Bientôt une pénurie de safran ? Les producteurs lancent l’alerte
Saviez-vous que la fleur qui donne le safran ne se développe que trois jours par an ? Une des raisons pour lesquelles c’est l’épice la plus précieuse et la plus chère au monde !
Malheureusement, ce condiment se fait de plus en plus rare en ce moment. D’après les producteurs dans le monde entier, cela pourrait même empirer dans les prochaines années. Pourtant, le safran fait partie des indispensables de nos boîtes à épices. Voici à quoi s’attendre et quelles sont les alternatives possibles !
Les producteurs de safran se plaignent !
Le site National Geographic a fait un séjour à Cachemire, en Inde, afin de mieux comprendre ce qui s’y passe. Cette région, que beaucoup considèrent comme le berceau du safran, produit une des meilleures épices du monde. Pour ses natifs, il ne s’agit pas d’un simple travail, mais d’une véritable tradition familiale !
Bhat, qui possède un immense champ, nous explique que cette épice est « un don de Dieu ». « Si l’intervention humaine dans la production de safran ne fonctionne pas actuellement, cela signifie que nous n’en sommes pas encore dignes et que nous devons nous changer nous-mêmes et changer le monde avant qu’il ne soit prêt à se développer à nouveau », dit-il.
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La raison derrière cette triste constatation est la faible récolte de l’année dernière. En fait, la vallée du Cachemire a produit de moins en moins de safran au cours des 20 dernières années. Les rapports officiels parlent d’une baisse d’environ 68 %. Cela suscite l’inquiétude chez les agriculteurs qui veulent assurer leur survie !
Les raisons de la baisse de la floraison !
Pour la plupart des gens, l’origine du safran réside dans le commerce et les échanges culturels avec la Perse. Mais les natifs de Cachemire affirment que deux saints soufis ont apporté et enseigné la méthode de culture. Parmi les exigences se trouvent le respect mutuel entre les hommes et surtout envers la nature.
D’après les scientifiques, le crocus à safran a besoin d’une atmosphère fraîche et sèche pour produire assez de bulbes. Ce qui rejoint la théorie traditionnelle à Cachemire, disant que la nature joue un rôle majeur dans sa production. Malheureusement, le réchauffement climatique met à mal les champs. C’est même pire en automne, au moment de la récolte !
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Au berceau du safran, les inondations torrentielles se produisent de plus en plus souvent. Il en va de même pour les épisodes de sécheresse. De sorte que les fleurs du crocus ont du mal à se développer. Pire, des animaux comme les porcs-épics sortent désertent les forêts en quête de nourriture. D’où la baisse notable de la production au fil du temps.
Quelles solutions pour sauver le safran ?
Pour remédier à tous ces problèmes, les agriculteurs embrassent l’innovation. Et ce, quitte à se lancer dans un domaine qu’ils ne connaissent pas. « Certains agriculteurs et experts adoptent la culture en intérieur et en environnement contrôlé pour rendre la production de safran plus résiliente », dit une autre native de Cachemire.
Avant d’ajouter : « Dans d’autres régions [qui n’ont pas les moyens d’acquérir des technologies coûteuses], les bulbes sont traditionnellement régénérés par tri manuel, rotation des cultures et en évitant les engrais chimiques et les pesticides, ce qui contribue à maintenir la fertilité des sols et l’équilibre écologique ».