Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Faits divers

« Je l’ai tué » : un enseignant craque aux urgences pendant que les médecins tentent de ranimer le bébé qu’il adoptait

Publié par Cassandre le 06 Mai 2026 à 11:00
« Je l'ai tué » : un enseignant craque aux urgences pendant que les médecins tentent de ranimer le bébé qu'il adoptait

Un enseignant britannique est actuellement jugé pour le meurtre d’un bébé de 13 mois qu’il était en train d’adopter avec son compagnon. Au sixième jour du procès, les témoignages du personnel hospitalier dessinent une scène terrifiante aux urgences de l’hôpital de Blackpool. Entre cris, incohérences et aveux présumés, voici ce que le jury a entendu cette semaine.

Une phrase lâchée en pleine réanimation

Jamie Varley, 37 ans, est accusé d’avoir tué et abusé sexuellement le petit Preston Davey. Le bébé est arrivé aux urgences de l’hôpital Victoria de Blackpool en juillet 2023, en arrêt cardiaque et respiratoire. Les médecins ont tenté de le réanimer pendant près d’une heure. En vain.

Couloir des urgences d'un hôpital la nuit

C’est pendant cette tentative désespérée que Varley aurait prononcé des mots qui ont marqué tout le personnel présent. Le Dr Wendy Aubrey, anesthésiste de garde, a raconté à la cour être arrivée en trois à quatre minutes après l’appel d’urgence. Elle a trouvé le bébé sur un chariot, entouré de soignants.

Comme le veut la procédure, les deux pères adoptifs ont été autorisés à entrer dans la salle de réanimation. L’un d’eux, John McGowan-Fazackerley, 32 ans, co-accusé dans cette affaire, se tenait calmement sur le côté. L’autre, Varley, a affiché un comportement radicalement différent. Et ce contraste n’a échappé à personne.

« Plus théâtral que tous les parents que j’ai vus »

Le Dr Aubrey a décrit Varley comme « très théâtral, plus que n’importe quel parent » qu’elle avait vu dans sa carrière. Il refusait de rester en place, n’écoutait pas les consignes du personnel, créait le chaos autour de l’équipe médicale en plein travail.

D’abord, il a crié « ne le laissez pas mourir ». Puis « n’arrêtez pas », en parlant visiblement de la réanimation. Et puis cette phrase, rapportée mot pour mot par l’anesthésiste devant le jury : « I f***ing killed him » — « Je l’ai putain de tué. »

Équipement médical de réanimation pédiatrique aux urgences

Quand l’équipe médicale a finalement pris la décision d’arrêter la réanimation, Varley a tenté de pratiquer lui-même un massage cardiaque sur le corps du bébé. Le Dr Aubrey a dû intervenir fermement pour le stopper. Cette affaire avait déjà provoqué l’effroi au Royaume-Uni lors de la mise en examen.

Une version des faits qui ne tient pas debout

Aux urgences, une infirmière nommée Rosanna Briggs a recueilli le récit de la famille. Varley a expliqué avoir laissé Preston dans un siège de bain le temps d’aller chercher une serviette. À son retour, le bébé se noyait, selon lui.

Problème : les médecins ont immédiatement relevé que Preston était complètement sec. Aucune trace d’eau dans ses poumons. Des analyses de gaz sanguin ont révélé que l’enfant avait été privé d’oxygène bien plus longtemps que les dix minutes annoncées par Varley. Le Dr Ram Patel l’a confirmé devant le tribunal.

Mais les incohérences ne s’arrêtent pas là. L’aide-soignante chargée d’accompagner les deux hommes dans une salle d’attente pendant la réanimation a noté des éléments troublants. Son témoignage a ajouté une couche supplémentaire de doute sur la version officielle du couple.

