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Avec deux ingrédients de cuisine, vos lys de la paix peuvent refleurir durablement

Publié par Killian Ravon le 17 Fév 2026 à 17:00

Sur le rebord d’une fenêtre, le lys de la paix (spathiphyllum) a souvent tout pour plaire : des feuilles vert sombre impeccables, un port élégant… et pourtant, seulement deux ou trois fleurs blanches sur l’année. Ce manque de floraison est généralement attribué à la lumière ou à l’arrosage, mais une autre piste circule depuis quelques semaines : recycler deux eaux de cuisson de la cuisine, une fois par mois, pour nourrir la plante en douceur. L’idée paraît simple, presque trop.

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Lys de la paix arrosé avec de l’eau de riz et de l’eau de cuisson de pommes de terre sur un plan de travail de cuisine.
Un spathiphyllum arrosé avec des eaux de cuisson recyclées (riz et pommes de terre), une astuce “engrais doux” à utiliser diluée et sans sel.

Derrière cette astuce, on retrouve un conseil popularisé en février 2026 par La Rédaction Jardin de L’Ami des Jardins (Maison & Travaux), qui cite notamment la jardinière Savannah Toal (Plant Savvy), relayée par le site britannique Express : conserver l’eau de rinçage du riz ou l’eau de cuisson des pommes de terre, les laisser refroidir, les diluer, puis les utiliser comme “engrais liquide doux” à la place d’un arrosage mensuel.

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Avant de verser quoi que ce soit dans le pot, un point mérite d’être posé calmement : un spathiphyllum fleurit quand plusieurs curseurs sont alignés (lumière indirecte suffisante, humidité, substrat, nutrition… et absence d’excès). L’eau de riz et l’eau de pommes de terre peuvent aider, mais elles ne remplacent pas à elles seules les bases. Pour ceux qui voient plus grand, sachez qu’il est aussi possible de transformer une petite Monstera en plante XXL avec quelques soins spécifiques.

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Spathe blanche et spadice du lys de la paix (spathiphyllum). Crédit : UshaJ.

Ce que le lys de la paix attend pour fleurir (et ce qui le bloque le plus souvent)

Dans la plupart des intérieurs, le premier frein reste la lumière. Le spathiphyllum tolère les coins plus sombres, mais à très faible luminosité il a tendance à faire des feuilles… sans produire de spathes. L’Arkansas Cooperative Extension résume bien le compromis : la plante survit en faible lumière, mais pour fleurir, elle doit être placée dans une zone “assez lumineuse pour lire un journal”, tout en restant à l’abri du soleil direct.

L’arrosage vient juste après, parce que le lys de la paix aime un substrat uniformément humide, sans détrempage. La Royal Horticultural Society (RHS) insiste sur une routine régulière et sur le fait que ces plantes préfèrent souvent une eau non “chargée” (plutôt eau de pluie quand c’est possible), avec un entretien simple comme essuyer les feuilles pour mieux capter la lumière ambiante.

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La nutrition, enfin, fait la différence sur la floraison. Beaucoup de propriétaires évitent l’engrais par peur de “brûler” la plante, et ils n’ont pas totalement tort : les spathiphyllums supportent mal les excès et l’accumulation de sels. Clemson recommande d’ailleurs des apports faibles, espacés (toutes les 6 à 8 semaines au printemps/été) et dilués à un quart de la dose.

Gros plan sur une fleur de spathiphyllum. Crédit : Yercaud-elango.

L’eau de riz : une “nourriture” douce, mais pas une potion magique

Pourquoi l’eau de riz revient-elle autant dans les conseils de jardinage ? Parce qu’elle emporte avec elle une partie de l’amidon et une fraction de nutriments solubles du grain, surtout quand on rince le riz avant cuisson. C’est précisément ce que met en avant l’article de L’Ami des Jardins : une eau de rinçage non salée, refroidie, puis diluée avant arrosage mensuel.

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En pratique, il faut garder la tête froide sur ce que cela apporte. Une publication scientifique (MDPI, 2021) note que l’usage de l’eau de lavage du riz comme fertilisant est “souvent affirmé”, mais que les preuves robustes manquent encore selon les cas et les contextes. Autrement dit : ce n’est pas absurde, mais ce n’est pas non plus un équivalent fiable d’un engrais équilibré.

L’intérêt réel, chez une plante en pot, peut se jouer ailleurs : une eau légèrement chargée en amidon peut nourrir une partie de la vie microbienne du substrat, et un tout petit apport régulier peut éviter la “famine” dans un terreau épuisé. Cette méthode rappelle comment un simple reste de cuisine peut relancer la floraison des orchidées.

