Éjectée de l’avion lors d’une collision mortelle, elle est retrouvée vivante à 100 mètres, attachée à son siège
Il y a des histoires qui laissent sans voix. Des faits qu’on peine à croire, même en les lisant plusieurs fois. Ce qui est arrivé à Solange Tremblay, dimanche 22 mars, à l’aéroport de LaGuardia à New York, fait partie de ces récits qui défient toute logique.
Cette hôtesse de l’air québécoise a été éjectée de l’appareil lors d’une collision catastrophique. Et retrouvée vivante. À plus de cent mètres du fuselage. Encore attachée à son siège.

Une collision d’une violence inouïe
Tout se passe en quelques secondes, ce dimanche soir. Un CRJ-900 de la compagnie Jazz Aviation, opérant pour le compte d’Air Canada, effectue son atterrissage à LaGuardia. Sur la piste, un camion de pompiers aéroportuaires se déplace vers un autre incident.
L’impact est brutal. Dévastateur. Le nez de l’appareil est détruit. Le pilote et le copilote perdent la vie. L’avion transportait plus de 70 passagers.
Et pourtant, dans ce chaos, une femme va survivre dans des circonstances que les experts eux-mêmes qualifient de miraculeux.
Retrouvée à 100 mètres, encore attachée
Solange Tremblay était assise à sa place habituelle : derrière le cockpit, juste en face des pilotes. C’est la position classique des agents de bord lors des phases d’atterrissage. Elle portait sa ceinture. Elle avait respecté chaque protocole.
Mais la violence du choc a tout emporté. Le siège, arraché de la paroi, a été propulsé à plus d’une centaine de mètres de l’avion. Et c’est là, sur le tarmac, que les secouristes l’ont trouvée. Vivante. Toujours sanglée.
Sa fille, Sarah Lépine, a témoigné auprès de TVA Nouvelles : « J’essaie encore de comprendre comment tout cela s’est produit. C’est tout un miracle. Au moment de l’impact, son siège a été expulsé à plus d’une centaine de mètres de l’avion. Ils l’ont retrouvé et elle était encore attachée à son siège. »
Des mots qui font frissonner.
« Elle avait un ange gardien »
Solange Tremblay a été transportée d’urgence à l’hôpital. Elle souffre de multiples fractures, dont une jambe cassée qui nécessitera une opération. Mais ses jours ne sont pas en danger.
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« Elle avait un ange gardien qui veillait sur elle. Ça aurait pu être bien pire », souffle sa fille, encore sous le choc.
Une formule qui résonne fort, quand on sait ce qu’est devenu le reste de l’appareil.
Pourquoi ce siège a-t-il pu résister ?
La question s’est immédiatement posée. Comment un siège peut-il survivre à un tel choc — et protéger quelqu’un en même temps ?
Jeff Guzzetti, expert en sécurité aérienne interrogé par Associated Press, a lui-même qualifié la survie de l’hôtesse de « miracle au vu de la destruction du nez de l’avion ». Mais il apporte aussi une explication technique précieuse.
« Le siège de l’hôtesse de l’air est une sorte de strapontin rabattable et boulonné au mur, le même mur que celui du cockpit », explique cet ancien enquêteur fédéral sur les accidents d’avion.
« C’est un siège très robuste. Il est conçu pour résister à des chocs probablement plus importants que les sièges passagers, car il faut bien que le personnel de bord aide les passagers à sortir de l’avion après un accident. »
En d’autres termes : ce siège est conçu pour que son occupant reste opérationnel même dans le pire scénario. Il a tenu sa promesse, dans les conditions les plus extrêmes qui soient.
Ce que peu de voyageurs savent, d’ailleurs, c’est que les hôtesses de l’air adoptent des positions très spécifiques lors du décollage et de l’atterrissage, précisément pour se protéger en cas de choc violent.
Un métier qui peut basculer en quelques secondes
Cette histoire rappelle brutalement les risques invisibles d’un métier qu’on imagine souvent glamour. Les hôtesses de l’air vivent des situations improbables à bord, mais rarement d’une telle intensité.
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Le personnel navigant est formé pour gérer des urgences, pour maintenir son calme, pour protéger les autres avant tout. Ce dimanche soir à LaGuardia, Solange Tremblay n’a pas eu le temps de mettre quoi que ce soit en œuvre.
La collision a tout décidé en une fraction de seconde. Et pourtant, elle est là.
Il existe aussi des consignes méconnues que les hôtesses de l’air appliquent pendant le décollage pour maximiser leurs chances en cas d’accident. Des gestes simples, pensés pour sauver des vies — y compris la leur.
Une enquête qui commence
Les autorités américaines ont immédiatement ouvert une enquête sur les circonstances exactes de la collision. Comment le camion de pompiers s’est-il retrouvé sur la trajectoire de l’avion ? Quels systèmes d’alerte auraient dû se déclencher ?
L’aéroport de LaGuardia a été fermé en urgence dans les heures qui ont suivi le drame, paralysant le trafic aérien dans l’une des zones les plus fréquentées des États-Unis. Il est utile de rappeler que les droits des passagers varient fortement selon la compagnie et le pays concerné — une information à connaître en cas d’incident en dehors de l’Union européenne.
Pour les familles des deux pilotes décédés, il n’y a pas de miracle à raconter. Leur deuil commence.
Pour Solange Tremblay, une longue convalescence s’annonce. Mais elle est vivante. Et ça, selon sa fille, c’est déjà extraordinaire.
« Ça aurait pu être bien pire. »