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À 71 et 75 ans, ils se font flasher à 141 km/h au volant d’une 2CV sur une route de campagne

Publié par Cassandre le 09 Mai 2026 à 10:49

141 km/h. Sur une route de campagne. Dans une 2CV. Avec un couple de retraités de 71 et 75 ans à bord. Non, ce n’est pas le pitch d’une comédie française. C’est une histoire vraie qui a laissé les gendarmes aussi perplexes que le radar. Et quand on creuse un peu, l’affaire est bien moins drôle qu’elle en a l’air.

Le radar a affiché un chiffre que personne n’a cru

2CV saisie dans une fourrière de gendarmerie

Ce jour-là, sur un tronçon rural limité à 80 km/h, les gendarmes effectuent un contrôle de vitesse de routine. Rien de spectaculaire en vue. Jusqu’à ce qu’un bolide surgisse et fasse bipper le radar : 141 km/h. Soit près du double de la limitation autorisée.

2CV lancée à pleine vitesse sur une route de campagne française

Les agents s’attendent probablement à voir apparaître une berline allemande ou un SUV surpuissant. Mais non. Ce qui déboule sous leurs yeux, c’est une 2CV. La mythique Citroën, celle qu’on associe aux promenades dominicales et aux routes de campagne à 60 km/h, fenêtres ouvertes. L’information, relayée par la page Facebook CamRoute France, a immédiatement fait le tour des réseaux sociaux.

Et à son bord ? Pas des ados en quête d’adrénaline. Un couple de septuagénaires, 71 et 75 ans, visiblement décidés à transformer leur après-midi en course contre la montre. De quoi rappeler cet automobiliste de 74 ans flashé à 142 km/h en zone 30 au volant de sa Ferrari. Sauf qu’ici, le véhicule rend la scène encore plus surréaliste.

Le détail technique qui transforme le gag en affaire sérieuse

Parce que voilà le truc : une 2CV de série ne peut pas atteindre 141 km/h. C’est physiquement impossible. Sa motorisation d’origine plafonne aux alentours de 115 km/h — et encore, avec une descente favorable et le vent dans le dos. Au-delà, le moteur n’a tout simplement plus rien à donner.

Moteur modifié sous le capot d'une Citroën 2CV

Pour atteindre une telle vitesse, le véhicule avait forcément subi des modifications mécaniques. Et pas des petites retouches cosmétiques : on parle ici de transformations suffisamment profondes pour faire gagner plus de 25 km/h à une voiture conçue dans les années 1940 pour transporter deux paysans, un sac de pommes de terre et un panier d’œufs sur des chemins de terre.

Ces modifications rendent le véhicule non conforme à son homologation d’origine. Concrètement, la 2CV en question n’avait plus rien à faire sur la route. Ni à 80 km/h, ni à 50, ni même à 30. Un véhicule trafiqué dont le châssis, les freins et la suspension n’ont jamais été pensés pour encaisser de telles vitesses, c’est un projectile sans filet de sécurité. Et la question de la capacité de conduite avec l’âge ajoute une couche supplémentaire au débat.

Sur une route de campagne, 141 km/h ne pardonne pas

On peut sourire devant l’image d’une 2CV lancée comme un missile. Mais remettons les choses dans leur contexte. Une route limitée à 80 km/h, c’est généralement une départementale. Étroite. Avec des intersections, des virages, parfois un tracteur qui débouche d’un champ ou un cycliste sur le bas-côté.

À 141 km/h, la distance de freinage dépasse les 100 mètres sur route sèche pour un véhicule moderne avec ABS. Pour une 2CV — même trafiquée — dont le système de freinage date d’une époque où la sécurité routière n’existait pas en tant que concept, autant dire que s’arrêter relevait du miracle. Le temps de réaction humain, environ une seconde, signifie qu’à cette vitesse, la voiture parcourt près de 40 mètres avant même que le conducteur lève le pied.

Les usagers croisés ce jour-là n’avaient aucune chance de réagir face à un tel engin. Une situation comparable à celle de ce moniteur d’auto-école flashé à 207 km/h, où la vitesse transforme n’importe quel véhicule en danger mortel. Mais le cocktail d’une 2CV et de modifications artisanales rendait peut-être les choses encore plus imprévisibles.

Les gendarmes n’ont pas ri longtemps

Si l’histoire a fait sourire les réseaux sociaux, les forces de l’ordre ont eu une réaction nettement moins amusée. Le véhicule a été immédiatement immobilisé sur place, puis envoyé en fourrière. Pas de discussion, pas de passe-droit. Une 2CV trafiquée lancée à 141 km/h, ça se traite comme n’importe quelle infraction grave.

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Le couple a écopé d’une amende salée pour circulation d’un véhicule illégalement modifié. Mais ce n’est pas tout. Des poursuites pour mise en danger de la vie d’autrui ont également été engagées. Un chef d’accusation lourd, passible de prison, qui montre que les autorités ne considèrent pas du tout cette affaire comme une anecdote folklorique. Cela rappelle des contrôles routiers aux résultats stupéfiants où l’humour s’efface vite devant la gravité des faits.

La question des seniors au volant revient régulièrement dans le débat public. Ici, le sujet n’est pas tant l’âge des conducteurs que la combinaison explosive entre un véhicule rendu dangereux par des modifications non homologuées et une vitesse largement excessive.

Une subtilité juridique qui ne change rien au fond

Point de droit intéressant : la loi renforcée de 2026 sur les grands excès de vitesse ne devrait pas s’appliquer à ce dossier. La raison ? L’âge des protagonistes leur accorde un régime procédural spécifique. Une particularité du droit français qui crée un traitement différencié selon le profil de l’auteur de l’infraction.

Mais que personne ne s’y trompe : cette subtilité juridique ne change strictement rien à la gravité des faits. La mise en danger de la vie d’autrui reste caractérisée. La circulation d’un véhicule non conforme aussi. Et les conséquences auraient pu être tragiques pour n’importe quel usager croisé ce jour-là, comme le rappellent trop souvent les accidents causés par des vitesses excessives.

D’ailleurs, le débat sur la limitation de vitesse des véhicules prend ici une résonance particulière. Quand un véhicule conçu pour rouler à 80 km/h maximum est poussé à 141 km/h grâce à des bidouilles mécaniques, on mesure l’ampleur du problème.

La 2CV, symbole détourné

Il y a quelque chose de presque poétique dans cette histoire. La 2CV, c’est la France des années 50-60. Les routes de campagne, les pique-niques au bord de la Loire, la douceur de vivre. Pas les grands excès de vitesse et la fourrière.

Pourtant, le monde de la 2CV trafiquée existe bel et bien. Des passionnés modifient ces voitures depuis des décennies, y greffent des moteurs plus puissants, renforcent les transmissions. Certains le font dans un cadre légal, pour des rassemblements ou des circuits. D’autres, visiblement, prennent la route avec des engins qui n’ont plus rien à voir avec le véhicule d’origine — et sans aucune homologation.

Le résultat, c’est une voiture qui ressemble à un jouet mais qui roule comme un danger public. Les choix de véhicule pour les retraités font l’objet de recommandations régulières, et une 2CV gonflée à 141 km/h n’en fait clairement pas partie.

Cette affaire restera probablement dans les annales de la gendarmerie comme l’un des contrôles routiers les plus improbables. Mais derrière le sourire qu’elle provoque, il y a une réalité simple : à 141 km/h sur une départementale, dans un véhicule trafiqué sans aucune norme de sécurité moderne, le prochain croisement aurait pu transformer cette anecdote en drame. La route, comme le rappellent les gendarmes, ne fait de cadeau à personne. Ni aux légendes automobiles, ni aux septuagénaires pressés.

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1 commentaire

  • m
    mire
    09/05/2026 à 19:13
    bravo a l'age avancé une medaille s'impose ! comme la miene quand j'etais jeune passé aux mines sans probleme a la belle epoque

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