Ouvrir ses fenêtres quand il pleut serait plus bénéfique qu’on ne l’imagine
La pluie tambourine, le ciel reste bas, et l’envie de tout fermer revient presque automatiquement. Pourtant, aérer quand il pleut est souvent le geste le plus utile pour éviter un intérieur lourd, humide… et parfois abîmé. Les recommandations officielles, elles, sont claires : l’air de nos logements mérite d’être renouvelé tous les jours, même quand la météo ne donne pas envie d’ouvrir les fenêtres durant l’hiver.
Fermer “pour se protéger de l’humidité” paraît logique, mais c’est une intuition trompeuse. Car l’humidité qui pose problème vient très souvent de nos activités quotidiennes : douche, cuisine, linge qui sèche, respiration. Et quand l’air stagne, ce cocktail finit par se voir… sur les vitres, les murs, et parfois dans l’odeur de renfermé.
Pourquoi ouvrir les fenêtres sous la pluie n’“invite” pas l’humidité
On imagine facilement que l’air extérieur, plus humide pendant une averse, va détremper l’intérieur. Dans les faits, ce qui compte, c’est l’équilibre entre humidité et température. Un air froid et humide, une fois réchauffé à l’intérieur, peut devenir relativement plus “sec” que l’air tiède déjà chargé en vapeur d’eau dans une pièce de vie. Résultat : une aération courte fait baisser l’humidité accumulée, au lieu de l’aggraver.
L’Agence de la transition écologique (ADEME) conseille d’aérer quotidiennement, y compris pour assurer sa protection contre l’air vicié, sur des séquences brèves, typiquement 5 à 10 minutes, souvent matin et soir. L’idée n’est pas de vivre fenêtres ouvertes, mais de renouveler rapidement l’air sans refroidir durablement les murs ni les meubles.
Ce point est important, parce qu’un logement “bien chauffé” peut malgré tout devenir un piège à humidité. Dès que la vapeur d’eau produite au quotidien n’est plus évacuée, la condensation apparaît. Et c’est souvent là que l’on commence à comprendre, un peu tard, que la pluie dehors n’était pas le vrai problème.
L’air intérieur : invisible, mais souvent plus chargé qu’on ne le croit
Quand on parle de qualité de l’air, on pense à l’extérieur. Pourtant, plusieurs organismes rappellent que l’air intérieur peut contenir de nombreux polluants : composés organiques volatils (COV) émis par certains meubles, peintures ou produits du quotidien, particules, et aussi des contaminants biologiques comme les moisissures ou les allergènes d’acariens.
Du côté de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), piloté scientifiquement par le CSTB, l’objectif est justement de documenter la pollution dans les lieux de vie à travers des campagnes de mesures. L’OQAI existe depuis le début des années 2000 et ses travaux s’inscrivent dans la durée, avec des partenaires publics (logement, environnement, santé).
Or humidité et pollution intérieure font souvent équipe. Plus l’air est humide et stagnant, plus certains problèmes deviennent probables : odeurs persistantes, sensations d’air lourd, et conditions favorables au développement de moisissure. Aérer régulièrement n’efface pas tout, mais réduit la concentration et casse ce “vase clos” qui s’installe vite quand on garde tout fermé plusieurs jours.
Le signe qui ne trompe pas : la condensation sur les vitres
Les vitres embuées au réveil, les gouttelettes qui reviennent après la douche, ou les coins de murs qui marquent, racontent souvent la même histoire. Le logement produit de la vapeur d’eau, mais l’évacue mal. La tentation, quand il pleut, est de ne pas ouvrir… et donc de laisser cette humidité “rester” là où elle est déjà. Pour éviter la buée, un nettoyage de l’air est indispensable.
Même si chaque habitation a ses particularités, l’idée générale reste simple : on ne “crée” pas l’air sec, on le fait circuler. Une aération brève mais franche renouvelle plus efficacement qu’une fenêtre entrouverte pendant une heure, surtout si cela permet un petit courant d’air.