Variété ‘Mauna Loa’ photographiée en extérieur. Crédit : Fuzzform.
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L’eau de pommes de terre : surtout utile si elle est… vraiment “nature”

L’autre eau mise en avant par Savannah Toal et reprise par Maison & Travaux, c’est celle des pommes de terre bouillies. L’argument : l’amidon et certains minéraux présents dans l’eau de cuisson, à condition qu’elle ne contienne ni sel, ni beurre, ni bouillon. La recommandation, là encore, est de laisser refroidir, de diluer, puis d’utiliser une fois par mois seulement.

Le point le plus important tient en un mot : zéro assaisonnement. Un spathiphyllum peut réagir très vite à une accumulation de sels dans le pot, avec des pointes brunes et un stress général. Les guides “classiques” de fertilisation, eux, rappellent justement la prudence : apports modestes, substrat rincé de temps en temps, et arrêt en période de repos.

Si votre eau de pommes de terre provient d’une casserole salée “comme pour la table”, mieux vaut l’oublier. Dans ce cas, vous gagnez plus à faire un arrosage à l’eau claire et à travailler la lumière et l’humidité qu’à tenter un recyclage risqué.

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Routine mensuelle : comment tester sans mettre la plante en difficulté

L’approche la plus raisonnable ressemble à un test encadré, pas à un nouveau rituel hebdomadaire. Une fois par mois, au printemps et en été, vous remplacez un arrosage par une eau de riz ou de pommes de terre, refroidie et diluée, puis vous reprenez la routine normale. La logique colle d’ailleurs avec les recommandations d’apports modérés sur la saison de croissance, que l’on retrouve chez plusieurs services de conseil horticole.

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Au moment d’essayer, la dilution protège votre substrat. L’Ami des Jardins parle d’un mélange moitié eau de cuisson, moitié eau du robinet propre, sans sel. Si vous avez déjà eu des pointes brunes ou une plante sensible, une dilution plus légère peut être plus prudente, surtout en pot petit ou très rempli de racines.

Observez ensuite les signaux. Une plante qui relance sa floraison ne le fait pas du jour au lendemain : la sortie d’une hampe puis l’ouverture des spathes demande du temps, et le résultat se voit souvent sur plusieurs semaines. À l’inverse, si vous observez une odeur de fermentation dans le pot, des moucherons, ou un substrat qui “colle”, stoppez et revenez à l’eau claire.

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Ce qui compte autant que l’“engrais” : lumière, humidité, et entretien du feuillage

Un lys de la paix qui ne fleurit pas mais reste très vert envoie souvent un message simple : “je vis, mais je n’ai pas assez d’énergie pour produire des fleurs”. Dans ce cas, le meilleur levier est souvent de déplacer la plante d’un mètre, pas de changer l’arrosoir. Une pièce lumineuse sans soleil direct, proche d’une fenêtre voilée, suffit parfois à relancer la dynamique.

L’humidité ambiante joue aussi, parce que le spathiphyllum est une plante tropicale. La RHS souligne son goût pour une atmosphère modérément humide, et beaucoup de foyers constatent que la plante se plaît dans une salle de bain lumineuse. Si l’air est sec, essuyer les feuilles et éviter les sources de chaleur directe améliore souvent l’aspect général.

Un dernier détail paraît banal, mais il change tout : des feuilles propres photosynthétisent mieux. C’est particulièrement vrai en hiver, quand la lumière se fait rare. Un chiffon humide, une fois de temps en temps, vaut parfois autant qu’un fertilisant maison.

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Spathiphyllum cultivé en intérieur (France). Crédit : JLPC.

Alors, l’astuce fonctionne-t-elle vraiment ?

Elle peut fonctionner, surtout si votre lys de la paix manquait simplement d’un petit apport nutritif en saison et que vous étiez trop prudent avec l’engrais classique. Le principe rejoint une idée largement partagée par les guides horticoles : fertiliser légèrement, pas trop souvent, et éviter les excès.

En revanche, l’eau de riz et l’eau de pommes de terre ne régleront pas un manque de lumière chronique, un pot saturé d’eau, ou un substrat épuisé depuis des années. La littérature scientifique disponible rappelle d’ailleurs qu’on attribue souvent beaucoup de vertus à l’eau de lavage du riz sans preuves solides et universelles. Considérez donc cette astuce comme un coup de pouce, pas comme une garantie.

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Si vous voulez tenter, faites-le proprement : pas de sel, pas d’assaisonnement, eau refroidie, dilution, et une seule fois par mois en période de croissance. C’est la manière la plus simple d’explorer l’idée… sans transformer votre pot en laboratoire.

Des astuces pour avoir des fleurs

Pour voir votre lys de la paix se couvrir de fleurs, l’astuce “cuisine” peut aider, mais elle marche surtout quand elle s’ajoute à des conditions cohérentes. Redonnez d’abord à la plante une lumière indirecte suffisante et une humidité stable, puis nourrissez-la avec légèreté. À ce rythme, les spathes blanches reviennent souvent là où on ne les attendait plus.

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