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Darty victime d’une cyberattaque : 80 000 clients potentiellement concernés par une fuite de données

Publié par Killian Ravon le 12 Fév 2026 à 17:30

Cyberattaque Darty : l’enseigne a prévenu une partie de ses clients après un accès non autorisé survenu chez l’un de ses prestataires. Environ 80 000 personnes ayant utilisé l’outil de prise de rendez-vous pour concevoir une cuisine seraient concernées. Avec des données suffisamment précises pour nourrir des arnaques “sur mesure”. Selon 01net, Darty affirme que les mots de passe et les informations bancaires n’ont pas été dérobés. Mais appelle tout de même à la vigilance face au phishing.

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« Cyberattaque Darty : logo Darty sur une enseigne, cadenas au premier plan et alerte phishing sur un écran »
Après la cyberattaque, Darty appelle à la vigilance face aux tentatives de phishing visant les clients.

Derrière cette affaire, un scénario devenu tristement familier se dessine. Une chaîne de sous-traitance, un outil métier ciblé. Puis des informations personnelles qui peuvent se retrouver exploitées pour tromper les victimes. Et quand les données volées racontent déjà une partie de votre vie. Votre adresse, votre budget, votre projet d’aménagement — la fraude peut devenir nettement plus crédible.

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Fnac Darty
Des locaux Darty, alors que l’enseigne alerte ses clients après une fuite de données. Crédit : Chabe01.
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Ce que Darty reconnaît et ce que contiennent les données

Tout part d’un “incident de sécurité” touchant un prestataire. Via un accès non autorisé à des données hébergées chez ce dernier. Darty indique que l’outil visé concerne la gestion des rendez-vous pour la conception de cuisines, ce qui limite le périmètre… Mais pas forcément les risques pour les personnes. D’après les informations relayées par 01net, environ 80 000 clients seraient concernées.

Dans le détail, les données compromises ne s’arrêtent pas à une simple fiche contact. Le même article évoque l’état civil et les coordonnées classiques (nom, prénom, adresse postale, e-mail, téléphone). Mais aussi des éléments liés au projet. Typologie du logement, fourchettes de budget. Ou encore informations sur l’électroménager prévu (à acheter ou à conserver).

Un point est martelé par l’enseigne : aucune donnée de paiement et aucun mot de passe ne seraient concernés. Sur le papier, c’est rassurant, et cela réduit certains scénarios d’attaque directe. Pourtant, dans la vraie vie, ces informations “non bancaires” suffisent souvent à déclencher le pire : l’escroquerie par manipulation.

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Fnac Darty
Les attaques visant des enseignes connues alimentent souvent des campagnes de phishing. Crédit : Chabe01.

Pourquoi ces infos sont une mine d’or pour les arnaqueurs

Parce que le phishing moderne n’a plus besoin d’être grossier. Avec une adresse postale exacte, un numéro de téléphone et un projet “cuisine” bien réel. Un fraudeur peut se faire passer pour un service client, un installateur. Voire un “prestataire technique” qui voudrait “finaliser votre dossier”. En quelques phrases, il installe un contexte crédible, puis pousse vers une action : cliquer, payer un acompte. Transmettre un RIB, ou confirmer des informations sensibles.

Autre avantage pour les escrocs : ces données permettent de cibler les victimes au bon moment. Un projet cuisine s’étale parfois sur plusieurs semaines. Et l’attention est déjà mobilisée par des devis, des rendez-vous et des échanges d’e-mails. Cette “brèche dans l’attention” est exactement ce que recherchent les cybercriminels.

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Le groupe Fnac-Darty est également au centre d’une actualité capitalistique récente. Crédit : Groupe Fnac Darty.

Phishing : les signaux qui doivent alerter, surtout après une fuite

Dans sa communication grand public. Darty rappelle régulièrement que le phishing consiste à imiter une marque ou un service pour récupérer des informations confidentielles. Souvent via un lien ou une pièce jointe piégée. L’enseigne explique notamment qu’un message frauduleux peut viser l’argent, l’accès à un compte ou l’installation d’un logiciel malveillant.

Après une fuite comme celle-ci, le danger principal n’est donc pas “le piratage de votre carte” en direct. Mais l’enchaînement : un mail crédible, puis un faux conseiller, puis une demande de paiement “urgent”. Ou de vérification bancaire. La mécanique marche d’autant mieux que le message contient des détails vrais, impossibles à deviner sans fuite préalable.

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Du côté des pouvoirs publics, l’ANSSI renvoie vers les bons canaux de signalement et rappelle que les violations de données relèvent de l’autorité de protection des données (la CNIL), tandis que les messages frauduleux peuvent être signalés via des plateformes dédiées (Signal Spam pour l’email, 33700 pour les SMS).

En France, une violation de données personnelles n’est pas qu’un sujet d’image. L’organisation concernée doit aussi répondre à des obligations : documenter l’incident, notifier l’autorité, et informer les personnes quand le risque est élevé. Sur Service-public.fr, la démarche de notification à la CNIL est formalisée et rappelle le cadre de la déclaration.

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Dans le cas de Darty, plusieurs articles indiquent que la CNIL a été alertée et qu’une plainte a été déposée. Même si l’attaque passe par un prestataire, l’entreprise reste comptable de la protection des données qu’elle fait traiter pour son compte. C’est précisément l’un des angles les plus sensibles de l’économie numérique actuelle : la sous-traitance augmente la surface d’attaque.

Renforcer la cybersécurité passe aussi par la prévention et la formation, pas seulement par des outils. Crédit : mikemacmarketing.

Ces fuites qui se multiplient : Darty n’arrive pas dans le vide

Difficile de parler de la cyberattaque Darty sans rappeler l’ambiance générale : la fuite de données est devenue un fait de société. Ces dernières années, plusieurs dossiers ont marqué les esprits parce qu’ils touchaient des millions de personnes, parfois via des prestataires ou des chaînes techniques complexes.

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Début 2024, les opérateurs de tiers payant Viamedis et Almerys ont subi une attaque ayant conduit à une compromission de données nécessaires à leurs missions. La CNIL a indiqué avoir été informée et a ouvert une enquête, en rappelant aussi les réflexes à adopter pour les assurés sociaux.

Autre exemple massif : France Travail. L’organisme a confirmé une cyberattaque et la CNIL a évoqué une fuite susceptible de toucher jusqu’à 43 millions de personnes, avec un risque d’exploitation illégale des données.

Même les opérateurs télécoms n’y échappent pas. Cybermalveillance.gouv.fr a publié une mise au point sur la violation de données chez Free fin 2024, en détaillant risques et recommandations, tandis que la CNIL a, depuis, sanctionné l’opérateur pour des défaillances de sécurité liées à cette affaire.

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Un timing délicat pour Fnac-Darty, en pleine actualité capitalistique

L’annonce de Darty intervient alors que le groupe Fnac-Darty est scruté pour d’autres raisons. Fin janvier 2026, Daniel Kretinsky a lancé une OPA sur Fnac Darty, avec une opération présentée comme un moyen de prendre le contrôle du groupe. Le Monde évoque un contexte où cette prise de contrôle pourrait aussi contrer l’influence grandissante de JD.com, devenu un acteur indirect via sa montée au capital de Ceconomy.

Évidemment, une fuite de données n’a pas de lien mécanique avec une opération boursière. Pourtant, l’accumulation d’actualités sensibles met la pression sur la marque : confiance des clients, crédibilité du numérique, et capacité à sécuriser des parcours de vente toujours plus dématérialisés.

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Une fuite de données peut se transformer en arnaques, même sans mots de passe volés. Crédit : jaydeep_.

Et si le vrai problème était la “sécurité par défaut” trop souvent sacrifiée ?

À force de répétition, le même constat revient : la cybersécurité reste trop fréquemment traitée comme un poste “technique” qu’on optimise au minimum. Beaucoup d’entreprises investissent dans l’expérience client, l’automatisation, la data, mais laissent la sécurité suivre à la traîne, jusqu’au jour où un prestataire devient la porte d’entrée idéale.

Dans les faits, la plupart des attaques à grande échelle profitent d’erreurs humaines, de procédures trop souples, ou d’outils mal cloisonnés. Une base de rendez-vous peut sembler secondaire, sauf qu’elle contient des informations exploitables, et qu’elle sert de tremplin pour des arnaques ciblées. La fuite Darty illustre aussi une réalité : “pas de données bancaires volées” ne veut pas dire “pas de dommages”, parce que l’argent peut être soutiré ensuite, par manipulation.

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Former, prévenir, entraîner : c’est souvent moins spectaculaire qu’un nouvel outil, mais c’est ce qui fait baisser le risque au quotidien. Une culture de sécurité passe par des équipes qui savent reconnaître un comportement anormal, par des prestataires audités, par des droits d’accès limités, et par des scénarios de crise répétés avant l’incident. Les institutions publiques poussent d’ailleurs beaucoup cette logique de sensibilisation, et l’écosystème français propose des ressources de prévention accessibles au grand public.

Ce que les clients peuvent faire, sans céder à la panique

Changer ses habitudes n’efface pas la fuite, mais réduit les chances de tomber dans le piège. Sur les prochaines semaines, le bon réflexe est de se méfier des messages évoquant “un dossier cuisine”, “un remboursement”, “une validation”, ou une “mise à jour urgente”, surtout s’ils demandent un paiement ou des informations bancaires.

Garder la tête froide aide aussi : une enseigne sérieuse ne vous demandera pas vos codes, et un conseiller légitime acceptera toujours que vous rappeliez via un numéro officiel trouvé par vous-même. Enfin, en cas de doute sur un SMS, les dispositifs de signalement existent et permettent de casser une partie de la chaîne de diffusion.

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La nécessité d’agir avant l’attaque

La cyberattaque déclarée par Darty rappelle une vérité inconfortable : nos données circulent partout, et parfois là où on ne les attend pas, chez des prestataires invisibles. Même sans mot de passe ni carte bancaire, un simple mélange de coordonnées et d’informations de projet suffit à fabriquer des arnaques crédibles, et donc dangereuses. À l’échelle des entreprises, la réponse ne peut plus être uniquement “réactive” : la formation, la prévention et le contrôle de la sous-traitance doivent devenir des réflexes de base, pas des options.

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