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Alerte jardin : un avertissement important pour tous ceux qui possèdent des arbres fruitiers

Publié par Killian Ravon le 10 Fév 2026 à 12:30

L’hiver donne l’impression que tout s’arrête au jardin, surtout quand vos fruitiers n’ont plus une feuille. Pourtant, c’est précisément sous l’écorce, dans les creux des branches et au pied de l’arbre que la saison suivante se prépare.

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Traitement d’hiver des arbres fruitiers : un jardinier pulvérise une huile de dormance sur des arbres nus en février.
En fin d’hiver, un traitement appliqué avant le débourrement aide à limiter œufs de pucerons, cochenilles et spores de maladies sur les fruitiers.

Même si vous n’avez que des arbres à cultiver en pot, un simple décalage de quelques semaines peut suffire à laisser repartir parasites et maladies dès les premiers redoux, au moment où vous ne pourrez plus intervenir sans risque pour les bourgeons.

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Un verger en dormance : c’est le moment où les parasites hivernants se cachent sous l’écorce. Crédit : Steve Groom.
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Ce que l’hiver cache sous l’écorce : parasites dormants et maladies en embuscade

Sous les apparences, beaucoup d’ennemis profitent de la dormance pour passer l’hiver “à l’abri”. Cochenilles, pucerons et certains acariens restent sur l’arbre, souvent sous forme d’œufs, de larves ou d’individus immobiles, dissimulés dans les crevasses de l’écorce. Au printemps, ils repartent d’un coup et s’installent sur les jeunes pousses, celles qui portent la floraison et donc la future récolte. C’est pourquoi il est crucial de savoir quels arbres fruitiers planter pour anticiper ces risques.

Les champignons, eux, jouent une autre partition mais le résultat est similaire. Pour la tavelure du pommier, l’inoculum primaire est largement lié aux feuilles mortes tombées au sol, qui produisent des spores libérées lors des épisodes pluvieux au printemps. Ramasser et gérer ces débris n’a rien d’un détail : c’est souvent la première “barrière” contre les contaminations de début de saison.

Le pêcher illustre bien ce timing serré. La cloque, due à un champignon (Taphrina deformans), n’est pas une maladie qu’on “rattrape” facilement une fois les symptômes visibles. Selon la FREDON, ce sont surtout les traitements d’hiver, positionnés avant et au tout début de l’ouverture des bourgeons, qui ont une efficacité.

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Avant que les bourgeons ne gonflent, l’hygiène du sol et des branches limite déjà la pression des maladies. Crédit : MarkBuckawicki.

Traitement d’hiver des arbres fruitiers : la fenêtre se referme autour de février

Le bon moment se joue entre deux étapes nettes : la chute complète des feuilles et le redémarrage végétatif. Quand les bourgeons gonflent et que la pointe verte apparaît, l’arbre entre dans une phase où il devient beaucoup plus sensible. Dans cette zone grise, les produits “huileux” utilisés en hiver peuvent abîmer les tissus jeunes si l’application arrive trop tard, ou si les conditions météo sont mauvaises.

Le mois de février n’est pas une date magique identique partout, mais c’est un repère utile. Dans de nombreuses régions, c’est le dernier créneau où l’on a encore des arbres réellement au repos, sans débourrement marqué. Dès que la végétation repart, la prudence domine : mieux vaut passer en mode surveillance et gestes mécaniques, plutôt que de “forcer” un traitement qui risque d’ajouter du stress.

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La météo compte autant que le calendrier. Un traitement d’hiver se fait par temps sec, sans vent, et surtout hors gel, en évitant les périodes où une forte baisse de température est attendue. Plusieurs services d’extension rappellent notamment d’éviter les applications trop proches d’un épisode de gel, car le risque de phytotoxicité augmente quand les conditions ne sont pas stables.

Avant de traiter, le “grand nettoyage” qui change déjà la donne

On pense souvent “pulvérisation”, alors que le premier gain se trouve dans ce que vous retirez du jardin. Feuilles mortes, fruits pourris tombés au sol, fruits restés accrochés et momifiés : tout cela sert de réservoir à spores et à infections de reprise. La FREDON rappelle d’ailleurs, pour la tavelure, l’intérêt de ramasser feuilles et fruits malades à la chute des feuilles afin de limiter la pression au printemps.

