Pantin : le corps de sa collègue caché sous l’escalier de l’agence de voyages, un employé de 27 ans avoue
Quatre jours. C’est le temps pendant lequel le corps d’une femme de 55 ans est resté dissimulé dans un sac poubelle, sous l’escalier d’une agence de voyages de Pantin. Son collègue, un homme de 27 ans, a reconnu les faits. Et le mobile qu’il avance est d’une banalité terrifiante.
Une disparition signalée un mercredi soir

Tout bascule le 23 avril au soir. Les proches de Yasmine Z., une femme née en 1969 et domiciliée à Colombes dans les Hauts-de-Seine, s’inquiètent de ne plus avoir de nouvelles. Ils alertent les autorités. Très vite, des avis de recherche circulent sur les réseaux sociaux avec sa photo et son signalement.

Sa famille donne un élément clé aux enquêteurs : Yasmine a été vue pour la dernière fois sur son lieu de travail. Une agence spécialisée dans l’organisation du pèlerinage à La Mecque, située en plein centre-ville de Pantin, en Seine-Saint-Denis. Personne n’imagine encore ce que les murs de cette agence renferment.
Ce que les enquêteurs ont trouvé sous l’escalier
Le lundi matin suivant — soit quatre jours après le signalement —, les policiers se rendent dans les locaux de l’agence. La découverte est macabre, comme le rapporte Ici Paris Île-de-France. Le corps de Yasmine Z. est localisé dans un sac poubelle noir, glissé sous l’escalier de l’agence de voyages.

La scène se déroule dans des locaux commerciaux classiques, en pleine zone urbaine. Un lieu où des clients viennent habituellement réserver leur voyage spirituel. Un décor qui rend la découverte encore plus irréelle. Les investigations changent immédiatement de nature : on passe d’une disparition inquiétante à une affaire criminelle. Et un nom revient très vite dans les auditions.
Un collègue de 27 ans interpellé
Les enquêteurs n’ont pas eu à chercher longtemps. Un homme de 27 ans, employé dans la même agence que la victime, est rapidement identifié comme suspect. Interpellé puis placé en garde à vue, il ne cherche pas à nier. Ce type de passage aux aveux rapide surprend toujours les enquêteurs, mais les faits sont là.
Selon les informations du parquet de Bobigny, l’homme reconnaît avoir tué sa collègue, puis avoir dissimulé son corps dans les locaux de l’agence. Il détaille les circonstances. Et c’est là que le mobile avancé laisse tout le monde sidéré.
Le mobile avancé : un refus d’avance sur salaire
L’employé de 27 ans explique son geste par un différend professionnel d’une banalité effarante. Il aurait demandé une avance sur salaire à Yasmine Z. Celle-ci aurait refusé. C’est ce refus, selon ses propres déclarations, qui aurait déclenché le passage à l’acte meurtrier.
Un conflit autour d’une question d’argent sur le lieu de travail. Une demande refusée. Et une femme qui perd la vie. La disproportion entre le mobile invoqué et la violence du geste est vertigineuse. Les enquêteurs devront déterminer si d’autres éléments de contexte — tensions préexistantes, antécédents, état psychologique — peuvent éclairer cette escalade meurtrière.
Ce type de violence mortelle pour des motifs apparemment dérisoires interroge chaque fois sur ce qui se joue réellement dans la tête du passage à l’acte.
Mis en examen et écroué
À l’issue de sa garde à vue, le suspect a été présenté à un juge d’instruction. Le parquet de Bobigny a confirmé dans un communiqué qu’il a été formellement mis en examen pour meurtre. Il a ensuite été placé en détention provisoire ce mercredi.
L’enquête se poursuit pour reconstituer précisément le déroulement des faits. Les enquêteurs cherchent notamment à établir la chronologie exacte entre le moment du meurtre et la découverte du corps, quatre jours plus tard. Pendant tout ce temps, l’agence a-t-elle continué à fonctionner normalement ? Le suspect s’est-il rendu au travail comme si de rien n’était ? Ces questions restent pour l’instant sans réponse.
Cette affaire rappelle d’autres drames survenus récemment en Île-de-France, comme cette attaque au couteau dans un tramway ou cette agression à Romainville. Elle pose aussi la question de la sécurité des salariés face aux violences internes dans les petites structures professionnelles.
Un quartier sous le choc
À Pantin, l’émotion est palpable. L’agence de voyages était connue dans le quartier. Des familles venaient y organiser leur pèlerinage, un moment sacré pour la communauté musulmane. Apprendre qu’un meurtre a été commis dans ces murs, et qu’un corps y est resté caché pendant des jours, a profondément secoué le voisinage.
La disparition de Yasmine avait déjà mobilisé les réseaux sociaux locaux avant même que la vérité ne soit connue. Aujourd’hui, les hommages se multiplient en ligne. Sa famille, qui a donné l’alerte dès le premier soir, attend désormais que la justice fasse son travail.
Le suspect reste présumé innocent jusqu’au jugement définitif de l’affaire. Mais les faits reconnus, le corps retrouvé et les aveux formulés dessinent déjà les contours d’un drame humain dont le mobile — un simple refus d’avance sur salaire — restera longtemps difficile à comprendre.