Écosse : une mère filmée lors de sa gender reveal reconnue coupable du meurtre de son bébé de 19 jours

Une vidéo TikTok joyeuse, des confettis roses, et une mère qui tourne le dos à la caméra en levant le majeur. Quelques semaines plus tard, cette même femme secouait et frappait son nouveau-né de 19 jours jusqu’à provoquer sa mort. Le tribunal a rendu son verdict : c’est un meurtre. L’histoire de la petite Thea June Wilson, née « parfaite » et tuée dans l’appartement familial de Greenock, en Écosse, glace par sa brutalité et les mensonges qui ont suivi.
Des confettis roses et un doigt d’honneur
Tout commence par une vidéo devenue virale après le procès. On y voit Nicole Blain, 30 ans, debout dans une pièce, un couteau à la main. Une amie tient un ballon noir. Après un moment d’hésitation, la future mère le crève : des confettis roses s’envolent. C’est une fille.

Mais au lieu de sourire, Blain quitte la pièce d’un pas rageur. Puis elle se retourne et adresse un doigt d’honneur à la personne qui filme avec son téléphone. La séquence, initialement postée sur TikTok, a scandalisé les internautes lorsqu’elle a refait surface après le verdict de la High Court de Glasgow.
La petite Thea June Wilson est née le 25 juin 2023. Les médecins la décrivent alors comme « parfaite ». Sa grand-mère paternelle, Laura Wilson, 59 ans, l’a vue pour la dernière fois le 8 juillet. La fillette allait « très bien », aucune inquiétude. Treize jours plus tard, tout basculait dans l’appartement de Greenock.
« Je n’avais jamais entendu un cri pareil »
Le jour du drame, en juillet 2023, un plan était prévu : Blain devait emmener Thea chez ses grands-parents paternels, dans l’Ayrshire. Aux alentours de 14 heures, Alan Wilson, le grand-père, reçoit un appel sur le téléphone de sa femme. Au bout du fil, des hurlements.
« C’était perçant, extrêmement fort. J’ai d’abord cru que c’était un enfant plus grand, puis j’ai réalisé que c’était le bébé qui hurlait », a témoigné Alan Wilson, 59 ans, devant les jurés. Blain marmonne alors : « Je ne sais pas quoi faire. » Il lui ordonne de raccrocher et d’appeler une ambulance.

Laura Wilson prend ensuite le relais au téléphone. Blain lui raconte avoir trouvé Thea « par terre, sans vêtements, avec une bosse sur la tête ». La grand-mère fonce à l’hôpital de Glasgow. Quand elle interroge la mère sur ce qui s’est passé dans l’appartement, la réponse la sidère. Blain désigne un autre enfant présent dans le logement comme responsable. Mais la suite du procès allait pulvériser cette version.
Des blessures comparées à celles d’un accident de voiture
Les résultats de l’examen médical de Thea sont accablants. Trois fractures du crâne. Des côtes brisées. Des lésions cérébrales. Des hémorragies derrière les yeux. La pathologiste Leighanne Deboys a expliqué aux jurés que ces blessures étaient « compatibles avec le fait d’avoir été violemment secouée et d’avoir subi des impacts répétés contre une surface dure » — sol, mur ou meuble.
Un autre médecin est allé plus loin : les lésions de ce nourrisson de 19 jours étaient comparables à celles d’une victime d’accident de la route. Les pressions exercées sur sa poitrine avaient également endommagé ses côtes, et des mouvements « violents » de sa tête d’avant en arrière avaient blessé son cou. Thea ne s’est jamais remise. La conclusion médicale officielle parle de « traumatisme crânien non accidentel significatif ».
Face à un tel tableau clinique, la thèse de Blain — un bambin aurait laissé tomber le bébé — ne tenait plus du tout. Mais la mère a continué à mentir, y compris aux professionnels envoyés à son chevet.
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« Je ne sais pas comment je pourrai lui pardonner »
Peu après l’agression, une assistante sociale, Stacey Jones, 35 ans, se rend à l’hôpital pour rencontrer Blain. La mère est « extrêmement bouleversée ». Mais au lieu d’avouer, elle enfonce un peu plus l’enfant qu’elle accuse : « Je ne sais pas comment je pourrai pardonner à [cet enfant] pour ce qu’il a fait », rapporte l’assistante sociale devant le tribunal.
Ce mensonge, répété à plusieurs reprises, a été l’un des éléments les plus marquants du procès. Blain a accusé un enfant en bas âge pour couvrir ses propres actes. Le procureur Alan Cameron KC n’a pas mâché ses mots : toute suggestion selon laquelle un autre enfant aurait pu causer de telles blessures relève « purement et simplement du n’importe quoi ».
La pathologiste a d’ailleurs formellement exclu qu’un bambin ait pu infliger des lésions aussi graves en laissant simplement tomber un nourrisson. L’hypothèse ne correspondait ni à la nature ni à la gravité des fractures. Le dossier médical racontait une histoire très différente de celle de Nicole Blain.
« Mon bébé est mort dans mes bras »
Lors de son propre témoignage à la barre, Blain a pleuré. Elle a assuré qu’elle aimait sa fille. Elle a évoqué une dépression post-partum. Elle a juré que « jamais en un million d’années » elle n’aurait fait de mal à Thea. Elle a nié avoir « jeté [l’autre enfant] sous le bus » en l’accusant.

Sa version des faits : elle s’était endormie pendant que Thea dormait dans son berceau. Un voisin avait frappé à la porte. En se réveillant, elle n’avait pas immédiatement vu le bébé, désormais nu, étendu sur le sol. « Je me souviens du traumatisme d’avoir trouvé ma fille. Je ne l’oublierai jamais. Mon bébé est mort dans mes bras », a-t-elle déclaré.
Mais le procureur Cameron a mis en pièces cette version. Selon lui, Blain avait blessé le bébé avant de réaliser qu’elle était « dans de sérieux ennuis ». Les preuves médicales contredisaient point par point le scénario de l’accident. Et les jurés l’ont suivi.
Un verdict et une scène au tribunal
Nicole Blain a été reconnue coupable de meurtre par la High Court de Glasgow. Le juge Lord Scott a immédiatement annoncé qu’il prononcerait une peine de prison à vie. Seule la durée minimale de détention reste à fixer : il souhaite obtenir davantage d’informations sur la condamnée avant de trancher, lors d’une audience prévue le mois prochain.
Blain, qui était en liberté sous caution durant le procès, a été menottée et emmenée en cellule. Les témoins présents dans la salle décrivent une femme « hurlant de manière hystérique ». Elle avait déjà un antécédent judiciaire : une condamnation mineure pour agression. Cette fois, c’est une condamnation pour meurtre qui l’attend.
Lord Scott s’est adressé aux jurés après le verdict pour souligner le caractère « heureusement inhabituel » de cette affaire — le meurtre d’un bébé. Thea June Wilson n’aura vécu que 19 jours. Elle était née « parfaite ». Sa mère, elle, n’aura montré son vrai visage qu’à travers les mensonges qu’elle a empilés pour se protéger — et cette vidéo de gender reveal où, déjà, quelque chose n’allait pas.