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Brésil : une mariée de 34 ans abattue par son époux quelques heures après la cérémonie

Publié par Cassandre le 14 Mai 2026 à 8:01

C’est un drame qui a sidéré tout le Brésil. Le 9 mai dernier, à Campinas, dans l’État de São Paulo, une jeune femme de 34 ans a été abattue par balle le jour même de son mariage. L’homme qui lui a tiré dessus n’est autre que celui qui venait de lui passer la bague au doigt quelques heures plus tôt. Mère de trois enfants, Najylla Duenas Nascimento n’aura jamais connu sa fête de mariage.

Une dispute qui dégénère après la cérémonie

Tout avait pourtant commencé comme n’importe quel mariage. Najylla et Daniel Barbosa Marinho se sont dit « oui » à Campinas, grande ville de l’intérieur de l’État de São Paulo. Les invités étaient là, la cérémonie s’est déroulée normalement. Rien, à ce stade, ne laissait présager la suite.

mariee

C’est après la cérémonie que la situation a basculé. Selon les autorités locales, une violente dispute a éclaté entre les deux époux. L’altercation est rapidement devenue physique, au point que des proches ont jugé nécessaire d’éloigner les enfants de la scène. Un réflexe qui en dit long sur l’intensité de la confrontation. Ce genre de violence conjugale liée au mariage n’est malheureusement pas un cas isolé.

Mais personne n’imaginait ce qui allait suivre. Quelques minutes après cette dispute, Daniel aurait sorti son arme de service et ouvert le feu sur sa femme. Najylla a été touchée, mais elle respirait encore. L’horreur, pourtant, ne faisait que commencer.

Il revient sur les lieux et tire à nouveau

Selon les témoignages recueillis par la police, Daniel Barbosa Marinho a d’abord quitté les lieux après les premiers tirs. On aurait pu croire qu’il prenait la fuite, ou qu’il réalisait la gravité de son geste. Il n’en était rien.

Ambulance et lumières d'urgence dans une rue brésilienne de nuit

L’homme est revenu sur place pour tirer de nouvelles balles sur Najylla. Les secouristes du SAMU, appelés en urgence, ont tenté de la réanimer à leur arrivée. Mais malgré tous leurs efforts, la mère de trois enfants a été déclarée morte sur les lieux mêmes de ce qui devait être sa fête de mariage. Un scénario qui rappelle tragiquement d’autres fusillades mortelles lors de mariages.

Le caractère délibéré du retour sur les lieux est un élément central du dossier. Revenir pour achever sa victime implique une intention claire, un acte prémédité dans l’instant. Et c’est précisément ce point qui a orienté les charges retenues contre lui.

Un agent municipal armé depuis 1998

Daniel Barbosa Marinho n’était ni policier ni militaire. Il travaillait comme garde municipal de Campinas, un poste qu’il occupait depuis 1998 — soit plus de 25 ans. Au Brésil, la garde municipale est un corps distinct de la police. Son rôle s’apparente davantage à celui d’un agent de sécurité armé, chargé de surveiller les bâtiments et espaces publics de la ville.

C’est justement son arme de service qu’il a utilisée pour tuer Najylla. Un détail qui pose une question glaçante : comment un homme décrit comme violent ce soir-là a-t-il pu porter une arme à feu au quotidien pendant plus de deux décennies ? L’affaire rappelle d’autres cas où des personnes en position d’autorité ont retourné leur pouvoir contre leurs proches, comme cette influenceuse tuée par son compagnon ou ces accusations de violences conjugales qui émergent parfois des années après les faits.

Après le meurtre, c’est Daniel lui-même qui a contacté la garde municipale de Campinas. Une démarche qui ne relève pas forcément du remords : au Brésil, se signaler aux autorités peut constituer une stratégie juridique pour bénéficier de circonstances atténuantes. Les agents l’ont ensuite conduit au commissariat spécialisé dans la défense des femmes — le 2e Poste de Police de Défense de la Femme — où il a été placé en détention.

Accusé de féminicide

Daniel Barbosa Marinho a été arrêté pour suspicion de féminicide, un crime spécifique dans le droit brésilien. Depuis 2015, le Brésil distingue le féminicide — le meurtre d’une femme en raison de son genre, notamment dans un contexte de violence domestique — des autres homicides. La peine encourue va de 12 à 30 ans de prison, soit bien plus que pour un homicide simple.

Bâtiment de la garde municipale au Brésil

La garde municipale de Campinas a publié un communiqué officiel après le drame : « La Garde Municipale regrette profondément l’incident et réaffirme son engagement dans la lutte contre toutes les formes de violence. » Une déclaration sobre, presque mécanique, qui contraste violemment avec la réalité des faits. L’un de leurs agents en poste depuis un quart de siècle vient de tuer sa femme le jour de leur mariage avec son arme de service.

Le Brésil reste l’un des pays où le féminicide frappe le plus durement. Selon les chiffres du Forum brésilien de sécurité publique, une femme est tuée en raison de son genre toutes les six heures dans le pays. Dans la grande majorité des cas, l’auteur est un conjoint ou ex-conjoint. Et dans un nombre alarmant de situations, les signaux d’alerte existaient bien avant le passage à l’acte — comme dans le cas de cette ancienne finaliste de Miss Suisse dont l’entourage avait prévenu du danger.

Trois enfants orphelins de mère

Derrière les faits divers, il y a des vies brisées. Najylla Duenas Nascimento laisse derrière elle trois enfants. Trois enfants qui étaient probablement présents ce jour-là, ou tout près, puisque des proches ont dû les éloigner au moment de la dispute. Trois enfants dont la mère a été tuée le jour où elle s’est mariée.

On ne sait pas encore si les enfants sont ceux de Daniel ou d’une précédente relation. Ce que l’on sait, c’est qu’ils devront grandir avec ce traumatisme. D’autres affaires similaires ont montré l’impact dévastateur de ce type de drame familial, comme ce père jugé pour le meurtre de ses trois filles ou ces familles brisées par la perte.

L’enquête est toujours en cours. Les témoins présents à la cérémonie et à la fête sont auditionnés par les enquêteurs du commissariat spécialisé. La question centrale reste la même : y avait-il des antécédents de violences ? Des signaux ? Des alertes ignorées ? Dans ce type d’affaire, la réponse est presque toujours oui. Et elle arrive presque toujours trop tard.

Si vous êtes victime ou témoin de violences conjugales, appelez le 3919 (numéro national, appel gratuit et anonyme, disponible 24h/24) ou contactez les services d’aide en ligne.

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