Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Food

“Je suis chef étoilé” : les 3 produits que j’achète toujours chez Grand Frais

Publié par Killian Ravon le 16 Fév 2026 à 13:01

Quand un chef étoilé pousse un chariot chez Grand Frais, ce n’est pas pour « faire les courses » au sens large. Il y va pour trois familles de produits Grand Frais très précises, celles qui tiennent vraiment la route quand on a l’habitude des marchés de gros et des livraisons de producteurs. Le reste, il le laisse volontiers de côté.

La suite après cette publicité
Herbes fraîches, pièces de boucherie et champignons sauvages en avant-plan, avec le logo Grand Frais discret en arrière-plan.
Les trois familles de produits qui font la différence selon un chef exigeant : herbes en bottes, boucherie traditionnelle et champignons sauvages.

Derrière ce choix serré, il y a une logique professionnelle : en cuisine, l’assiette se gagne d’abord au moment du sourcing. Et dans une enseigne pensée pour le frais, certaines zones sont clairement mieux maîtrisées que d’autres.

La vidéo du jour à ne pas manquer
La rotation et la gestion des flux pèsent directement sur la fraîcheur, même côté fruits et légumes. Crédit : Myrabella.
La suite après cette publicité

Le regard d’un MOF : pourquoi le produit passe avant la recette

Le titre « Un des Meilleurs Ouvriers de France » n’est pas une simple médaille qu’on accroche au mur. L’examen, créé en 1924 et inscrit dans le Code de l’éducation, délivre un diplôme d’État de niveau 5 depuis la réforme de 2019, l’équivalent d’un BTS/DUT selon l’organisme officiel du concours.

Cette culture du détail change tout au quotidien. Un MOF ne « rattrape » pas un produit fatigué avec une sauce ou une cuisson appuyée : il évite surtout de l’acheter. C’est précisément pour ça que, dans un magasin comme Grand Frais, un chef très exigeant va repérer vite les rayons où la logistique et la rotation font la différence… et ceux où l’on est plus proche d’un supermarché classique.

Rungis reste la référence française quand on parle de volumes et de logistique du frais. Crédit : Antoaneta.
La suite après cette publicité

Grand Frais et l’effet « marché de gros » : ce qui peut vraiment jouer sur la fraîcheur

Grand Frais a bâti une partie de son image sur une mise en scène du frais : étals, métiers en rayon, volumes, réassorts visibles. Dans la pratique, certains dispositifs aident réellement à tenir des produits fragiles, à commencer par la brumisation (ou nébulisation) sur les fruits et légumes, censée limiter le dessèchement. Des médias grand public rappellent d’ailleurs que cette brumisation vise avant tout à préserver l’aspect et la fraîcheur, même si la question de l’hygiène de l’eau revient parfois dans les débats.

Pour un cuisinier, l’idée n’est pas de fantasmer un équivalent parfait de Rungis en magasin. En revanche, quand la rotation est rapide et que les produits sont correctement stockés, il devient possible de trouver des « lots » très réguliers sur des catégories précises. C’est exactement ce que décrit ce chef étoilé et MOF : chez Grand Frais, il vient « comme on va chez un fournisseur », mais uniquement pour trois achats qui supportent la comparaison.

Des herbes en bottes, fermes et parfumées, restent le choix numéro un des cuisines exigeantes. Crédit : Carole Raddato.
La suite après cette publicité

Premier achat : les herbes en bottes, quand elles sont vraiment vivantes

Son premier arrêt est presque systématique : les herbes aromatiques, mais pas n’importe lesquelles. Il ne prend que les bottes entières, non sous vide, avec des tiges encore souples et des feuilles qui ne marquent pas. Le but n’est pas seulement d’avoir du vert dans l’assiette : il cherche des herbes qui « tiennent » au toucher et qui sentent immédiatement, signe que les huiles aromatiques sont encore bien présentes.

La brumisation joue un rôle à cet endroit. Elle peut aider à garder la turgescence des feuilles et à éviter l’effet « herbe froissée » qui arrive vite sous lumière et air sec. En cuisine pro, ce détail est loin d’être cosmétique : une herbe fatiguée noircit, s’écrase et perd son parfum dès qu’elle touche un plat chaud. À l’inverse, une botte bien fraîche suffit parfois à finir une assiette au dernier moment, sans charger en sel ni en matière grasse.

Dans les faits, ce chef applique une routine très simple. Il regarde la couleur d’abord, puis la base des tiges, et il évite tout ce qui colle ou qui « mouille » trop. La légère humidité est normale, mais une botte détrempée devient vite un nid à feuilles abîmées au fond du bouquet. C’est aussi une question de logistique bien gérée en rayon.

La suite après cette publicité
Au rayon traditionnel, certaines pièces « à griller » se jugent immédiatement à l’œil et à la tenue. Crédit : Southern Foodways Alliance.

Ce que le chef évite dans ce rayon

Les sachets d’herbes prédécoupées l’intéressent beaucoup moins. Même quand ils dépannent, ils perdent souvent en texture et en puissance aromatique, parce que la coupe accélère l’oxydation et que l’emballage enferme l’humidité. Dans une cuisine professionnelle, on préfère presque toujours une botte entière, quitte à la laver, la sécher et la stocker correctement.

