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« J’avais l’impression de transmettre la mort » : Andréa, séropositive et militante anti-VIH (vidéo)

Publié par Gabrielle le 10 Avr 2022 à 19:35
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Andréa Mestre est une jeune femme séropositive. Porteuse du VIH/Sida depuis 2014, elle est aujourd’hui pleinement épanouie et maman de trois petites filles. Mais il n’a pas toujours été simple pour la jeune femme de s’accepter et de faire face aux préjugés de cette maladie.

Désormais militante contre les discriminations et les stigmatisations liées au VIH/Sida, Andréa nous a partagé son histoire et son combat. Découvrez son interview exclusive pour le TDN dans la vidéo ci-dessous :

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Andréa Mestre, séropositive sans le savoir

Alors qu’elle est en couple, son petit ami de l’époque lui demande de faire des tests d’IST. Andréa accepte, persuadée qu’elle n’est porteuse d’aucune infection. Mais le test s’avère finalement positif et la jeune femme est au dernier stade du VIH : elle a le Sida. Lorsque le médecin analyse sa charge virale, il semblerait qu’Andréa ait contracté le virus environ 10 ans en arrière : « j’avais 12 ans et j’étais encore vierge » , explique-t-elle.

Andréa Mestre ne sait toujours pas de quelle manière elle a contracté le VIH. Elle n’exclut pas que ce soit l’un de ses anciens partenaires : « J’ai essayé de faire une enquête, ils étaient tous négatifs comme par hasard » . Alors qu’elle était déjà au stade Sida, elle « avait la maladie sans le savoir » mais aucun symptôme ne l’a véritablement inquiétée. « J’étais tout le temps fatiguée, j’avais des migraines, je maigrissais, j’avais des ganglions mais ça n’alarmait pas » , se souvient la jeune femme.

« J’ai entendu positif donc pour moi c’était bon. Puis quand j’ai compris, je me suis mise à pleurer, c’étaient des moments d’angoisses, de peur, d’incompréhension » , se remémore Andréa Mestre. Heureusement elle a pu compter sur le soutien de ses proches.

 

 
 
 
 
 
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Une mère de famille épanouie malgré les préjugés sur le Sida

Originaire de la Côte d’Ivoire, Andréa Mestre avait elle aussi de nombreux préjugés et se pensait hors d’atteinte du VIH : « On disait que c’étaient des hommes d’un certain âge, qui avaient des relations avec des travailleuses du sexe, des personnes homosexuelles ou des usagers de drogue » .

Lorsque son compagnon de l’époque apprend qu’Andréa est séropositive il ne la quitte pas mais la relation devient compliquée : « Il avait peur de moi » , confie la jeune femme. Pourtant, Andréa a désormais un traitement et la charge virale est indétectable, elle ne peut pas transmettre le virus : « Je me sentais mal, j’avais l’impression de transmettre la mort à quelqu’un » .

La jeune femme a souvent été confrontée aux préjugés sur le VIH. Elle entendait parfois des remarques ou des blagues sur cette maladie de la part de personnes qui ne savaient pas qu’elle était séropositive. Des paroles qui l’ont beaucoup blessée. Une amie de son ancien compagnon avait même écrit ce message : « Que vas-tu faire avec cette chose ? Tu préfères la mort à la vie » .

« Je vivais dans cette peur de ne pas rencontrer quelqu’un qui puisse accepter ce statut puisque c’est ce que j’entendais » , témoigne Andréa Mestre. Puis, elle a rencontré celui qui est aujourd’hui son mari et avec qui elle a désormais trois enfants. Contrairement aux idées reçues, le VIH n’a pas d’impact sur la possibilité de concevoir des enfants et sur les grossesses.

 

 
 
 
 
 
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Elle est devenue une militante anti-VIH

Il y a eu un long cheminement avant que Andréa Mestre accepte sa maladie : « D’abord il y a eu l’acceptation de mes proches qui ne m’ont pas rejetée puis j’ai rencontré quelqu’un qui voyait en moi une femme, une personne normale » . Devenir mère l’a également beaucoup aidée à se définir comme une maman, une femme et pas simplement comme une personne qui a le Sida.

« Il y avait pas quelqu’un qui me ressemblait. Je me suis demandé s’il y a des femmes aussi d’origine africaine, jeunes, qui ont pu construire une vie de famille et je n’en trouvais pas » , explique Andréa qui décide finalement de témoigner pour aider les personnes séropositives, mais aussi déconstruire les préjugés que peuvent avoir les séronégatifs.

« On peut vivre normalement avec une personne qui a le VIH, même être en couple et ça n’aura pas d’impact, on est comme tout le monde » , témoigne la jeune femme. Finalement la seule chose qui rappelle à la mère de famille qu’elle est séropositive, c’est son traitement.

Andréa Mestre a un blog Vivre Après qui explique comment vivre avec le VIH afin d’informer et de donner des conseils. Elle a également fondé le mouvement contre la sérophobie en Afrique (MCSA) afin de lutter contre les stigmatisations et discriminations liées au VIH. Vous pouvez suivre Andréa sur son compte Instagram : @joliespetiteschoses69.

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