, c’est rarement un manque de produit ménager. C’est un excès d’eau quelque part. Vous pouvez nettoyer. Vous pouvez blanchir. Et vous pouvez même faire disparaître les taches. Mais si la vapeur reste piégée, elles reviennent. La condensation sur les vitres en est le premier signe visible.

Les recommandations sérieuses convergent toujours vers le même trio : limiter la vapeur produite, évacuer l’air humide, et empêcher l’eau de rester sur des surfaces froides pour éviter la buée persistante. Et là, la fougère de Boston devient presque un symbole. Parce qu’elle vous pousse à faire ce que les moisissures détestent : faire circuler l’air. Assainir. Sécher. Mesurer.

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Elle vous rappelle que le “silence” n’est pas toujours un signe de santé dans une maison. Parfois, c’est juste l’humidité qui s’installe sans bruit.

La condensation sur une vitre signale un air intérieur trop chargé en vapeur d’eau. Crédit : Partonez.

Conclusion

La promesse “plante déshumidificateur” fait cliquer. Mais la réalité est plus intelligente. La fougère de Boston ne va pas aspirer l’humidité des murs comme une machine. En revanche, elle peut devenir un excellent indicateur, et une alliée esthétique dans une stratégie anti-moisissures qui marche vraiment. Si vous l’adoptez, faites-le pour la bonne raison : transformer votre intérieur en écosystème surveillé. Pas en laboratoire de miracles.

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Mesurer l’hygrométrie aide à comprendre quand l’air bascule vers la zone à risque. Crédit : Harke.

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