« Je devais avoir son accord pour aller aux toilettes » : Pendant 7 ans, cet ex-directeur de banque réduisait sa compagne en esclavage à Manosque

Un procès hors norme s’ouvre ce lundi 18 mai 2026 aux assises d’Aix-en-Provence. Un homme de 51 ans, directeur d’agence bancaire, est accusé d’avoir soumis sa compagne à sept années de terreur absolue. Viols aggravés, proxénétisme, actes de torture et de barbarie : les charges sont accablantes. Laëtitia, 42 ans, mère de quatre enfants et préparatrice en pharmacie, a décidé de témoigner publiquement. Son récit donne la mesure d’une emprise qui a dévoré sa vie entière.
Comment Guillaume B. a instauré une emprise totale dès 2015
Tout commence sur un site de rencontres. Laëtitia a 32 ans. Guillaume B., de neuf ans son aîné, se présente sous un visage rassurant. Très vite, sous couvert de jeux sadomasochistes, il impose un contrôle coercitif sur chaque détail de sa vie. Heure de lever, heure de coucher, vêtements, coiffure, maquillage : rien ne lui échappe. Même les appels téléphoniques sont filtrés, les réponses dictées mot pour mot.
« Je devais avoir son accord pour aller aux toilettes », raconte Laëtitia à franceinfo. Quand elle n’obtenait pas la permission, il la regardait « se faire dessus ». Elle devait l’appeler « maître ». Il l’a forcée à se faire tatouer une insulte sexuelle sur le bas-ventre. La nuit, il l’entaillait au cutter, la frappait avec une planche à découper, lui brûlait la peau avec sa cigarette. Elle n’avait droit qu’à une nuit complète de sommeil tous les dix jours. Ce type d’emprise psychologique rappelle d’autres affaires qui ont secoué l’opinion publique ces dernières années.
Prostitution forcée, viols répétés : le calvaire de Laëtitia pendant 7 ans
Guillaume B. ne se contentait pas de violences conjugales. Il a rapidement contraint Laëtitia à se prostituer, la livrant à des dizaines d’inconnus rencontrés sur des sites libertins. Parkings, voiture, domicile : les viols se répétaient partout. Même enceinte, elle n’a pas été épargnée. Les pratiques extrêmes qu’il lui a imposées — scatophilie, zoophilie — l’ont laissée incontinente et handicapée. Elle porte aujourd’hui un appareillage médical.
Pour maintenir son emprise, ce directeur d’agence bancaire maniait la menace avec précision. Perte de la garde des enfants, diffusion d’images intimes et dégradantes auprès de ses parents : chaque tentative de résistance se heurtait à un mur de terreur. Laëtitia vivait dans un isolement total. Personne autour d’elle ne soupçonnait quoi que ce soit. L’apparence de normalité sociale de Guillaume B. rendait l’horreur encore plus invisible, un mécanisme que d’autres victimes connaissent bien. Mais en avril 2022, un événement a tout fait basculer.
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Étranglée jusqu’à perdre connaissance : le jour où Laëtitia a brisé le silence
Certains combats publics donnent du courage à ceux qui souffrent en silence. En avril 2022, Guillaume B. étrangle Laëtitia jusqu’à la perte de connaissance. Cette fois, elle croit mourir. Pour la première fois en sept ans, elle se confie à une amie. L’alerte est donnée à la police. Moins de 24 heures plus tard, Guillaume B. est placé en détention. Il y est toujours.
Depuis son arrestation, l’accusé nie tout et affirme que Laëtitia était consentante. Il est désormais jugé aux assises d’Aix-en-Provence pour viols aggravés, proxénétisme et actes de torture et de barbarie. Laëtitia, elle, a refusé le huis clos. L’affaire des viols de Mazan et le courage de Gisèle Pelicot l’ont convaincue : la publicité du procès est un acte de résistance. « C’est pour reprendre le contrôle de mon histoire », explique-t-elle.
Sept ans de silence, puis un mot à une amie. Il aura suffi d’une phrase pour faire tomber un homme que rien ne semblait pouvoir atteindre. Ce procès, Laëtitia le veut ouvert, face au monde. Reste une question qui dépasse cette affaire : combien de victimes d’emprise attendent encore ce déclic, seules derrière des portes closes ?
- 19/05/2026 à 08:33Avril 2022 - mai 2026 : 4 ans de prison préventive ! ça c'est un SCANDALE ! Quelque soit l'horreur des crimes, on a droit à un jugement contradictoire dans un délai raisonnable. Pas 4 ans !
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