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Un autre geste simple améliore beaucoup la situation : brosser doucement l’écorce des troncs et des charpentières, sans blesser, pour déloger mousses, lichens et surtout les cachettes à parasites. Il est aussi temps de tailler ce qui doit l’être pour retirer ce qui peut abriter des ravageurs, même si mousses et lichens ne sont pas toujours un problème en soi.

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Profitez-en pour observer l’arbre de près. Une branche cassée, une plaie mal refermée, un chancre suspect : mieux vaut assainir et couper proprement, puis protéger si besoin, plutôt que de laisser une porte d’entrée au printemps. La taille d’hiver, quand elle est adaptée à l’espèce et au climat, permet aussi d’aérer la ramure et de réduire l’humidité stagnante, qui favorise beaucoup de maladies.

La taille et l’aération de la ramure réduisent l’humidité stagnante, favorable aux champignons. Crédit : State Government Photographer.
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Huiles, cuivre, badigeon : ce que font vraiment les traitements d’hiver

Les huiles horticoles agissent surtout par contact. Elles forment un film qui gêne la respiration et l’activité des ravageurs hivernants, notamment sur les cochenilles, pucerons et acariens qui passent l’hiver sur l’arbre. C’est une étape tout aussi capitale que celle de planter en novembre pour assurer la pérennité de vos végétaux.

Ce type de traitement a une contrepartie : le timing doit être propre. Les services d’extension insistent sur le fait que la phytotoxicité survient surtout quand les doses ou la période sont mal choisies, en particulier après le débourrement. Autrement dit, plus vous attendez, plus vous augmentez le risque de marquer l’arbre au moment où il repart.

Le cuivre vise surtout les champignons en prévention. Pour la cloque du pêcher, plusieurs ressources grand public et techniques convergent sur un principe : intervenir à la chute des feuilles, puis revenir en fin d’hiver au stade où les bourgeons gonflent, avant l’ouverture, car c’est là que la protection a le plus de sens.

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Fruit à la rosée du matin. Photo by lilizaeima

Si vous êtes “en retard” : quand il vaut mieux s’abstenir et passer en mode surveillance

Quand les bourgeons montrent déjà du vert, l’objectif change. Plutôt que de “rattraper” coûte que coûte un traitement d’hiver, il est souvent plus raisonnable de limiter les interventions à risque et de renforcer la surveillance. Même si la neige fait son retour tardivement, les applications proches du débourrement exposent l’arbre à des brûlures sur les tissus jeunes.

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À ce stade, les gestes mécaniques deviennent vos meilleurs alliés. Retirez systématiquement les feuilles ou fruits atteints quand ils apparaissent, coupez les rameaux clairement malades et améliorez l’aération de la ramure si elle est trop dense. En réduisant l’humidité et en supprimant les foyers, vous cassez une partie du cycle, même sans pulvérisation.

Gardez aussi en tête que tout ne se joue pas sur un seul passage. Une stratégie “propre” commence dès l’automne, se consolide en hiver et se poursuit au printemps avec l’observation. Si votre jardin est dans une zone très humide ou si vous avez déjà connu la cloque, la tavelure ou des attaques de cochenilles, notez-le : ce sont ces historiques qui doivent guider votre calendrier l’année suivante, plus que la date affichée sur un agenda.

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Arbre fruitier.
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Une différence qui se joue en hiver

Un verger familial productif, ce n’est pas seulement une question d’engrais ou d’arrosage en été. La différence se fait souvent en hiver, quand l’arbre est nu et que l’on peut agir sans toucher la future floraison, à condition de ne pas dépasser le stade où les bourgeons s’ouvrent. En combinant nettoyage, observation et traitement d’hiver des arbres fruitiers au bon moment, vous réduisez la pression des parasites et des maladies dès le départ, et vous mettez votre récolte dans les meilleures conditions.

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