Comment aérer quand il pleut sans transformer son salon en pataugeoire
Aérer quand il pleut ne veut pas dire ouvrir en grand pendant une tempête. En cas de pluie battante, de rafales ou d’orage, il est logique de patienter : l’eau peut s’infiltrer, et le vent peut claquer une fenêtre ou projeter la pluie à l’intérieur. La météo fixe parfois ses limites, et c’est du bon sens.
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Quand la pluie est “normale” ou intermittente, quelques réflexes changent tout. D’abord, regarder d’où vient le vent : ouvrir côté opposé limite les projections. Ensuite, privilégier une ouverture large sur un temps court pour renouveler l’air sans refroidir, plutôt que de laisser un filet d’air pendant longtemps. C’est plus efficace pour l’air, et souvent plus sûr pour les sols.
Dans les logements où l’eau a tendance à entrer par une fenêtre exposée, il reste possible de choisir des ouvertures plus abritées : vasistas, fenêtre de toit sous protection, ou pièce moins exposée pour lancer le renouvellement d’air. Et si quelques gouttes passent, un tissu absorbant placé au bon endroit évite de stresser pour trois traces d’eau. L’objectif, c’est de garder la main sur l’humidité, pas de “gagner” contre la météo.
VMC, chauffage, déshumidificateur : ce qui aide… et ce qui ne remplace pas l’aération
La ventilation mécanique contrôlée (VMC) est un pilier, surtout dans les pièces d’eau. Quand elle fonctionne bien et qu’elle est entretenue, elle extrait l’air humide là où il est produit. Ce point est souvent oublié, alors qu’une VMC encrassée ou mal réglée perd en efficacité et laisse l’humidité s’installer.
Le chauffage, lui, peut jouer un rôle paradoxal. Surchauffer n’assèche pas “magiquement” l’air : cela peut accentuer la sensation de confinement, et augmenter l’écart entre intérieur et extérieur, ce qui favorise parfois la condensation sur les surfaces froides. Si les vitres ruissellent, baisser légèrement la température et aérer brièvement peut être plus pertinent que pousser le thermostat.
Quant au déshumidificateur, il peut dépanner dans des situations ciblées (après un dégât des eaux, ou dans une pièce très problématique). Mais il n’a pas le même rôle que l’aération : il retire de l’eau, sans forcément renouveler l’air ni réduire certains polluants. Utilisé seul, il peut donner l’impression que “ça va mieux” alors que l’air reste chargé.
Le bon compromis les jours de pluie
Les recommandations de l’ADEME reviennent à une logique de routine : ouvrir tous les jours, peu de temps, mais correctement. Cinq à dix minutes suffisent souvent, surtout si vous ciblez les moments où vous produisez le plus d’humidité (après la douche, après avoir cuisiné, après le ménage). Cette régularité est généralement plus efficace que de “tout fermer une semaine” puis d’ouvrir longtemps d’un coup.
Autre point à garder en tête : l’air intérieur ne se dégrade pas seulement “quand il y a un problème visible”. Il se charge progressivement. C’est pour ça que la pluie, même si elle donne envie de cocooning, ne devrait pas vous enfermer dans un logement qui respire moins bien.
La pluie dehors, l’humidité dedans… ce n’est pas la même histoire
Fermer les fenêtres quand il pleut rassure, mais ce réflexe peut coûter cher à long terme si l’humidité s’accumule. Aérer brièvement, même sous un ciel gris, aide à évacuer la vapeur d’eau produite au quotidien, à limiter la condensation et à réduire une partie des polluants de l’air intérieur. Les recommandations officielles insistent justement sur cette simplicité : un geste court, régulier, et bien placé dans la journée.
La prochaine fois que la pluie s’invite, l’idée n’est pas de “vivre fenêtres ouvertes”. Il s’agit plutôt de reprendre le contrôle : quelques minutes suffisent souvent pour retrouver un air plus léger, et éviter que l’humidité ne s’installe là où vous vivez.
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