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En suivant son GPS pour une livraison Amazon, il finit sa course… dans la mer

Publié par Killian Ravon le 17 Fév 2026 à 10:56

Le livreur Amazon GPS pensait gagner du temps pour atteindre Foulness Island, au large de l’Essex. À la place, son itinéraire l’a mené sur le Broomway, une bande de vasières qui disparaît avec la marée. En quelques minutes, la « route » s’est refermée derrière lui, au point de le pousser à laisser le véhicule sur place, alors que l’eau montait.

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Passage submersible vers la mer avec une voiture immobilisée au loin (Crédit BBC)
La route disparaît sous l’effet de la marée, laissant un véhicule bloqué au bout de la digue. Crédit : BBC

L’histoire, repérée en France par L’Indépendant, a fait le tour des médias anglo-saxons, tant l’image d’un fourgon immobilisé au milieu d’un paysage marin frappe les esprits. Mais derrière la scène insolite, l’épisode rappelle aussi quelque chose de très concret : un GPS n’est pas un garde-fou, surtout face à des marées.

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Sur le Broomway, la vasière devient une « route »… jusqu’au retour de la mer. Crédit : Roger Jones.
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Une tournée « normale »… jusqu’au moment où la route devient un piège

Samedi, dans le secteur de Southend, à l’est de Londres, le livreur devait remettre un colis à destination de Foulness Island, une zone particulière, en partie liée à des installations du ministère britannique de la Défense. Pour s’y rendre, il a suivi les indications de son système de navigation, sans réaliser qu’il se dirigeait vers un passage que les locaux décrivent comme l’un des plus dangereux du pays.

Le GPS l’a orienté vers le Broomway, un chemin à découvert seulement à marée basse. Sauf qu’ici, il ne s’agit pas d’une route côtière comme une autre : on traverse des étendues de boue et de sable, avec des chenaux, des zones plus molles, et une mer qui revient vite. Résultat : la camionnette s’est embourbée, et la montée des eaux a transformé la situation en urgence.

D’après The Guardian, les occupants ont finalement quitté le véhicule et ont pu se mettre en sécurité. Les garde-côtes britanniques ont ensuite insisté sur le caractère inadapté du Broomway pour des véhicules et, plus largement, sur le risque de s’aventurer là sans préparation.

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L’entrée du Broomway : un paysage trompeusement calme, très dépendant des marées. Crédit : Roger Jones.

Le Broomway, un « chemin » de 6 miles qui ne pardonne pas l’erreur

Pour comprendre pourquoi l’affaire a autant marqué, il faut situer le décor. Le Broomway est un droit de passage ancien qui longe Maplin Sands sur environ 6 miles (près de 10 km), connu depuis des siècles. Il servait autrefois d’accès à l’île quand la mer se retirait, avant l’ouverture d’un pont routier dans les années 1920.

Sur le papier, ça ressemble à une traversée « à marée basse ». Sur le terrain, c’est tout l’inverse : la visibilité peut chuter, les repères disparaître, et l’eau remonter de façon à désorienter même des habitués. L’historique du lieu est lourd, avec de nombreux décès recensés au fil du temps, au point que l’endroit est parfois surnommé « Doomway » dans les récits locaux.

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Ce qui piège, c’est le mélange de facteurs. D’un côté, la marée recouvre progressivement le tracé. De l’autre, la boue et les chenaux ralentissent et immobilisent, exactement comme dans cette mésaventure. Ajoutez un itinéraire « optimisé » par un algorithme, et l’on obtient une décision qui paraît logique sur l’écran… mais dangereuse sur place.

Le parallèle français : au Passage du Gois, la mer dicte aussi l’horaire

En France, on a un exemple très parlant : le Passage du Gois, entre le continent et Noirmoutier (Vendée). Là aussi, la route est submersible, et son accès dépend strictement des horaires de marées. Quand tout va bien, la traversée est spectaculaire. Quand on se trompe, elle se transforme en course contre l’eau.

