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Ce trait de caractère que seuls les enfants qui ont grandi devant Dragon Ball ont développé

Publié par Hannah Maline le 03 Avr 2026 à 8:23

Si vous avez grandi dans les années 80 ou 90, il y a de grandes chances que Vegeta, Piccolo ou Son Goku aient fait partie de votre quotidien. Ce que vous ne saviez peut-être pas, c’est que ces heures passées devant Dragon Ball n’étaient pas du temps perdu. Loin de là. La psychologie suggère que cet anime culte a forgé chez toute une génération un trait de caractère bien précis : une empathie plus nuancée que la moyenne.

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Quand la fiction façonne notre vision du monde

Enfant des années 90 regardant un anime à la télévision

On le sait, la culture qu’on absorbe pendant l’enfance laisse des traces profondes. Les livres, les films, les dessins animés : tout ce qu’on consomme entre 9 et 17 ans participe à construire notre grille de lecture du monde. Et pour des millions de gamins francophones, Dragon Ball et Dragon Ball Z faisaient partie du menu quotidien.

Ce qui rend cet anime particulier, ce n’est pas la puissance des combats ou les transformations spectaculaires. C’est la complexité morale de ses personnages. Contrairement aux dessins animés occidentaux de l’époque, où les méchants étaient méchants et les gentils étaient gentils, Dragon Ball proposait quelque chose de radicalement différent. Et ça, le cerveau des enfants l’a enregistré.

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Si le sujet de la nostalgie et de la perception du passé vous intéresse, ce biais psychologique des années 80-90 mérite aussi le détour. On comprend mieux pourquoi notre cerveau idéalise cette époque.

Vegeta et Piccolo : des « méchants » qui ont tout changé

Prenez Vegeta. Au départ, c’est un personnage terrifiant. Il détruit des planètes entières, classe les individus selon leur rang de naissance et affiche une arrogance sans limite. Sur le papier, c’est l’antagoniste absolu. Pourtant, au fil des épisodes, il s’allie à Son Goku pour protéger la Terre. Sans jamais renier ce qu’il est.

Piccolo suit un chemin similaire. Ennemi juré de Goku, il finit par devenir le mentor de Gohan, le fils de ce dernier. Mais ni l’un ni l’autre ne deviennent « gentils » au sens classique du terme. Ils restent ambigus, traversés par des motivations contradictoires. Et c’est exactement là que quelque chose s’est passé dans la tête des jeunes spectateurs.

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Ce n’étaient pas des méchants devenus bons grâce à un déclic magique. C’étaient des personnages situés dans une zone grise permanente, obligeant le spectateur à les analyser sous deux angles totalement opposés en même temps. Un exercice mental bien plus exigeant qu’il n’y paraît pour un enfant de 10 ans.

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Une empathie plus complexe que la moyenne, selon la théorie de Kohlberg

Une étude récente va dans le sens de la théorie du développement moral de Lawrence Kohlberg, célèbre psychologue américain. Selon ce cadre théorique, exposer des jeunes de 9 à 17 ans à des récits moralement ambigus favorise l’émergence de valeurs morales plus larges. En clair : ça pousse à développer une empathie qui ne s’arrête pas à « il est gentil donc je l’aime ».

Dragon Ball, par son écriture signée Akira Toriyama, contraignait ses lecteurs et spectateurs à essayer de comprendre les motivations de personnages dont les actes étaient parfois répréhensibles. Cette gymnastique mentale, répétée semaine après semaine pendant des années, a laissé une empreinte durable. Les enfants qui ont grandi avec cet anime auraient développé une capacité accrue à percevoir la nuance chez les autres.

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En matière de forces mentales transmises par les générations précédentes, chaque décennie semble laisser sa marque. Celle des années 80-90, visiblement, doit une partie de la sienne à un manga japonais.

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Gohan, ou comment questionner la notion de pouvoir

Jeune adulte pensif développant son empathie grâce à son enfance

Il y a un autre personnage clé dans cette équation : Gohan, le fils de Son Goku. Dès l’enfance, il se révèle extraordinairement puissant. Capable de surpasser son père dans certaines situations. Le scénario classique voudrait qu’il embrasse sa destinée de guerrier et devienne le héros ultime.

Sauf que Toriyama fait un choix narratif surprenant. En grandissant, Gohan délaisse le combat pour se consacrer à ses études. Il devient chercheur. Une évolution rare, presque unique dans ce type de fiction, où la puissance est habituellement présentée comme une fin en soi. Ce choix a subtilement questionné, chez des millions de jeunes spectateurs, la notion de pouvoir et la façon dont on décide de l’utiliser — ou non.

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À une époque où la psychologie décrypte nos comportements quotidiens, il est fascinant de constater à quel point un anime a pu influencer la construction morale de toute une génération.

Dragon Ball vs Disney : deux visions radicalement opposées

Pour bien mesurer l’impact, il faut replacer Dragon Ball dans le contexte culturel des années 80-90. À la même époque, Disney proposait des récits où la frontière entre le bien et le mal était limpide. Scar est mauvais, Simba est bon. Jafar est mauvais, Aladdin est bon. Pas de place pour le doute.

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Dragon Ball, lui, offrait un paysage moral bien plus nuancé. Un enfant qui regardait les deux se retrouvait exposé à deux visions du monde contradictoires. Et c’est précisément cette confrontation qui, selon les spécialistes du développement moral, enrichit la capacité d’analyse des plus jeunes. Les enfants exposés à des récits complexes développent des échelles de valeurs plus souples, moins binaires.

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Aujourd’hui, ceux qui ont collecté les cartes Dragon Ball dans la cour de récré seraient intéressés d’apprendre que certains objets cultes de cette époque valent désormais une petite fortune. La nostalgie a aussi un prix.

La nostalgie n’explique pas tout

Attention, il ne s’agit pas de dire que « c’était mieux avant ». Le cerveau humain a une fâcheuse tendance à embellir le passé. C’est lié à des mécaniques complexes de mémoire et à la relativité du temps vécu. Les premières expériences laissent une trace émotionnelle plus forte, ce qui nous pousse naturellement à idéaliser notre enfance.

Mais dans le cas de Dragon Ball, l’influence mesurée n’est pas une question de nostalgie. C’est une question d’exposition répétée à des dilemmes moraux sophistiqués pendant une période critique du développement. Que l’on regarde les techniques de communication positive d’aujourd’hui ou les travaux de Kohlberg des années 70, le constat est le même : ce qu’on consomme pendant l’enfance modèle notre façon d’interagir avec les autres à l’âge adulte.

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En résumé, si vous faites partie de cette génération qui a vibré devant le sacrifice de Vegeta face à Majin Buu ou pleuré en voyant Gohan exploser de rage face à Cell, sachez que ces moments n’ont pas juste marqué votre mémoire. Ils ont probablement façonné votre manière de comprendre les gens autour de vous. Pas mal, pour un dessin animé.

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