Il a tenté le code de la route 139 fois en 9 ans : ce qui l’a finalement sauvé
Neuf ans. Cent trente-neuf tentatives. Et une seule erreur répétée en boucle, sans jamais la voir. L’histoire de cet homme de Tarnów, dans le sud-est de la Pologne, a fait le tour des rédactions automobile cette semaine. Elle est absurde, touchante, et surtout — elle dit quelque chose d’universel sur la persévérance et ses pièges.
Car l’homme ne manquait pas de motivation. Ce qui lui manquait, c’était quelque chose de bien plus simple, et de bien plus cruel.
9 ans de tentatives, et une cause que personne ne lui avait dite

Depuis 2017, cet homme tentait de valider l’épreuve théorique obligatoire pour pouvoir accéder aux leçons de conduite. Sans réussir le code, pas de permis possible. Et mois après mois, il repassait l’examen. Sans succès.
La raison ? Il s’entraînait avec un logiciel de préparation incomplet. Une application qui ne couvrait pas l’intégralité des questions susceptibles de tomber le jour J.
Autrement dit : il bachotait avec de faux outils, croyait être prêt, et se retrouvait systématiquement pris de court sur des questions qu’il n’avait jamais vues. Pendant neuf ans.
La bascule : un programme complet et des progrès enfin visibles

Le changement est venu le jour où le candidat a commencé à utiliser la version complète du logiciel de préparation. Le directeur du centre d’examen polonais, interrogé par la télévision publique TVP, a raconté la suite avec une précision qui dit tout.
« Après avoir commencé à utiliser la version complète du programme, il s’est rapproché de plus en plus du succès, ratant de moins en moins de points, jusqu’à finir par l’avoir », a-t-il expliqué.
Le 11 mars dernier, après neuf ans d’efforts, l’homme de Tarnów a enfin décroché son précieux sésame théorique. Une victoire qui a ému bien au-delà des frontières polonaises.
Et pourtant, il n’est même pas recordman dans son propre pays
On pourrait croire que 139 tentatives, c’est un record absolu. Ce serait sous-estimer la ténacité humaine. Ou son obstination à utiliser les mauvais outils.
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Un autre Polonais détient en effet le record national : lui a obtenu son code après 17 ans d’efforts et 163 tentatives. Une longévité dans l’échec qui force le respect, ou une certaine forme de stupéfaction.
Mais le record du monde, lui, appartient à une autre catégorie entièrement. Si vous aimez les histoires de persévérance hors norme, vous connaissez peut-être déjà le cas de cette Sud-Coréenne qui a passé l’examen du code… 960 fois. Soit environ une tentative tous les dix jours pendant trente ans.
Un rappel brutal sur la qualité des outils de préparation

Au-delà de l’anecdote, cette histoire pointe un problème réel. Les plateformes de révision pour les examens théoriques pullulent sur internet. Certaines sont complètes et régulièrement mises à jour. D’autres non.
Et la différence ne se voit pas forcément au premier coup d’œil. Un candidat peut s’entraîner des heures, se sentir prêt, et se faire piéger sur des questions jamais rencontrées dans son application.
En France aussi, la réforme du permis de conduire a rebattu les cartes récemment. Les questions évoluent, les thématiques aussi. Se préparer avec des outils obsolètes ou partiels, c’est prendre le risque de rejoindre des statistiques qu’on préférerait éviter.
Le permis de conduire : un parcours semé d’embûches, en France aussi
En France, le taux de réussite au code de la route tourne autour de 55 à 60 % selon les années. Un candidat sur deux échoue à sa première tentative. Et les chiffres montrent que les recalés repassent en moyenne deux à trois fois avant de valider.
Le coût de chaque tentative supplémentaire, lui, ne cesse d’augmenter. Les auto-écoles l’ont bien compris, et certaines ajustent déjà leurs tarifs pour 2026. Autant dire que l’histoire du Polonais résonne aussi dans les chaumières françaises.
Pour ceux qui craignent de voir leur permis soumis à un renouvellement obligatoire dans les années à venir, ou qui s’interrogent sur les nouvelles règles pour les conducteurs seniors, les changements réglementaires s’accumulent.
Ce que cette histoire dit sur l’obstination — et ses limites

Il y a quelque chose de profondément humain dans le parcours de cet homme. Continuer malgré les échecs répétés, ne pas abandonner après 50, 80, 100 tentatives. La plupart des gens auraient renoncé bien avant.
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Mais cette histoire dit aussi quelque chose d’inconfortable : la persévérance sans remise en question de la méthode, c’est parfois neuf ans perdus. L’effort ne suffit pas si l’outil est mauvais.
C’est ce que rappelle le directeur du centre d’examen polonais : la progression n’est venue que lorsque le candidat a changé d’outil, pas lorsqu’il a redoublé d’efforts avec les mêmes ressources défaillantes.
Un principe qui dépasse largement le code de la route. Et que les autodidactes qui surpassent les diplômés connaissent bien : apprendre avec les bons supports change tout.
Les records qui font réfléchir — et sourire
Pour finir, impossible de ne pas penser à tous ces candidats qui ont vécu un rapport douloureux avec les examens. La pression, les attentes, la honte de l’échec répété. L’histoire du jeune Ethan, 23 ans, qui croyait avoir échoué alors qu’il avait obtenu la mention très bien, rappelle à quel point la perception de l’échec peut être dévastatrice.
L’homme de Tarnów, lui, a tenu. Cent trente-neuf fois, il s’est levé, il s’est présenté, et il a essayé encore. Et le jour où il a changé d’outil, il a gagné.
Pour ceux qui s’interrogent sur ce que l’Union européenne prépare pour le permis de conduire d’ici 2028, ou sur la possible fin des fautes éliminatoires qui fait débat, l’examen théorique reste au cœur de nombreuses réformes en cours.
Et si vous avez besoin d’un peu de légèreté après tout ça, cette blague sur un Belge qui repasse son permis devrait vous redonner le sourire.