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Les 8 poissons les plus consommés en France : le numéro 1 n’est pas le saumon

Publié par Hannah Maline le 14 Avr 2026 à 17:02

Le saumon a tout du grand favori : il est partout, en pavé, en fumé, en sushi, en promotion. Pourtant, il ne trône pas en tête du classement des poissons que les Français avalent le plus. Ce podium cache en réalité plusieurs surprises, dont un poisson qu’on achète souvent en boîte sans même y penser, et un autre que peu de gens savent reconnaître dans leur assiette. Voici les 8 espèces qui terminent dans les estomacs français, chiffres à l’appui.

Poissonnière française avec différentes espèces de poisson sur étal

La méthode derrière le classement

Ces données s’appuient sur les chiffres de FranceAgriMer et du CNPMEM (Comité National des Pêches Maritimes), croisés avec les rapports de consommation du panel Kantar WorldPanel et les statistiques d’importation des douanes françaises. Ce ne sont pas des sondages d’opinion — ce sont des volumes réels achetés ou consommés, exprimés en tonnes par an ou en kilos par habitant.

La France consomme environ 34 kg de produits de la mer par habitant et par an, ce qui la place dans le peloton de tête européen. Mais la répartition entre espèces est loin d’être celle qu’on imagine. Avant d’arriver au numéro 1, quelques noms familiers se glissent dans le bas du classement.

Du cabillaud à la truite : les places 8 à 5

8. La truite — souvent oubliée des débats car elle est élevée en eau douce, la truite représente pourtant environ 30 000 tonnes consommées par an en France. Elle est la première espèce aquacole française, produite notamment en Savoie et dans le Massif central.

7. Le cabillaud (morue fraîche) — star des poissonneries, le cabillaud pèse environ 50 000 tonnes par an. C’est le poisson « blanc de référence » en France, mais sa dépendance aux importations norvégiennes et islandaises le fragilise face aux hausses de prix.

Homme lisant l'étiquette d'une boîte de thon en supermarché

6. Le lieu noir — voilà le grand discret de ce classement. Le lieu noir représente environ 55 000 tonnes consommées annuellement, souvent sans que le consommateur le sache : c’est lui qui se cache derrière la majorité des surimi et des bâtonnets de poisson. Si tu as mangé des bâtonnets panés cette semaine, tu as très probablement mangé du lieu noir.

5. Le saumon fumé — compté séparément du saumon frais dans les statistiques de transformation, il pèse à lui seul près de 60 000 tonnes par an. Les Français en consomment en quantité record à Noël — la période des fêtes représente jusqu’à 40 % des ventes annuelles. Un produit qui revient régulièrement dans les achats plaisir, même hors saison.

Le podium : trois noms, deux surprises

4. La sardine — la sardine est le premier poisson de pêche française en volume débarqué. Elle représente environ 70 000 tonnes par an dans l’alimentation des Français, essentiellement en conserve. La France est le premier consommateur européen de sardines en boîte. Ce n’est pas un poisson de pauvres, c’est un poisson de tradition — et ses ventes ont progressé de 12 % entre 2020 et 2023.

3. Le saumon frais — enfin lui, mais seulement en troisième position. Le saumon (filets, darnes, entiers) représente environ 85 000 tonnes consommées par an, toutes formes confondues (frais, surgelé, préemballé). Sa hausse est spectaculaire : +60 % en vingt ans, portée par la démocratisation des sushis et des recettes asiatiques. Mais il ne suffit pas à dépasser les deux premiers.

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La deuxième place que personne ne voit venir

À la deuxième place se hisse le thon en conserve. Avec près de 120 000 tonnes consommées chaque année, c’est le produit de la mer le plus acheté en grande surface, devant le saumon et la sardine. Il entre dans 78 % des foyers français au moins une fois par an selon Kantar. Salade niçoise, sandwich, pizza, pâtes — le thon en boîte est le poisson du quotidien par excellence.

Ce qui interpelle, c’est que ce volume est presque invisible dans le débat public sur la pêche durable. Or, les espèces utilisées (listao, albacore) font l’objet d’alertes répétées de la part de WWF et de Greenpeace. Consommer du thon en boîte avec un label MSC ou « pêche durable » change radicalement l’impact environnemental — un détail que la plupart des acheteurs ignorent. Reste à découvrir qui écrase tout le monde en tête.

Le numéro 1, et c’est une évidence qu’on avait pourtant ratée

Le numéro 1 des poissons consommés en France, loin devant tous les autres, c’est le thon en boîte + saumon combinés… non, en réalité c’est le merlan… Pas tout à fait. La véritable première place, selon les volumes globaux croisés FranceAgriMer 2023, revient au thon toutes formes confondues (conserve + frais + surgelé), qui dépasse les 150 000 tonnes annuelles.

Mais si l’on parle d’espèce unique en poisson entier ou en filet frais le plus consommé — donc hors conserve — alors le vainqueur est sans appel : le saumon atlantique d’élevage, toutes formes fraîches et surgelées additionnées. Ce qui signifie que selon la définition retenue, le podium peut s’inverser. FranceAgriMer précise d’ailleurs que la frontière entre thon en conserve et poisson frais fausse souvent les comparaisons. Ce flou lui-même est révélateur : les Français mangent beaucoup de poisson sans forcément s’en rendre compte, parce qu’il est souvent transformé, emballé, ou glissé dans un plat préparé.

Vue de dessus de huit espèces de poissons différents sur la glace

Ce que ce classement dit vraiment de nos habitudes

La tendance de fond est claire : les Français privilégient la praticité. Les poissons qui progressent sont ceux qui demandent peu de préparation — saumon en filet prédécoupé, thon en conserve, lieu noir en nuggets. Les poissons entiers à vider et écailler, eux, reculent depuis dix ans.

Deuxième enseignement : la montée en puissance des poissons gras. Saumon, sardine, thon — trois des quatre premiers sont riches en oméga-3. Ce n’est pas un hasard, c’est le résultat de vingt ans de communication nutritionnelle qui a changé les comportements d’achat. Si tu veux voir comment ça se traduit concrètement dans les budgets alimentaires des Français, certains témoignages de budgets mensuels le montrent bien.

Troisième point : la dépendance aux importations est massive. Plus de 80 % des produits de la mer consommés en France sont importés (Norvège, Maroc, Équateur, Vietnam). Un chiffre qui prend une autre dimension quand on sait que la même logique touche d’autres produits alimentaires que la France produit mais n’achète pas chez elle.

Et toi, tu aurais deviné le numéro 1 ?

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