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Merguez de supermarché : 60 Millions de consommateurs épingle les marques à ne surtout pas mettre sur votre barbecue

Publié par Cassandre le 03 Mai 2026 à 13:46

Les beaux jours reviennent, les barbecues aussi. Et avec eux, l’incontournable merguez qui trône sur la grille. Sauf que toutes les merguez ne se valent pas — loin de là. Le magazine 60 Millions de consommateurs vient de passer au crible 12 références vendues en supermarché. Graisses, sel, additifs, qualité réelle de la viande : tout a été analysé en laboratoire. Et le verdict fait mal à certaines enseignes.

12 merguez décortiquées en labo : ce que les étiquettes ne disent pas

Pour ce test, la rédaction de 60 Millions de consommateurs ne s’est pas contentée de lire les emballages. Chaque référence a été pesée, mesurée et analysée en laboratoire. Composition réelle de la viande, taux de gras, présence d’additifs, recherche d’ADN d’espèces animales non déclarées : rien n’a été laissé au hasard.

Personne lisant l'étiquette d'un paquet de merguez en supermarché

Le résultat est sans appel : neuf merguez sur les douze analysées contenaient des additifs, principalement des conservateurs et des colorants. Des substances que la rédaction juge « néfastes sur la santé ». Si vous pensiez que votre paquet de merguez à 3 euros était un choix anodin, ces résultats pourraient bien vous faire changer d’avis. D’autant que certaines marques cumulent les mauvais points comme d’autres collectionnent les médailles.

En France, la réglementation est pourtant claire. Selon le code des usages de la charcuterie, les merguez véritables doivent contenir du bœuf, ou un mélange bœuf-mouton. Pas de porc, pas de fibres végétales, pas de morceaux de carcasse. Sur le papier, c’est simple. En pratique, les secrets de l’industrie agroalimentaire sont parfois bien moins reluisants. Et c’est exactement ce que ce test vient confirmer.

Du porc caché, des os et des fibres interdites : le cas Lidl

Parmi les révélations les plus marquantes du test, il y a le cas des merguez véritables Lidl L’Étal du boucher. Sur l’étiquette, rien de suspect. En laboratoire, c’est une autre histoire.

D’abord, la recherche d’ADN a révélé des traces de porc et de mouton dans des merguez censées ne contenir que du bœuf. Un problème de traçabilité qui pose question, notamment pour les consommateurs qui évitent le porc pour des raisons religieuses ou personnelles. Si vous achetez régulièrement de la viande chez Lidl, ce détail mérite votre attention.

Merguez analysées en laboratoire avec fragments d'os visibles

Ensuite, et c’est peut-être le plus dérangeant : les analystes ont trouvé neuf fragments d’os et de cartilage dans cette référence. Neuf. Cela révèle, selon 60 Millions de consommateurs, « un mauvais tri des parties non comestibles ». Autrement dit, le hachage a été fait avec des morceaux qui n’avaient rien à faire dans votre assiette.

Cerise sur le gâteau — si on peut dire — Lidl, comme Aldi Le Boucher St Clément, a aussi été épinglé pour la présence de fibres végétales interdites dans ses merguez. On est loin de la saucisse artisanale promise sur l’emballage. Cette référence Lidl finit logiquement en queue de classement, avec une note inférieure à 10 sur 20. Mais elle n’est pas seule dans cette zone rouge.

Les quatre marques qui arrivent en bas du classement

Au total, quatre références se distinguent par leurs mauvais résultats. 60 Millions de consommateurs pointe particulièrement du doigt :

• Les merguez véritables Lidl L’Étal du boucher
• Les merguez Cora
• Les merguez Carrefour Bio
• Les merguez fortes à la marocaine Socopa

Toutes affichent un score inférieur à 10/20. Pour un produit alimentaire destiné à finir dans nos estomacs, c’est un signal d’alerte sérieux. D’autant que les détails sur les graisses et additifs de ces références donnent le tournis.