La suite après cette publicité

Deuxième achat : la boucherie traditionnelle, mais seulement sur certaines pièces

Le deuxième rayon « validé », c’est la boucherie traditionnelle… à condition de rester sur les morceaux où la qualité initiale se voit à la cuisson. Le chef vise surtout les pièces à griller ou à rôtir, parce que c’est là que la viande révèle immédiatement sa tenue : coloration, croûte, jus, mâche. Une viande bien choisie supporte une cuisson franche sans se rétracter de façon excessive, et elle garde un goût net.

Autre point important dans son discours : acheter nature. Il se méfie des marinades industrielles déjà prêtes, souvent trop salées, parfois sucrées, avec des arômes qui uniformisent tout. Dans sa logique, une viande doit d’abord « goûter la viande », puis on ajuste soi-même : sel, poivre, herbes, un corps gras, éventuellement un temps de repos. C’est plus long, mais c’est le seul moyen de contrôler l’équilibre final.

Le chef insiste aussi sur l’échange en rayon traditionnel. Un bon achat, ce n’est pas seulement une étiquette : c’est une discussion rapide sur l’usage prévu. Une pièce à rôtir ne se choisit pas comme une pièce à saisir, et un morceau persillé n’a pas le même comportement qu’un morceau très maigre.

À lire aussi

La suite après cette publicité
En vrac, le tri des champignons fait souvent la différence entre une poêlée parfaite et un plat détrempé. Crédit : George Chernilevsky.

La limite : tout n’est pas équivalent à un artisan

Même en rayon traditionnel, il n’idéalise pas. Les meilleures boucheries de quartier travaillent parfois des filières ultra ciblées, avec un niveau de traçabilité et de maturation qui dépasse ce qu’un magasin grand public peut proposer partout et tout le temps. Son arbitrage est donc pragmatique : Grand Frais, oui, quand la pièce est nette, bien présentée, cohérente avec la cuisson prévue et vendue au bon niveau de fraîcheur.

La suite après cette publicité

Troisième achat : les champignons sauvages en vrac, parce que le tri est décisif

Le troisième rayon, plus inattendu, concerne les champignons sauvages vendus en vrac : girolles, cèpes, morilles selon la saison. Là, le chef est catégorique : pouvoir choisir pièce par pièce change tout. Un champignon se dégrade vite, et deux barquettes identiques en apparence peuvent donner un résultat complètement différent à la poêle.

Son test est simple, mais très strict. Il refuse toute viscosité, surveille l’état des lamelles, cherche un pied ferme, et il se fie beaucoup à l’odeur. Un champignon doit sentir la forêt, pas l’humidité enfermée. À la cuisson, la différence se voit immédiatement : les beaux spécimens dorent, rendent moins d’eau, et gardent une mâche agréable.

Sur ce point, la logistique et la rotation comptent beaucoup. Quand les volumes partent vite, on limite la présence de champignons « fatigués » qui traînent plusieurs jours. Et dans un magasin où l’on peut sélectionner soi-même, le client attentif a un vrai avantage.

La suite après cette publicité

Pourquoi ces trois rayons, et pas le reste ?

Ce choix n’est pas un jugement global sur l’enseigne. Il ressemble plutôt à une règle de cuisine : on ne demande pas la même chose à tous les produits. Les herbes, la viande et les champignons sont des ingrédients où la fraîcheur et la tenue sont immédiatement mesurables, et où un défaut se voit sans filtre. À l’inverse, d’autres catégories sont plus variables, plus dépendantes des arrivages, ou moins intéressantes quand on travaille déjà avec des producteurs en direct.

Le chef le résume ainsi : Grand Frais peut être excellent… quand on y va avec une idée précise, et qu’on achète comme un cuisinier, pas comme un consommateur pressé. Dans son panier, il n’y a pas « un peu de tout ». Il y a trois achats qui font vraiment la différence, puis il ressort.

Les bons réflexes à garder si vous voulez copier la méthode du chef

Pour les herbes, il conseille de chercher des bottes denses, bien vertes, avec des tiges qui plient sans casser et des feuilles qui ne collent pas aux doigts. En rentrant, un rinçage rapide, un essorage doux et un stockage dans un papier légèrement humide peuvent prolonger la vie du bouquet.

La suite après cette publicité

Côté boucherie, il recommande de regarder d’abord la couleur et la fermeté, puis le persillage si vous visez une cuisson vive. Un dernier détail compte souvent : préciser votre cuisson au moment de l’achat, parce que cela oriente tout de suite le morceau et l’épaisseur.

Pour les champignons enfin, l’idée est de privilégier les spécimens mats, fermes et parfumés, en évitant tout ce qui brille de façon suspecte ou qui donne une sensation de glaire. À la maison, une poêle bien chaude et une cuisson par petites quantités restent le meilleur moyen de les saisir sans les « bouillir ».

Un panier court, mais cohérent

Le témoignage de ce chef étoilé et MOF dit quelque chose de simple : on peut trouver d’excellents produits en grande enseigne, mais pas au hasard. Sa méthode n’a rien de snob. Elle repose sur une sélection courte, une vérification rapide et une idée claire de l’usage.

La suite après cette publicité

En résumé, si vous voulez maximiser vos chances, retenez ces trois familles de produits Grand Frais : herbes en bottes, certaines pièces de boucherie traditionnelle, et champignons sauvages en vrac. Le reste dépendra de vos habitudes, de votre exigence… et de vos autres circuits d’approvisionnement.

Retrouvez plus d’article sur le même thème ici.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *