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Un père abat ses 7 enfants dans leur sommeil, les deux mères touchées à la tête

Publié par Elsa Fanjul le 20 Avr 2026 à 18:16
Louisiane : un père abat ses 7 enfants dans leur sommeil, les deux mères touchées à la tête

Huit enfants, âgés d’un an à dix-sept ans, ont été retrouvés morts dans deux maisons de Shreveport, en Louisiane, dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 avril. Le tireur présumé : leur propre père, un ancien militaire de 31 ans. Sept des victimes étaient ses enfants biologiques. La huitième, leur cousin. Une tragédie familiale d’une violence rare, même pour un pays marqué par les fusillades de masse.

Deux maisons, dix victimes par balles entre 5 h et 5 h 30 du matin

C’est un voisin, alerté par l’une des mères blessée au visage, qui a prévenu les secours et les forces de l’ordre aux alentours de 5 heures du matin. Quand les policiers de Shreveport sont arrivés sur place, ils ont découvert un carnage réparti sur deux habitations distinctes. Au total, dix personnes avaient été touchées par balles.

Parmi elles, huit enfants n’ont pas survécu. Le plus jeune avait à peine un an. Le plus âgé, dix-sept ans. Selon les éléments communiqués par le caporal Christopher Bordelon lors d’une conférence de presse, relayée par le New York Post, plusieurs des mineurs ont été atteints d’une balle dans la tête alors qu’ils dormaient.

L’auteur présumé des faits, Shamar Elkins, 31 ans, ancien militaire, a également tiré sur les deux mères de ses enfants. Chacune a reçu une balle à la tête. L’une d’elles se trouvait dans un état critique, son pronostic vital engagé au moment de l’intervention des secours. L’autre, malgré une blessure au visage, a eu la force de ramper jusqu’à un voisin pour donner l’alerte. C’est grâce à elle que la police a pu intervenir. Mais pour les enfants, il était déjà trop tard.

Un divorce imminent comme déclencheur

Scène de police devant des maisons à Shreveport

Selon des proches de la famille interrogés après le drame, Shamar Elkins et sa seconde épouse étaient en pleine procédure de séparation. Les deux devaient comparaître devant un tribunal dans les jours suivants. Une dispute liée à ce divorce imminent aurait éclaté dans la soirée de samedi, avant que le suspect ne passe à l’acte.

L’entourage décrit un homme déjà en proie à ses « démons », qui aurait très mal vécu la perspective de perdre la garde de ses enfants et de voir sa famille éclater. Un profil qui rappelle d’autres drames familiaux où la séparation conjugale devient le point de bascule vers l’irréparable, comme cette affaire en Belgique où un père avait tué ses deux filles avant de tenter de faire assassiner son ex-femme depuis sa cellule.

Les autorités ont toutefois précisé un détail troublant : aucun antécédent de violences conjugales ou intrafamiliales n’était connu les concernant. Pas de plainte, pas de signalement, pas de main courante. Sur le papier, rien ne laissait présager un tel passage à l’acte. Ce qui rend la question de la prévention encore plus complexe.

En revanche, Shamar Elkins n’était pas un inconnu de la justice. En 2019, il avait été arrêté pour détention illégale d’armes à feu et avait plaidé coupable. Un antécédent judiciaire qui, visiblement, ne l’a pas empêché d’avoir accès à une arme sept ans plus tard.

Course-poursuite et mort du tireur

Après avoir ouvert le feu dans les deux maisons, Shamar Elkins n’est pas resté sur les lieux. Il a volé un véhicule et tenté de fuir en direction d’une ville voisine. La police s’est aussitôt lancée à sa poursuite. La course-poursuite s’est terminée lorsque le suspect est sorti du véhicule, armé.

« Le suspect est sorti du véhicule avec une arme, et nos agents ont été contraints de le neutraliser », a déclaré le caporal Christopher Bordelon. Shamar Elkins a été abattu sur place. Il ne répondra jamais de ses actes devant un tribunal.

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Ce scénario — un homme armé qui tue ses propres enfants puis tente de fuir avant d’être rattrapé par la police — est devenu un schéma tragiquement récurrent dans les faits divers américains. Mais la violence de celui-ci, par le nombre de victimes mineures et leur âge, a provoqué une onde de choc bien au-delà de la Louisiane.

« La pire tragédie de l’histoire de cette ville »

Le maire de Shreveport, Tom Arceneaux, n’a pas mâché ses mots. Face aux caméras, il a qualifié cette fusillade de l’une des pires tragédies jamais survenues dans sa ville : « C’est peut-être la pire situation tragique que nous ayons jamais connue. C’est un événement terrible. Il est particulièrement marquant et éprouvant que les victimes soient toutes des enfants. »

Shreveport, ville d’environ 180 000 habitants dans le nord-ouest de la Louisiane, connaît un taux de criminalité élevé, mais un massacre familial d’une telle ampleur reste sans précédent dans son histoire récente. Huit enfants tués en une seule nuit. Le chiffre est difficile à assimiler, même pour des enquêteurs aguerris.

La maire de la ville, Tabatha Taylor, a lancé un appel à tous les professionnels de santé mentale disponibles pour venir en aide aux proches des victimes. Car derrière les huit cercueils, il y a des familles élargies, des camarades d’école, des voisins qui ont entendu les coups de feu. Un traumatisme collectif qui va marquer cette communauté pour des années.

Un énième drame qui relance le même débat

Aux États-Unis, les fusillades impliquant des enfants ne cessent de se multiplier. On se souvient de ce bébé de 7 mois tué par balle dans sa poussette à Brooklyn, ou de cette élève de 12 ans toujours hospitalisée après une fusillade au Canada. À chaque fois, le même effroi. À chaque fois, les mêmes questions sur l’accès aux armes.

Shamar Elkins avait un casier pour détention illégale d’armes. Il a pourtant pu commettre l’irréparable avec une arme à feu. Le fait qu’aucun signalement pour violences domestiques n’existait à son encontre complique encore le débat : comment détecter un individu sur le point de basculer quand rien, dans son dossier officiel, ne déclenche d’alerte ?

En Louisiane, l’accès aux armes reste l’un des moins restrictifs du pays. L’État ne requiert ni permis d’achat ni enregistrement des armes à feu. Une réalité législative qui, dans des cas comme celui-ci, se transforme en facteur aggravant. Un homme avec un antécédent judiciaire lié aux armes, en pleine crise personnelle, a pu se procurer de quoi anéantir sa propre famille en une nuit.

Ce dimanche matin à Shreveport, quand le soleil s’est levé sur les deux maisons cernées de rubans jaunes, il ne restait que le silence. Huit enfants qui ne se réveilleront plus. Deux mères entre la vie et la mort. Et une ville entière qui cherche à comprendre comment un père a pu devenir le pire cauchemar de ses propres enfants.

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