Des détails qui ont alerté le personnel soignant

Dans cette salle d’attente, Varley s’est montré « difficile à gérer », tentant à plusieurs reprises de rejoindre l’enfant. À un moment, il a lâché : « C’est ma faute » et « il ne peut pas mourir ». Puis cette déclaration étrange : « Je suis enseignant. Je suis responsable d’année. J’ai un diplôme de niveau 3 en protection de l’enfance. »

L’aide-soignante a trouvé cette dernière remarque particulièrement déplacée vu les circonstances. Comme si Varley cherchait à établir sa crédibilité plutôt qu’à comprendre ce qui arrivait à son enfant. De son côté, McGowan-Fazackerley a donné des versions contradictoires de ce qui s’était passé.

Façade d'un tribunal de la Couronne en Angleterre

D’abord, il a dit être entré dans la maison pour trouver Varley en train de pratiquer un massage cardiaque. Ensuite, il a affirmé avoir été enfermé dehors parce que les clés étaient restées dans la serrure intérieure. Deux récits incompatibles. L’aide-soignante a aussi noté que ni l’un ni l’autre ne portait de chaussures — un détail qu’elle a jugé inhabituel — et que la couche de Preston était sèche, ce qui contredisait encore l’histoire du bain.

40 blessures en quatre mois

Selon l’accusation, le petit Preston a subi 40 blessures distinctes sur une période de quatre mois, entre le moment où il a été confié au couple et sa mort. Quarante. Sur un bébé de 13 mois. Cette accumulation évoque des cas de maltraitance systématique, comme ceux qui ont marqué d’autres affaires impliquant des enfants en bas âge.

Varley fait face à une liste de charges vertigineuse : meurtre, homicide involontaire, deux chefs d’agression sexuelle par pénétration sur un enfant, cinq chefs de cruauté envers un enfant, coups et blessures graves, agression sexuelle, 13 chefs de captation d’images indécentes d’un enfant, un chef de diffusion d’image indécente à son co-accusé, et un chef de fabrication d’image indécente.

McGowan-Fazackerley est poursuivi pour avoir permis la mort d’un enfant, trois chefs de cruauté envers un enfant et un chef d’agression sexuelle. Le volet des images pédocriminelles dans cette affaire rappelle d’autres dossiers où la question de l’adoption a croisé celle de la pédocriminalité.

Un procès qui interroge aussi le système

Les deux accusés, résidant à Grimsargh, près de Preston dans le Lancashire, nient l’ensemble des charges. Le procès se poursuit devant la Preston Crown Court. Mais au-delà du verdict à venir, cette affaire soulève des questions lourdes sur le processus d’adoption au Royaume-Uni.

Comment un homme qui détenait des images pédocriminelles a-t-il pu être en cours d’adoption d’un bébé ? Quels contrôles ont été effectués ? Les enquêteurs devront aussi déterminer si les 40 blessures constatées auraient dû alerter les services sociaux plus tôt. Autant de questions auxquelles le jury n’aura peut-être pas à répondre, mais que l’opinion publique britannique pose déjà avec insistance.

Pour l’instant, les témoignages du personnel hospitalier dressent le portrait d’une soirée de juillet 2023 où tout sonnait faux : un bébé « noyé » mais sec, un père « effondré » mais théâtral, et des mots prononcés aux urgences qui pourraient bien sceller le sort de Jamie Varley.

Rejoignez nos 875 726 abonnés en recevant notre newsletter gratuite

3 commentaires

  • N
    Naturalia
    07/05/2026 à 11:49
    Cela ne devrait jamais arriver des choses comme ça. On ne regarde pas les antécédents des futurs parents ? Il n y a pas de tests psychologiques effectués ? C est grave de laisser a l adoption un bébé avec des pédophiles en plus. Il y a vraiment des choses a revoir sur l adoption.
  • J
    Judith
    07/05/2026 à 08:39
    Pauvre petit cœur aucun enfant ne devrait subir ça peine de mort pour tout les pédophiles
  • B
    Bizou
    06/05/2026 à 22:57
    Quelle tristesse! Une plus grande vigilance quand il faut placer un enfant, s'avère plus que nécessaire.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *