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TotalEnergies plafonne encore ses prix jusqu’à cette date : ce que vous payez vraiment à la pompe en ce moment

Publié par Elsa Lepic le 01 Avr 2026 à 12:48

Le plein d’essence qui dépasse les 100 euros est devenu une réalité pour beaucoup d’automobilistes français. Et la situation ne s’améliore pas : la flambée des prix liée au conflit au Moyen-Orient continue de peser lourdement sur les budgets. C’est dans ce contexte tendu que TotalEnergies vient d’annoncer une prolongation de son dispositif de blocage des prix.

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Jusqu’au 7 avril inclus, les 3 300 stations du groupe en France maintiennent un tarif plafonné. Une bouffée d’air pour les conducteurs qui n’ont guère d’alternative en ce moment.

Ce que TotalEnergies a décidé ce 31 mars

Homme faisant le plein à une station-service

Dans un communiqué publié mardi 31 mars, le groupe pétrolier a officialisé la prolongation de ses mesures de plafonnement, initialement prévues pour prendre fin ce même jour.

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Concrètement, l’essence reste plafonnée à 1,99 euro le litre et le diesel à 2,09 euros le litre. Ces tarifs s’appliquent dans toutes les stations TotalEnergies du territoire français jusqu’au mardi 7 avril.

Le dispositif avait été mis en place le 13 mars dernier, au moment où les prix à la pompe s’envolaient. Une semaine supplémentaire, c’est donc ce que le groupe accorde aux automobilistes.

Un avantage encore plus grand pour certains clients

TotalEnergies va encore plus loin pour ses clients abonnés à l’offre « TotalEnergies Électricité & Gaz ». Ceux inscrits à l’avantage carburant bénéficient d’un plafond privilégié fixé à 1,99 euro le litre, quel que soit le carburant, et ce pour toute l’année 2026.

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Essence, diesel, peu importe : le tarif reste bloqué sous les 2 euros. C’est un avantage considérable quand on sait où se situent les prix moyens en ce moment.

Pour ceux qui font le plein régulièrement, la différence sur un an peut représenter une économie substantielle sur le budget transport.

Des prix nationaux au plus haut depuis 40 ans

Femme souriante près de sa voiture à la pompe
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Pour comprendre l’ampleur de la situation, il faut regarder les chiffres publiés par le ministère de la Transition écologique ce lundi 30 mars. Ils sont éloquents.

Le gazole, qui représente environ 68 % des parts de marché en France, frôle désormais les 2,20 euros le litre. Une hausse de 8 centimes sur une seule semaine. Et surtout, un niveau jamais atteint depuis que les données sont compilées, c’est-à-dire depuis 1985.

Pour vous donner un ordre de grandeur : en 1985, le gazole coûtait 0,63 euro le litre. Il a donc été multiplié par plus de trois en quarante ans. Et les prix continuent de repartir à la hausse semaine après semaine.

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C’est la cinquième hausse consécutive. Le précédent record datait du 11 mars 2022, soit deux semaines après le début de la guerre en Ukraine, où le gazole avait atteint 2,14 euros le litre. Ce seuil est aujourd’hui dépassé.

L’essence aussi grimpe, mais moins vite

Le gazole n’est pas le seul carburant concerné par la hausse. L’essence suit le même mouvement, même si l’augmentation est légèrement moins brutale.

Le sans plomb 95-E10 avoisine désormais les 2 euros le litre (1,97 euro précisément), soit une progression de 3 centimes sur la dernière semaine. Depuis le début des frappes israélo-américaines sur l’Iran, fin février, ce carburant a bondi de 26 centimes.

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Le sans plomb 95 classique dépasse lui aussi la barre symbolique des 2 euros en moyenne nationale, à 2,01 euros le litre. Quant au SP98, il s’établit à 2,05 euros. Des niveaux qui donnent le vertige quand on se souvient des prix d’il y a quelques mois à peine.

Pour ceux qui cherchent à réduire leur facture carburant, le bioéthanol E85 continue d’attirer de plus en plus d’automobilistes français.

Pourquoi TotalEnergies peut faire ce que les autres ne peuvent pas

Jauge de carburant vide dans une voiture
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La question se pose légitimement : pourquoi TotalEnergies est-il le seul à pouvoir bloquer ses prix à ce niveau sans s’effondrer financièrement ?

La réponse est structurelle. TotalEnergies est, selon Francis Pousse, représentant des distributeurs de carburants au sein du syndicat Mobilians, « la dernière compagnie pétrolière à avoir l’ensemble de la chaîne, de l’exploration à la distribution ».