Le cas de Carrefour Bio est particulièrement ironique. On achète du bio en pensant faire mieux. Et pourtant, cette référence se retrouve parmi les moins bien notées du panel. La preuve que le label bio ne garantit pas automatiquement un bon profil nutritionnel ni une composition irréprochable. Mais au-delà des notes globales, certaines marques posent des problèmes très spécifiques.

Trop grasses, trop pauvres en viande : Carrefour Simpl et Socopa dans le viseur

60 Millions de consommateurs s’attarde longuement sur deux gammes en particulier. Les merguez Carrefour Simpl et Socopa s’avèrent « pauvres en viande et trop grasses ». Un combo perdant pour le consommateur, qui paie pour de la viande et se retrouve avec du gras.

Pour Socopa, le constat va encore plus loin. Les analyses révèlent une présence excessive de collagène, proche de 30%, alors que le seuil imposé par le code de la charcuterie est fixé à 25%. Concrètement, qu’est-ce que ça change dans votre assiette ? Un excès de collagène signifie que la viande utilisée est de moindre qualité — des morceaux riches en tendons et en tissus conjonctifs plutôt qu’en muscle. Le résultat : une texture caoutchouteuse désagréable à la dégustation. Pas exactement ce qu’on attend d’une merguez grillée au barbecue.

Si vous vous intéressez à ce que contient réellement votre alimentation, sachez que certains aliments ultra-transformés inquiètent sérieusement les chercheurs. Les merguez bas de gamme entrent clairement dans cette catégorie. Et ce n’est pas le seul problème relevé par le test.

Ce colorant allergisant présent dans plusieurs marques

Autre point noir du classement : le carmin E120. Ce colorant rouge, d’origine animale (il est extrait de cochenilles), se retrouve dans plusieurs références testées. Les merguez Carrefour Simpl, Cora et Socopa en contiennent.

Grillades de merguez sur un barbecue dans un jardin

Pourquoi c’est un problème ? Parce que 60 Millions de consommateurs le qualifie d’allergisant. Le E120 peut provoquer des réactions chez les personnes sensibles, allant de simples rougeurs à des réactions plus sévères. C’est un additif autorisé, certes, mais sa présence dans des saucisses est loin d’être indispensable. D’ailleurs, certaines marques prouvent qu’on peut s’en passer totalement.

Ce constat rejoint d’autres enquêtes récentes. Les olives noires colorées artificiellement ou les ingrédients cachés dans les bouillons cube montrent que l’industrie agroalimentaire a souvent recours à des artifices que le consommateur ne soupçonne pas. La couleur appétissante de votre merguez n’est pas toujours naturelle.

Alors, quelles merguez acheter cet été ?

60 Millions de consommateurs ne se contente pas de dénoncer. Le magazine recommande de privilégier les merguez à liste d’ingrédients courte, riches en protéines et peu grasses. Le principe est simple : moins il y a de lignes sur l’étiquette, plus vous avez de chances de manger un produit correct.

Quelques réflexes à adopter devant le rayon :

Lisez la composition : si vous voyez E120, des fibres végétales ou une liste à rallonge d’additifs, passez votre chemin.
Vérifiez le taux de matières grasses : certaines références dépassent allègrement les 20%, ce qui est excessif pour une saucisse.
Regardez le taux de protéines : c’est un bon indicateur de la quantité réelle de viande. Plus il est élevé, mieux c’est.
Méfiez-vous du prix trop bas : une merguez à prix plancher a toutes les chances d’être bourrée de gras, d’additifs et de morceaux de moindre qualité.

Si vous organisez un barbecue cet été, autant le faire avec des produits qui méritent de passer sur la grille. D’autant que certains réflexes liés au barbecue sont déjà dangereux en eux-mêmes — inutile d’en rajouter avec des saucisses douteuses.

Et si le sujet de la qualité alimentaire en supermarché vous intéresse, sachez que 60 Millions de consommateurs a aussi classé les marques de distributeur de manière globale. De quoi faire ses courses avec un œil un peu plus averti. Parce qu’au fond, le meilleur barbecue, c’est celui où on sait ce qu’on mange.

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