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Poubelle jaune : ce petit réflexe avec les pots de yaourt qui complique tout au centre de tri

Publié par Killian Ravon le 11 Jan 2026 à 12:53

Le tri des emballages a été simplifié ces derniers mois, et beaucoup de Français ont enfin le sentiment d’y voir plus clair.

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Main jetant un pot de yaourt dans la poubelle jaune, avec opercule séparé et boîte de conserve
Séparer pot, opercule et conserve avant de jeter : un petit réflexe qui facilite vraiment le tri.

Pourtant, une habitude très courante, souvent faite « pour gagner de la place », peut encore perturber tout le circuit. Et ce détail, que peu de gens connaissent, finit parfois par coûter cher… à tout le monde.

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Point de collecte avec bacs de tri pour verre, canettes et bouteilles, en extérieur, en journée
Un bac bien trié commence souvent par un geste simple, au moment de jeter.
Crédit : Dafadllyn / Wikimedia Commons (CC BY-SA)
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Quand le tri devient un casse-tête (même dans la poubelle jaune)

Trier, tout le monde est d’accord sur le principe. Dans la réalité, le geste du quotidien ressemble parfois à un mini parcours d’obstacles, surtout quand on se retrouve devant la poubelle jaune avec un emballage douteux entre les mains.

D’ailleurs, l’Ademe le rappelle : une partie des déchets retrouvés dans le bac destiné aux emballages n’a rien à y faire. Selon l’agence, environ 10 % de ce qui arrive dans ce bac n’est tout simplement pas au bon endroit.

Pendant longtemps, un exemple a cristallisé les hésitations : les pots de yaourt. Sales, petits, parfois avec un couvercle en métal ou en plastique… Beaucoup se demandaient s’il fallait les laver, ou même s’ils devaient aller au tri.

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La consigne a changé : aujourd’hui, ces pots peuvent être déposés dans le bac de tri, et sans avoir besoin d’être rincés au préalable. Sur le papier, c’est une bonne nouvelle : un doute en moins, un geste plus simple, et une logique plus fluide au quotidien.

Mais simplifier ne veut pas dire « tout faire n’importe comment ». Le tri reste une mécanique précise, et certaines pratiques, pourtant très répandues, peuvent encore perturber le système.

Bacs de recyclage colorés alignés, avec pictogrammes papier, verre et canettes visibles en façade
Quand les matières sont séparées, le tri derrière suit beaucoup mieux.
Crédit : epSos.de / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)
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Ce que les centres de tri attendent vraiment de nos gestes

Dans un centre de tri, tout est pensé pour traiter des volumes immenses, vite, et avec le moins d’erreurs possible. Les déchets arrivent en masse, sont convoyés, séparés, puis orientés vers les bonnes filières.

Le point clé, c’est que chaque matière suit ses propres filières de recyclage. Le métal d’un côté, le plastique de l’autre, le carton ailleurs. Et si ces matières sont mélangées, le tri devient immédiatement plus compliqué.

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Ce détail compte plus qu’on ne l’imagine. Car l’objectif n’est pas seulement de « sortir quelque chose du bac », mais de produire un recyclage de bonne qualité. Quand la matière est bien identifiée et bien séparée, elle peut être valorisée plus efficacement.

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À l’inverse, si les matières se retrouvent mélangées, le tri peut basculer dans un scénario beaucoup moins optimal. Non seulement cela complique le travail, mais cela peut aussi réduire la valeur et l’utilité de ce qui est récupéré.

C’est là que le geste du consommateur redevient central : dans une chaîne très automatisée, le moindre « petit arrangement » peut créer une vraie friction.

Canettes et emballages métal entassés dans un bac de recyclage, vue rapprochée sur la matière aluminium
Le métal a sa route, le plastique la sienne… et les mélanges coûtent cher.
Crédit : Tom Morris / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
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Pourquoi mélanger les matières peut tout faire dérailler

Beaucoup de gens pensent bien faire en « optimisant » leur sac de tri. On tasse, on compacte, on imbrique… et on se dit que ce sera plus propre, plus pratique, et qu’on gagnera de la place.

