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Elle survit au naufrage qui tue son mari milliardaire, puis reçoit une facture d’un milliard d’euros

Publié par Mathieu le 06 Avr 2026 à 7:33
Elle survit au naufrage qui tue son mari milliardaire, puis reçoit une facture d'un milliard d'euros
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En août 2024, Angela Bacares survivait au naufrage d’un superyacht au large de la Sicile. Sept personnes y ont perdu la vie, dont son mari milliardaire et leur fille de 18 ans. Moins d’un an plus tard, un tribunal londonien vient de condamner la succession de son époux à verser environ 1 milliard d’euros de dommages et intérêts. Le début d’un cauchemar financier qui pourrait tout lui faire perdre.

Mike Lynch, le « Bill Gates anglais » rattrapé par la justice

Mike Lynch, milliardaire britannique surnommé le Bill Gates anglais

Mike Lynch, décédé à 59 ans, n’était pas n’importe qui. Surnommé le « Bill Gates anglais », ce magnat de la tech avait fondé Autonomy, une entreprise de logiciels qu’il avait revendue en 2011 au géant américain Hewlett Packard pour la somme astronomique de 11,7 milliards de dollars.

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Sauf que le deal a très vite tourné au vinaigre. Hewlett Packard l’a accusé d’avoir gonflé artificiellement la valeur de son entreprise. En 2015, le groupe américain a porté plainte. Un bras de fer juridique de plus de dix ans s’en est suivi, l’un des plus retentissants de l’histoire économique britannique.

Lynch avait même été poursuivi aux États-Unis, où il risquait jusqu’à 25 ans de prison. En juillet 2024, un tribunal de San Francisco l’avait finalement acquitté des charges de fraude. Une victoire qu’il avait décidé de fêter en mer, à bord de son yacht de 56 mètres, le Bayesian.

Une fête en mer qui vire à la tragédie

Dans la nuit du 19 août 2024, alors que le Bayesian mouillait au large de la Sicile, une violente trombe marine a frappé le navire. Le superyacht, l’un des plus grands voiliers au monde, a chaviré en quelques minutes avant de couler par 50 mètres de fond. Ce type de naufrage spectaculaire reste heureusement rare, mais celui-ci a été particulièrement meurtrier.

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Sur les 22 personnes à bord, 15 ont été secourues. Sept ont péri, dont Mike Lynch et sa fille Hannah, âgée de seulement 18 ans. Angela Bacares, elle, fait partie des survivants. D’autres rescapés du drame ont depuis livré des témoignages glaçants sur cette nuit d’horreur.

Selon un rapport préliminaire publié en mai 2025, c’est le vent extrême qui aurait déstabilisé l’embarcation. Mais la cause exacte du naufrage reste officiellement indéterminée. L’épave a été remontée à la surface en juin 2025 — une opération au cours de laquelle un plongeur a perdu la vie — et des investigations complémentaires ont été annoncées.

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Un milliard d’euros réclamé à sa succession

Si la procédure pénale américaine s’était soldée par un acquittement, l’affaire civile britannique, elle, a pris un tout autre tournant. En juillet dernier, un tribunal de Londres avait déjà condamné la succession de Lynch à verser 700 millions de livres (environ 805 millions d’euros) à Hewlett Packard.

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Mais ce n’était pas fini. Le groupe américain a aussi réclamé les intérêts accumulés depuis la vente, il y a plus de 15 ans. Mardi dernier, le tribunal a tranché : environ 200 millions d’euros d’intérêts viennent s’ajouter à la note, selon un rapport du Times. Total : à peu près un milliard d’euros.

Le problème, c’est que la fortune laissée par Lynch est estimée à « seulement » 500 millions de livres, soit environ 577 millions d’euros. Autrement dit, même en liquidant la totalité du patrimoine, le compte n’y serait pas. Le Times évoque un héritage qui pourrait être purement et simplement « anéanti ».

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Angela Bacares, prise dans un engrenage judiciaire

Renflouement du superyacht Bayesian au large de la Sicile

Pour Angela Bacares, 58 ans, la situation est kafkaïenne. Survivante d’un naufrage qui lui a pris son mari et sa fille, elle se retrouve aujourd’hui face à une dette colossale qu’elle n’a pas contractée. Le tribunal a par ailleurs refusé à la succession le droit de faire appel de l’un des jugements précédents. L’équipe juridique pourrait toutefois tenter de porter l’affaire devant une cour d’appel supérieure.

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Rappelons que Lynch a toujours contesté les accusations de fraude. Aux États-Unis, il avait d’ailleurs été blanchi. Mais la justice civile britannique fonctionne avec un standard de preuve différent, et le verdict est sans appel — pour l’instant.

Le milliardaire n’était pas qu’un entrepreneur. Il avait aussi conseillé les anciens Premiers ministres britanniques David Cameron et Theresa May. Sa fille aînée, Esme, n’était heureusement pas à bord du Bayesian lors du drame. On imagine la douleur d’une famille déjà dévastée par le deuil, désormais confrontée à des questions financières vertigineuses.

Et ce n’est pas fini : une autre plainte de 456 millions d’euros

Comme si la situation n’était pas assez accablante, un autre procès se profile. En janvier 2025, l’Italian Sea Group — le groupe auquel appartient le chantier naval qui a construit le Bayesian — a attaqué Angela Bacares en justice. Montant réclamé : 456 millions d’euros.

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Leur argument ? Le naufrage a gravement nui à leur réputation et à leur activité commerciale. Le PDG du groupe, Giovanni Costantino, avait pourtant lui-même qualifié le yacht d’« insubmersible » par le passé. D’autres naufrages de yachts de luxe avaient déjà défrayé la chronique, mais rarement avec de telles conséquences judiciaires.

La plainte repose sur l’idée que le bateau n’avait aucun défaut de conception, et que c’est son utilisation — autrement dit, la responsabilité de l’équipage et du propriétaire — qui serait en cause. Un argument qui reste à prouver devant les tribunaux.

Un destin qui ressemble à une série Netflix

Résumons : un milliardaire acquitté aux États-Unis fête sa victoire en mer. Son yacht coule. Il meurt avec sa fille. Sa veuve survit. Puis la justice britannique la condamne à payer un milliard qu’elle n’a pas. Et un constructeur naval lui réclame encore un demi-milliard en prime.

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L’affaire Lynch est un mélange improbable de tragédie humaine, de guerre juridique transatlantique et de questions sur la responsabilité en haute mer. Le genre d’histoire qu’on aurait du mal à croire dans une fiction. Et pourtant, tout est bien réel. Le cas d’un yacht parti en fumée à Saint-Tropez avait déjà marqué les esprits, mais ce feuilleton-ci est d’une tout autre ampleur.

Angela Bacares, elle, attend la suite. Avec un patrimoine familial menacé d’effacement total et deux procès en cours, la survivante du Bayesian est loin d’avoir vu la fin de son calvaire.

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