Une femme blanche qui s’identifie comme noire reçoit des nouvelles concernant un cancer de la peau après avoir utilisé un appareil de bronzage
Elle avait fait le tour du monde en 2014 quand on avait découvert qu’elle était en réalité blanche, alors qu’elle se faisait passer pour noire depuis des années. Aujourd’hui, Rachel Dolezal — qui se présente sous le nom de Nkechi Amare Diallo — annonce avoir subi une opération après un diagnostic de mélanome de stade 1. Une ironie cruelle que les réseaux sociaux n’ont pas manqué de relever.

Un diagnostic qui la rattrape après des années d’exposition au soleil
C’est sur Instagram, devant ses 70 000 abonnés, que Rachel Dolezal a partagé la nouvelle. La personnalité controversée de 48 ans a révélé avoir récemment été opérée après la découverte d’un mélanome de stade 1. Un stade précoce, certes, mais suffisamment sérieux pour nécessiter une intervention chirurgicale.

Dans son message, elle décrit cette expérience comme un « rappel difficile mais salvateur de ce que des années de soleil — et une enfance dans une famille qui ne croyait pas à la crème solaire — peuvent provoquer avec le temps ». Une phrase qui en dit long sur les habitudes d’exposition au soleil qu’elle a entretenues pendant des décennies, notamment pour maintenir une teinte de peau plus foncée.
Le mélanome est la forme la plus grave de cancer de la peau. Il se développe à partir des mélanocytes, les cellules responsables de la pigmentation. Détecté au stade 1, il reste heureusement très opérable, avec un taux de survie supérieur à 95 %. Mais sans surveillance, il peut évoluer rapidement vers des formes bien plus dangereuses.
Adieu le bronzage, bonjour les gouttes autobronzantes au carotène
Conséquence directe de cette frayeur : Rachel Dolezal affirme qu’elle ne « s’allongera plus jamais au soleil ». Fini les séances de bronzage qui lui permettaient de foncer sa peau naturellement blanche. L’ancienne présidente de la section NAACP de Spokane (Washington) a trouvé une alternative : des gouttes autobronzantes liquides.

« Elles contiennent du carotène, et je sais qu’il existe une vieille tradition qui consiste à boire du jus de carotte et du jus de betterave, ce qui est censé stimuler la mélanine », a-t-elle expliqué. Le carotène est en effet un pigment photosynthétique présent dans les carottes et les patates douces. Ingéré en grande quantité, il peut donner à la peau une teinte orangée. Mais il n’a rien à voir avec la mélanine, le pigment naturellement produit par la peau humaine pour la protéger des UV.
En d’autres termes, Dolezal troque un risque avéré — les rayons ultraviolets — contre une méthode cosmétique qui lui permet de maintenir ce qu’elle appelle son « glow ». Une démarche qui, sur les réseaux sociaux, a suscité autant de soulagement pour sa santé que de consternation face à l’obstination de son personnage.
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Onze ans après le scandale, un personnage toujours aussi clivant
Pour comprendre l’ampleur des réactions, il faut revenir en 2014. Rachel Dolezal dirigeait alors la branche locale de la NAACP, la plus ancienne organisation de défense des droits civiques afro-américains, à Spokane. Tout le monde la pensait noire. Ses parents biologiques, tous deux blancs, ont fini par révéler la superchef aux médias, provoquant un séisme médiatique.
Dolezal n’a jamais fait marche arrière. Elle s’est déclarée « trans-Black », revendiquant une identité raciale différente de sa biologie, un concept qui reste vivement contesté. Ce positionnement, parfois comparé à du blackface sophistiqué, lui a valu d’être bannie de nombreux espaces militants. Elle a ensuite tenté de rebondir sur OnlyFans, où elle monétise son image controversée auprès d’un public de niche.
L’annonce de son cancer de la peau — une maladie qui touche majoritairement les personnes à peau claire, plus vulnérables aux rayons UV — a inévitablement relancé le débat sur la dimension corporelle de son imposture. Car le mélanome ne se soucie pas de l’identité que l’on se choisit : il frappe en fonction de la quantité de mélanine réellement présente dans la peau.
John Cena, autre figure touchée : le cancer de la peau ne fait pas de distinction
L’histoire de Dolezal résonne avec celle de John Cena, le catcheur devenu acteur, qui a lui aussi récemment témoigné de son combat contre le cancer de la peau. À 48 ans également, Cena a confié au magazine People avoir « négligé » la protection solaire tout au long de son enfance dans le Massachusetts, puis de sa vie de jeune adulte en Floride.
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Le résultat ? Deux interventions chirurgicales pour retirer des lésions cancéreuses : l’une sur le pectoral droit, l’autre près de l’épaule droite. « Ça ressemble à des petits pois blancs sur le côté de mon torse et sur mon épaule. Si vous regardez la WWE, vous pourrez les voir », a-t-il déclaré avec la franchise qui le caractérise.
Le témoignage de Cena, tout comme celui de Dolezal — bien que pour des raisons très différentes — rappelle un message que les dermatologues martèlent chaque été. L’exposition prolongée au soleil sans protection reste l’un des principaux facteurs de risque de cancer cutané. Les trois types les plus courants — carcinome basocellulaire, carcinome épidermoïde et mélanome — sont tous liés aux dommages causés par les UV.
Les bons réflexes pour protéger sa peau cet été
Le cas Dolezal, aussi atypique soit-il, est un rappel utile. Chaque année en France, environ 80 000 nouveaux cas de cancers de la peau sont diagnostiqués, dont plus de 15 000 mélanomes. Le nombre de cas a plus que triplé en trente ans, en partie à cause des comportements à risque face au soleil.
Les recommandations des spécialistes restent simples mais essentielles : appliquer une crème solaire d’indice 30 minimum toutes les deux heures, éviter l’exposition directe entre 12 h et 16 h, porter des vêtements couvrants et un chapeau, et surveiller régulièrement ses grains de beauté. Un grain de beauté qui change de forme, de couleur ou de taille doit amener à consulter un dermatologue sans tarder.
Le mélanome détecté tôt se soigne très bien. Détecté tard, il reste l’un des cancers les plus agressifs. Entre les gouttes autobronzantes de Dolezal et les cicatrices de Cena, le message est finalement le même : le soleil ne pardonne pas les années de négligence, quelle que soit l’identité que l’on revendique.