Sauf que, pour les opérateurs, l’imbriquement d’emballages peut devenir un casse-tête. Quand plusieurs matières se retrouvent ensemble, le tri mécanique doit composer avec un objet hybride qui ne correspond plus aux attentes de la chaîne.

Résultat : le tri devient plus complexe, donc plus coûteux. Et ce n’est pas seulement une question d’argent : cela peut aussi faire baisser la qualité du recyclage final. Le mélange peut contaminer un flux de recyclage et rendre la matière moins exploitable, voire inutilisable.

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Le problème, c’est que ce genre d’erreur ne saute pas toujours aux yeux au moment où l’on jette. Chez soi, cela semble anodin. Au centre, c’est une complication qui se répète des milliers de fois.

Et plus une mauvaise habitude se généralise, plus elle pèse lourd. D’autant qu’une partie du tri repose sur des outils qui ont besoin de « voir clair » pour être performants.

Intérieur d’un centre de tri avec convoyeurs et balles de déchets compactés, ambiance industrielle, vue large
Au centre de tri, tout est calibré pour reconnaître vite… et rejeter ce qui brouille la lecture.
Crédit : SIVADES / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
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Le mot d’ordre venu du Cher : « en séparant, c’est mieux »

Dans le Cher, du côté de Bourges, un slogan a justement été imaginé pour remettre l’accent sur ce point. L’organisme Citéo, qui accompagne les collectivités dans la valorisation des déchets, y a popularisé une formule simple : « Trier, c’est bien ; en séparant, c’est mieux ».

Derrière cette phrase, il y a une réalité très concrète. Dans les centres, des lecteurs optiques repèrent les emballages et aident à les orienter. Pour que cela fonctionne, il faut que l’objet présenté soit identifiable, et surtout qu’il ne « masque » pas une autre matière.

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Autrement dit, plus un emballage arrive « simple » et « séparé », plus le système a de chances de faire le bon choix automatiquement. Et plus on facilite ce repérage, plus on réduit les interventions manuelles, les erreurs et les refus.

C’est un peu contre-intuitif, parce que beaucoup associent le bon tri à un bac « bien rangé ». Au centre de tri, c’est souvent l’inverse : un bac moins « optimisé » à la maison peut être mieux traité à l’arrivée.

Et c’est précisément ce qui explique pourquoi certains gestes, très logiques dans une cuisine, deviennent contre-productifs une fois passés la porte du centre.

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Pot plastique transparent contenant un yaourt glacé, sur fond clair, illustrant un emballage alimentaire courant
Les petits emballages sont simples à trier… à condition de ne pas les “assembler”.
Crédit : National Cancer Institute / Wikimedia Commons

Les erreurs qui coûtent cher, jusque sur les chaînes

Le tri, ce n’est pas seulement une question de petits emballages. Un seul objet au mauvais endroit peut créer de gros soucis sur une chaîne industrielle. Et c’est aussi pour ça que les centres insistent autant sur la vigilance.

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À Bourges, Fabrice Berger, président du Tri INC (le syndicat qui gère le centre de tri), a déjà alerté sur ce qui peut être retrouvé dans le bac de tri : des pneus, des jantes, ou même d’immenses barres de fer. Dans un circuit conçu pour des emballages, ce genre d’intrusion peut faire de vrais dégâts.

Cela rappelle une chose : trier, ce n’est pas « jeter ailleurs ». C’est orienter correctement, pour éviter les blocages et préserver l’efficacité de la chaîne. Et parfois, l’erreur ne vient pas d’une mauvaise intention, mais d’un automatisme.

C’est justement là que se cache le piège le plus fréquent autour des yaourts. Beaucoup pensent gagner un peu de place en regroupant des éléments, ou en glissant un emballage dans un autre avant de le jeter. Mais ce geste mélange des matières qui, au centre, devraient être reconnues séparément.

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Et c’est seulement à ce moment-là qu’il faut retenir la consigne qui change tout : après avoir mangé votre yaourt, jetez le pot et son opercule séparément, sans les imbriquer, et ne glissez surtout pas le pot dans une boîte de conserve ou un autre emballage. C’est précisément ce réflexe « gain de place » qui complique le tri, augmente les coûts de tri, et peut dégrader le recyclage.