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Autrement dit, le groupe extrait lui-même le pétrole, le raffine et le distribue. Ses concurrents, qui ne maîtrisent qu’une partie de cette chaîne, n’ont aucun moyen de répercuter ces prix bas sans perdre de l’argent immédiatement.

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Ce n’est pas tout à fait gratuit pour TotalEnergies non plus. Lors de la précédente opération similaire, lancée en 2022 après le début de la guerre en Ukraine, le groupe avait dépensé entre 500 et 600 millions d’euros. Un effort colossal, qui montre l’ampleur du geste.

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Mais cette générosité a un revers. Des ruptures de stock ont déjà été signalées dans certaines stations TotalEnergies, victimes de leur propre succès : quand les prix sont les meilleurs du marché, tout le monde se précipite.

Le contexte international qui explique tout

Pour comprendre pourquoi les prix à la pompe atteignent de tels sommets, il faut regarder du côté des marchés pétroliers mondiaux.

Le baril de pétrole s’échangeait autour de 70 dollars avant le début des tensions au Moyen-Orient. Il a grimpé jusqu’à 115 dollars ce lundi 30 mars, avant de redescendre légèrement à environ 102 dollars mercredi 1er avril. La hausse reste néanmoins spectaculaire.

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TotalEnergies rappelle dans son communiqué qu’elle applique « une politique transparente de fixation des prix qui consiste à répercuter sans délai toute fluctuation à la baisse, comme à la hausse, des cours internationaux ».

Tant que le baril reste à ces niveaux, les hausses à la pompe pourraient donc se poursuivre après le 7 avril. Des économistes avaient prévu ce franchissement de seuil, et la réalité leur donne raison plus vite que prévu.

Ce que ça change concrètement pour vous

Famille française faisant le plein en station-service
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Si vous avez une station TotalEnergies près de chez vous, l’avantage est immédiat et chiffrable. Prenons un exemple concret.

Pour un plein de 50 litres de gazole, la différence entre le tarif plafonné de TotalEnergies (2,09 €/L) et la moyenne nationale (2,19 €/L) représente 5 euros d’économie. Sur un plein d’essence, l’écart entre 1,99 € et 2,01 € est plus modeste, mais reste réel.

Pour ceux qui font deux pleins par mois, le gain peut atteindre une dizaine d’euros sur la période couverte. Le décalage de prix entre la France et ses voisins européens continue lui aussi de se creuser, rendant la situation encore plus inconfortable pour les automobilistes français.

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En attendant, si votre station habituelle n’est pas une TotalEnergies, il peut valoir la peine de faire quelques kilomètres supplémentaires avant le 7 avril. Pour les frontaliers, certaines options à l’étranger restent également très attractives.

Et après le 7 avril ?

La vraie question est là. TotalEnergies n’a pas communiqué sur une éventuelle nouvelle prolongation au-delà du 7 avril.

Tout dépendra de l’évolution des cours du pétrole. Si le baril reste au-dessus des 100 dollars, le groupe sera sous pression pour maintenir ou non le dispositif. Le gouvernement, lui, a jusqu’ici refusé d’intervenir directement malgré les appels répétés des associations de consommateurs.

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Du côté de la grande distribution, Michel-Édouard Leclerc avait lui-même reconnu ne pas pouvoir tenir ses promesses sur une baisse de 30 centimes par litre. Le rapport de force entre les acteurs du secteur reste donc très favorable à TotalEnergies, seul capable de jouer cette carte.

Pour l’instant, profitez de la semaine supplémentaire. Et si la hausse des prix du carburant pèse sur votre budget global, sachez que d’autres changements financiers entrent en vigueur au 1er avril, notamment sur la prime d’activité.

À savoir avant de faire le plein

Quelques précautions s’imposent malgré les bonnes nouvelles. Avec l’affluence attendue dans les stations TotalEnergies, le risque de pénurie dans certains points de vente est bien réel. Vérifiez la disponibilité avant de vous déplacer.

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Par ailleurs, attention à ne pas tomber dans certains pièges classiques à la pompe. Une arnaque courante consiste à profiter d’un pistolet mal raccroché pour vous faire payer plus que prévu. Et si vous êtes tenté de stocker du carburant en bidon pour profiter des prix bas, sachez qu’une amende méconnue peut s’appliquer.

Pour ceux qui roulent au diesel et souhaitent anticiper les évolutions réglementaires à venir, noter que la fin programmée du gazole dans certaines stations se précise. Une raison de plus d’envisager d’autres options dès maintenant.

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