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Meurtre de Chloé, 14 ans, dans l’Aisne : assassinat et viols, les chefs d’accusation retenus contre Julien B.

Publié par Cassandre le 09 Mai 2026 à 9:50
Meurtre de Chloé, 14 ans, dans l'Aisne : assassinat et viols, les chefs d'accusation retenus contre Julien B.

Il avait 23 ans, elle en avait 14. Mercredi matin, Chloé a été tuée de plusieurs coups de couteau au cou alors qu’elle marchait vers son collège, à Fère-en-Tardenois, dans l’Aisne. Ce vendredi, le parquet de Laon a confirmé la mise en examen de Julien B. pour assassinat et viols. Deux qualifications qui alourdissent considérablement le dossier — et qui en disent long sur ce que la justice pense de cette affaire.

Assassinat et viols : ce que ces qualifications signifient

Le mot a son importance : ce n’est pas « meurtre », c’est « assassinat ». La différence tient en un seul mot : préméditation. En retenant cette qualification, le parquet de Laon estime que Julien B. n’a pas agi sous le coup d’une impulsion soudaine. Il aurait préparé son geste. La peine maximale encourue pour assassinat est la réclusion criminelle à perpétuité.

Tribunal de Laon où Julien B. a été mis en examen

Pour les viols, la qualification repose sur un mécanisme juridique précis. La loi française considère que lorsqu’un adulte a plus de cinq ans d’écart avec un mineur de moins de 15 ans, les relations sexuelles ne peuvent pas être considérées comme consenties. Julien B. avait 23 ans. Chloé en avait 14. Neuf ans d’écart. Aux yeux de la loi, il ne peut y avoir aucun consentement. Le jeune homme encourt 20 ans de réclusion criminelle pour ces faits.

Il a été placé en détention provisoire dans la foulée de sa mise en examen. L’enquête a été confiée aux gendarmes de la section de recherches d’Amiens, et le pôle criminel du parquet de Laon a repris le dossier, en raison de la qualification criminelle retenue.

Des aveux rapides, mais une version contestée

Dès les premières heures après l’interpellation, mercredi à Soissons, Julien B. était passé aux aveux. Il a reconnu avoir attaqué la collégienne avec un couteau. Mais il y a un « mais » de taille : il a nié « l’intention d’homicide », selon les termes de la procureure de la République de Soissons, qui s’occupait alors du dossier avant de se dessaisir.

Rue de Fère-en-Tardenois où Chloé se rendait au collège

Autrement dit, Julien B. admet avoir porté les coups mortels, mais conteste avoir voulu tuer. Une ligne de défense que le parquet a visiblement balayée en retenant la préméditation. Les éléments de l’enquête ont manifestement convaincu les magistrats que le geste était calculé.

Chloé, habitante de Fère-en-Tardenois — un bourg de 2 800 âmes situé à 40 km à l’ouest de Reims —, a été agressée alors qu’elle se rendait à pied au collège Anne-de-Montmorency. Elle est décédée de plusieurs blessures par arme blanche au niveau du cou. Elle avait 14 ans.

« Tu vas le regretter » : des messages glaçants envoyés avant le drame

Le profil de Julien B. se dessine à travers les éléments révélés par l’enquête, et il est particulièrement inquiétant. Le jeune homme de 23 ans a affirmé avoir eu « une relation amoureuse » avec Chloé, une relation qu’il dit « récemment terminée ». Si ce lien est confirmé, Chloé pourrait être la plus jeune victime de féminicide recensée en France.

Mais ce n’est pas tout. Les enquêteurs ont découvert qu’une autre adolescente de 14 ans, elle aussi scolarisée au collège Anne-de-Montmorency, était en contact avec Julien B. via des messages privés échangés en marge d’un jeu vidéo. Un schéma de conquête qui se répète — un adulte de 23 ans qui cible des collégiennes de 14 ans via des plateformes numériques. Un profil de prédateur que l’enquête devra établir avec précision.

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Cette seconde adolescente — appelons-la Emma, son prénom ayant été modifié — aurait conseillé à Chloé de prendre ses distances avec Julien B. Une intervention qui a visiblement déclenché la fureur du suspect. Les messages qu’il a envoyés à Emma dans les semaines précédant le drame sont d’une violence rare.

Des menaces explicites que personne n’a pu empêcher

« Tu vas le regretter quand on se verra. Tu crois que je vais rien faire ? » Ce sont les mots de Julien B., adressés à Emma par message. La suite est encore plus crue : « Je vais te baiser toi et ta famille, salope. Tu vas comprendre à qui t’as affaire quand on se verra ma grande. » D’autres messages encore plus explicites ont été retrouvés.

Messages de menaces envoyés avant le meurtre de Chloé

Ces menaces, envoyées quelques semaines avant le meurtre, posent une question douloureuse : auraient-elles pu alerter ? Un homme de 23 ans qui menace des adolescentes de 14 ans par messages vocaux, en des termes aussi violents et sexuellement explicites — c’est exactement le type de signaux d’alerte qui, rétrospectivement, prennent une dimension terrible.

Le dossier rappelle d’autres affaires où la violence d’un ex-compagnon s’était annoncée bien avant le passage à l’acte. Avec une différence de taille ici : la victime était une enfant.

La perpétuité sur la table

Récapitulons les peines encourues par Julien B. Pour les faits de viols sur mineure de moins de 15 ans avec une différence d’âge de plus de cinq ans : 20 ans de réclusion criminelle. Pour les faits d’assassinat — un homicide volontaire avec préméditation : la réclusion criminelle à perpétuité. C’est la peine la plus lourde du code pénal français.

Le cumul de ces deux qualifications place cette affaire parmi les dossiers criminels les plus graves traités par les juridictions françaises. Le pôle criminel du parquet de Laon, qui a repris le dossier, devra instruire l’ensemble des faits avant un éventuel renvoi devant la cour d’assises.

L’enquête se poursuit sous la direction des gendarmes de la section de recherches d’Amiens. Plusieurs axes restent à explorer : l’étendue exacte des contacts de Julien B. avec des mineures, la chronologie précise des jours précédant le meurtre, et la question de savoir si les menaces avaient été signalées. Dans cette petite commune de l’Aisne, où le département a déjà été frappé par des drames ces derniers mois, la sidération est totale. Chloé avait 14 ans. Elle allait au collège.

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1 commentaire

  • c
    castor
    11/05/2026 à 08:42
    merci monsieur Badinter pour avoir aboli la peine de mort ceux la sont bien réel elle est ou la justice ( peine de mort )

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