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Merguez, chipolatas, brochettes : le classement des supermarchés qui va changer votre barbecue cet été

Publié par Cassandre le 08 Mai 2026 à 13:05

Les beaux jours s’installent, les barbecues sortent du garage, et avec eux l’éternelle question : qu’est-ce qu’on met sur la grille ? Merguez, chipolatas, saucisses, brochettes… Les rayons des supermarchés débordent de références. Mais entre les promesses marketing et la réalité de ce qu’on avale, le fossé est parfois vertigineux. Le magazine 60 Millions de Consommateurs a justement passé au crible les produits phares du barbecue vendus en grande surface. Et les résultats ont de quoi vous faire reposer certains paquets dans le rayon.

Ce que 60 Millions de Consommateurs a vraiment analysé

Avant de foncer sur les résultats, il faut comprendre la méthode. Le magazine de l’Institut national de la consommation ne s’est pas contenté de goûter les produits. Composition nutritionnelle, liste d’additifs, qualité des matières premières, présence de contaminants, rapport qualité-prix : chaque référence a été décortiquée en laboratoire. Les tests couvrent plusieurs catégories de viandes destinées au barbecue — merguez, chipolatas, saucisses et brochettes — achetées dans les enseignes les plus fréquentées de France.

Lecture de l'étiquette d'une barquette de merguez en supermarché

Ce qui ressort en premier, c’est l’hétérogénéité massive entre les marques. Sur un même rayon, entre une merguez premier prix et une référence de marque nationale, la différence de qualité peut être spectaculaire. En termes de teneur en matières grasses, de présence de colorants, ou encore de quantité réelle de viande dans le produit, les écarts sont parfois du simple au double. Si vous pensiez que les faux aliments sains ne concernaient que les rayons bio, le rayon boucherie réserve aussi quelques surprises.

Merguez : la star du barbecue n’est pas toujours à la fête

C’est le produit le plus vendu pour les grillades en France. Chaque année, des millions de barquettes de merguez passent en caisse entre mai et septembre. Mais toutes ne se valent pas, loin de là. Dans son enquête, 60 Millions de Consommateurs a identifié des références où la teneur en viande réelle tombe sous les 60 %, le reste étant complété par du gras, de l’eau, des additifs et des arômes.

Certaines marques de distributeur s’en sortent étonnamment bien. Les merguez vendues sous la marque Lidl (Société Alsacienne de Saucisses) ont régulièrement tiré leur épingle du jeu dans les comparatifs, avec un bon ratio viande/gras et un prix très contenu. À l’inverse, plusieurs références premier prix affichent des listes d’ingrédients à rallonge, avec des colorants comme le carmin de cochenille (E120) ou le rouge de betterave pour donner cette couleur rouge vif qui n’a rien de naturel dans une saucisse.

Un point revient souvent dans les analyses du magazine : la présence de sulfites. Ces conservateurs, signalés par les codes E220 à E228, sont des allergènes reconnus. Or plusieurs marques en contiennent sans que l’étiquetage soit toujours limpide. Pour ceux qui suivent de près les marques de merguez à éviter, le constat se confirme d’année en année. Mais les merguez ne sont pas les seules à poser problème.

Chipolatas : le piège du « pur porc » qui ne dit pas tout

Passons à l’autre classique de la grille : la chipolata. Sur le papier, c’est un produit simple — de la viande de porc, du sel, des épices. En réalité, l’appellation « pur porc » n’impose aucune exigence sur la qualité du morceau utilisé. Certains industriels intègrent des parures grasses, ces chutes de découpe constituées quasi exclusivement de gras et de tissus conjonctifs.

Cuisson de chipolatas et merguez sur un barbecue dans un jardin

60 Millions de Consommateurs a relevé des taux de matières grasses allant jusqu’à 22 g pour 100 g dans certaines chipolatas. En comparaison, les meilleures références se situent autour de 12 à 14 g. L’écart représente presque le double de gras pour un produit vendu sous le même nom. Si vous surveillez votre équilibre alimentaire, c’est un détail qui compte.

Côté palmarès, les chipolatas de marques comme Fleury Michon et celles vendues chez Intermarché sous leur marque propre ont souvent obtenu de bonnes notes. Les chipolatas estampillées « Label Rouge » se démarquent aussi nettement, avec un cahier des charges plus strict sur l’origine et la qualité de la viande. En bas du tableau, ce sont les références à très bas prix des hard discounters qui accumulent les mauvais points, principalement à cause d’une teneur en viande maigre insuffisante.

Mais le vrai scandale, pour 60 Millions de Consommateurs, se cache peut-être dans une catégorie qu’on achète souvent les yeux fermés.

Brochettes et saucisses aromatisées : la face cachée du rayon

Les brochettes de volaille marinée, les saucisses aux herbes de Provence, les « spéciales barbecue » à la tomate… Ces produits premium en apparence sont souvent les pires élèves du classement. La raison est simple : la marinade et les aromates permettent de masquer une viande de qualité médiocre. Sous la sauce, difficile de voir que le morceau est gorgé d’eau ou gavé d’additifs.

Dans ses analyses, le magazine a retrouvé dans certaines brochettes de poulet marinées des taux de sel supérieurs à 2 g pour 100 g, soit déjà 30 % de l’apport quotidien recommandé dans une seule brochette. Certaines contenaient également des phosphates ajoutés (E450, E451), utilisés pour retenir l’eau dans la viande et gonfler artificiellement le poids du produit. En clair : vous payez de l’eau au prix du poulet.

Les saucisses « saveur » ne sont pas en reste. Celles aromatisées au fromage ou aux herbes affichent régulièrement des listes d’ingrédients de 15 à 20 composants. On est très loin de la saucisse artisanale. Si vous êtes attentif à ce que vous mettez dans vos assiettes, mieux vaut assaisonner soi-même une saucisse nature plutôt que d’acheter une version « tout prêt » bourrée d’arômes.

Le classement enseigne par enseigne

C’est la partie que tout le monde attend. En compilant les différents tests publiés par 60 Millions de Consommateurs sur les produits barbecue, un classement global des enseignes se dessine. Et il réserve quelques surprises.

En tête, Leclerc tire son épingle du jeu grâce à sa marque « Nos Régions Ont du Talent » qui obtient régulièrement de bonnes notes, aussi bien en merguez qu’en chipolatas. Le rapport qualité-prix est jugé excellent. Lidl confirme sa montée en gamme sur les produits carnés, avec des références qui rivalisent avec des marques nationales pour un prix inférieur de 20 à 30 %. Pour ceux qui cherchent aussi un barbecue à petit prix, l’enseigne allemande joue décidément la carte de l’été.

Rayon viandes barbecue en supermarché avec barquettes de saucisses

Carrefour se positionne dans le milieu du tableau. Ses produits « Filière Qualité Carrefour » sont bien notés, mais les premiers prix de l’enseigne plombent la moyenne. Même constat chez Auchan, où l’écart entre le haut et le bas de gamme est particulièrement marqué.

En bas du classement, les tests épinglent régulièrement certaines références vendues chez Casino et dans les magasins de hard discount non spécialisés. Les griefs récurrents : trop de gras, pas assez de viande, présence d’additifs controversés. Des rappels de produits pour contamination à la salmonelle ont d’ailleurs touché le secteur ces derniers mois, rappelant que la qualité sanitaire reste un enjeu majeur.

Les réflexes à adopter devant le rayon

Pas besoin de devenir expert en agroalimentaire pour faire de meilleurs choix. 60 Millions de Consommateurs donne quelques règles simples qui changent tout.

Première règle : retourner le paquet. La face avant est du marketing. La vérité est sur l’étiquette arrière. Cherchez la mention « teneur en viande » : en dessous de 70 % pour une merguez ou une chipolata, passez votre chemin. Les meilleures références dépassent les 80 %.

Deuxième réflexe : fuir les listes d’ingrédients à rallonge. Une bonne saucisse contient entre 5 et 8 ingrédients maximum. Si vous comptez plus de 12 composants, c’est un produit ultra-transformé déguisé en saucisse artisanale. Les adeptes d’une alimentation plus saine le savent : la simplicité de la liste d’ingrédients est souvent le meilleur indicateur.

Troisième conseil : le Label Rouge n’est pas qu’un logo. Sur les chipolatas et les saucisses, il garantit un pourcentage de viande maigre supérieur et l’absence de certains additifs. L’écart de prix (environ 1 à 2 € de plus par barquette) se justifie largement par la différence de qualité mesurée en laboratoire.

Enfin, et c’est peut-être le plus contre-intuitif : les produits les plus chers ne sont pas toujours les meilleurs. Certaines marques nationales très connues se font régulièrement dépasser par des marques de distributeur dans les tests comparatifs. Le prix reflète souvent le budget publicitaire, pas la qualité du boyau.

Ce que ça change pour votre prochain barbecue

La conclusion de 60 Millions de Consommateurs est claire : on peut très bien se faire plaisir au barbecue sans sacrifier la qualité de ce qu’on mange. Il suffit de savoir où regarder. Privilégiez les enseignes qui scorent bien en moyenne (Leclerc, Lidl), misez sur les labels qualité plutôt que sur les prix cassés, et prenez 30 secondes pour lire l’étiquette avant de jeter la barquette dans le caddie.

Pour accompagner vos grillades, pensez aussi à une feta allégée dans la salade plutôt qu’un fromage industriel, ou aux légumineuses en accompagnement pour un repas plus équilibré. Parce que le barbecue, c’est sacré — mais pas au point de manger n’importe quoi les yeux fermés.

Et si vous faites partie de ceux qui prennent leur alimentation de saison au sérieux, ce classement est probablement le meilleur investissement de lecture avant votre prochaine session grillades.

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