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Le Gois mesure environ 4,1 km et ne peut être emprunté qu’autour de la basse mer, sur une fenêtre limitée. Les autorités touristiques et locales rappellent qu’il faut consulter les horaires et que la chaussée peut être recouverte rapidement. Autrement dit, l’endroit est balisé et connu, mais le risque existe toujours si l’on se fie à son seul timing ou à une estimation trop optimiste. Dans cette zone, il arrive même que cette route de France soit totalement recouverte par les eaux.

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La comparaison avec le Broomway éclaire un point : ce n’est pas seulement une question de « bon sens » individuel. Les marées sont un phénomène prévisible, oui, mais elles punissent instantanément le moindre décalage, surtout quand un véhicule se retrouve ralenti, bloqué ou contraint de faire demi-tour. Et, dans ces cas-là, l’application de navigation ne voit pas l’eau arriver.

colis perdu Amazon actu
Les colis n’ont pas pu être livrés à temps. @canva
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GPS, applis et « raccourcis » : quand l’itinéraire le plus court devient le plus risqué

Ce fait divers remet en avant un classique : la confiance automatique dans les outils de navigation. Les cartes sont mises à jour, les trajets recalculés en temps réel, et pourtant, des situations absurdes continuent de se produire, parce qu’un GPS raisonne d’abord en réseau de chemins, pas en niveau de danger.

Sur Le Tribunal du Net, les exemples ne manquent pas. Un automobiliste s’était déjà retrouvé dans une ruelle si étroite qu’il avait fini par mobiliser les secours pour sortir son véhicule. Dans un autre récit, un conducteur racontait comment écouter ses indications l’avait mené droit à l’accident, preuve que la consigne la plus simple peut devenir la pire, selon le contexte.

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Ce que montre l’épisode du livreur Amazon GPS, c’est une variante plus brutale : l’environnement change plus vite que la décision humaine. Sur une route classique, on se trompe, on s’arrête, on fait demi-tour. Sur une chaussée submersible ou une vasière, hésiter trente secondes peut suffire à perdre la fenêtre de retour.

Au Passage du Gois, la mer et le vent peuvent recouvrir la chaussée : l’horaire de marée est crucial. Crédit : Marc Ryckaert.

Pourquoi ce type d’incident fait autant réagir

Si les images tournent autant, c’est qu’elles racontent quelque chose d’universel. Beaucoup de gens se sont déjà retrouvés à suivre une voix dans la voiture, presque mécaniquement, sans questionner le décor autour. Le contraste entre la technologie « sûre » et la réalité du terrain frappe d’autant plus quand il s’agit d’un livreur, donc d’un métier où le temps, la fatigue et la pression des tournées peuvent peser.

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Il y a aussi un facteur symbolique : la mer. Une voiture qui se plante dans la boue, c’est gênant. Un fourgon laissé face à la marée, c’est une autre histoire, parce qu’on comprend immédiatement que l’erreur ne se corrige plus facilement. En France, des scènes similaires existent, comme on peut le voir dans cette vidéo de véhicules emportés ou piégés près du littoral.

Enfin, ces affaires soulignent une responsabilité collective. Les applis ne sont pas toutes seules en cause, mais elles deviennent un maillon : un itinéraire proposé sans avertissement clair, une signalisation locale ignorée, et un conducteur qui n’a pas l’information « marée » au moment où il faut décider. Le résultat, lui, est très concret : une intervention, un véhicule à récupérer, et une frayeur évitable.

Amazon Livreur Accident
Une camionette de l’entreprise a décidé de prendre un bain de mer.
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Soyez toujours prudent

L’histoire du livreur Amazon GPS resté coincé sur le Broomway est insolite, mais elle n’a rien d’un simple gag : elle rappelle que certaines routes n’en sont pas vraiment, et que la mer impose ses règles. Le parallèle avec le Passage du Gois est évident : dans les deux cas, la fenêtre de circulation est réelle, mais fragile. Et face à une marée, l’écran du GPS ne remplace ni la signalisation, ni l’anticipation, ni l’idée la plus simple : si la route ressemble à un banc de sable, ce n’est probablement pas un raccourci.

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