Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Maison

Fermer vos volets à 18h précises en mars est une erreur que beaucoup font sans le savoir

Publié par Killian Ravon le 25 Mar 2026 à 19:30

En mars, beaucoup de foyers reprennent le même réflexe : fermer les volets dès 18h pour garder la chaleur à l’intérieur. Le raisonnement paraît logique, surtout quand la facture de chauffage reste lourde. Pourtant, appliquer cette règle à heure fixe tout le mois peut faire perdre une partie d’un apport gratuit très utile : le soleil de fin de journée. C’est précisément pour cela que fermer ses volets en mars demande un peu plus d’observation que d’automatisme.

Publicité
Fermer ses volets en mars au bon moment pour préserver la chaleur sans perdre les apports du soleil
En mars, le bon réflexe n’est pas de fermer les volets à heure fixe, mais d’attendre la fin réelle des apports solaires pour mieux arbitrer entre confort, lumière naturelle et économies d’énergie.

Le vrai sujet n’est donc pas de savoir s’il faut fermer les volets tôt ou tard. La bonne question est plus simple : à partir de quel moment vos fenêtres cessent-elles d’apporter de la chaleur et commencent-elles à en laisser partir davantage qu’elles n’en gagnent. En mars, cette bascule change selon l’orientation, la météo, le vitrage et même la date dans le mois.

Des volets battants ouverts sur une façade claire, un cas typique où l’orientation et l’ensoleillement changent le bon moment de fermeture. Crédit : Ed g2s.
Publicité

Fermer ses volets en mars : un bon geste, mais pas à heure fixe

L’Agence de la transition écologique recommande de fermer volets et rideaux le soir pour limiter les pertes de chaleur. L’idée est connue, et elle repose sur un mécanisme concret : une fois le volet fermé, une lame d’air se forme entre le vitrage et l’extérieur, ce qui ralentit une partie des échanges thermiques. L’ADEME rappelle même que les volets fermés peuvent éviter jusqu’à 60 % de déperdition de chaleur au niveau des fenêtres.

Ce chiffre mérite toutefois d’être bien compris. Il ne signifie pas que fermer les volets fait chuter la facture globale de 60 %. Il concerne la part des pertes qui se joue au niveau des fenêtres. Or les fenêtres représentent, selon les estimations rappelées par la filière menuiserie à partir des données ADEME, autour de 10 à 15 % des déperditions d’un logement résidentiel. Le gain existe donc, mais il dépend du logement et n’a rien de magique.

Autre point important : le confort ne dépend pas seulement de la température de l’air. Le ministère de la Transition écologique rappelle qu’une paroi froide dégrade fortement la température ressentie. Une paroi à 14 °C dans une pièce à 19 °C peut donner une sensation proche de 16,5 °C. C’est pour cela qu’une fenêtre froide en soirée peut rendre une pièce désagréable bien avant que le thermomètre ne semble alarmant.

Publicité
Des façades en pierre aux volets bleus, utiles pour illustrer l’effet combiné de l’inertie du bâti et de la fermeture des ouvertures le soir. Crédit : Daniel CULSAN.

Pourquoi 18h n’a pas le même sens le 3 mars et le 30 mars

C’est là que le mois de mars change complètement la donne. Il ne ressemble ni à un vrai mois d’hiver, ni à un vrai mois de printemps. Les journées s’allongent vite. Et en 2026, la France passe à l’heure d’été dans la nuit du 28 au 29 mars, ce qui décale encore la lumière du soir. Après ce basculement, fermer les volets à 18h revient souvent à plonger une pièce dans l’ombre alors que le soleil peut encore apporter de la clarté, et parfois un peu de chaleur, sur une façade bien exposée.

Dans une pièce orientée au sud ou à l’ouest, la fin d’après-midi peut encore fournir des apports solaires non négligeables. C’est d’ailleurs l’un des points souvent oubliés dans les discussions sur les pertes thermiques : une fenêtre n’est pas seulement une zone de fuite, c’est aussi une zone de gain dès qu’elle reçoit le soleil. Cette réalité devient particulièrement visible à la mi-saison.

Publicité

Fermer à 18h pile tous les jours peut donc produire l’effet inverse de celui recherché. Vous réduisez peut-être un peu les pertes futures, mais vous coupez aussi l’arrivée d’une chaleur gratuite au moment précis où elle peut encore améliorer le confort. Et dès que la pièce s’assombrit, vous allumez plus tôt les lampes. Ce n’est pas dramatique, mais ce n’est pas non plus l’optimisation parfaite que promettent certaines astuces trop générales.

À lire aussi

Publicité
Un volet fermé sur un mur ancien en Provence, image parlante pour montrer l’intérêt du volet quand le vitrage commence à rayonner du froid. Crédit : Spencer Means.

Le bon repère n’est pas l’horloge, mais la fin des apports solaires

Pour trouver le bon créneau, il faut regarder deux choses en même temps : la température dehors et l’ensoleillement réel de la pièce. Tant qu’une baie vitrée au sud ou à l’ouest reçoit encore le soleil, fermer trop tôt peut être contre-productif. À l’inverse, sur une façade nord ou est déjà à l’ombre, le bénéfice d’une fermeture plus précoce peut apparaître plus vite.

Le type de vitrage compte aussi. Dans un logement ancien, surtout en simple vitrage ou avec des joints fatigués, la sensation de froid au bord des fenêtres tombe plus vite. Des solutions simples comme des rideaux épais, des joints ou un film de survitrage peuvent alors améliorer le résultat, en complément des rideaux.

Publicité

L’ADEME rappelle par ailleurs que la température recommandée dans les pièces de vie occupées reste autour de 19 °C. Elle souligne aussi qu’un degré de moins sur le chauffage réduit la consommation d’environ 7 %. Dans les faits, mieux conserver la chaleur autour des fenêtres peut justement éviter de compenser par un thermostat trop haut. Le bon moment pour fermer les volets n’est donc pas seulement une question de lumière, mais aussi une façon de stabiliser la température sans surchauffe.

Publicité
Une maison basse aux volets bleus en Bretagne, un exemple de façade où le vent et l’exposition peuvent avancer l’heure utile de fermeture. Crédit : Titus Tscharntke.

Comment décider chez vous, pièce par pièce

Une règle simple fonctionne mieux qu’une heure universelle. Si la pièce n’a plus de soleil direct, que le vitrage commence à refroidir nettement et que la température extérieure passe clairement sous la température intérieure visée, alors fermer les volets devient pertinent. À ce moment-là, le volet cesse d’être une privation de lumière et redevient ce qu’il est censé être : une barrière thermique d’appoint.

À lire aussi

Dans les chambres exposées au nord, une fermeture vers 17h30 ou 18h peut rester cohérente sur une grande partie du mois. Dans un salon orienté plein ouest, la logique peut être tout autre. Certaines soirées de fin mars autorisent très bien d’attendre 18h30, voire davantage, surtout après le changement d’heure. Ce décalage n’est pas un détail. C’est justement ce qui distingue un réflexe d’hiver d’un réglage intelligent de mi-saison.

Publicité

Les volets motorisés peuvent aider, à condition d’être programmés avec souplesse. Un scénario identique toute l’année ne colle pas à la réalité de mars. Une programmation saisonnière, ou simplement une fermeture différée selon les pièces, est souvent plus pertinente. Là encore, le bon usage des volets dépend davantage du contexte que de la promesse d’une heure miracle.

Une maison aux volets bleus dans un paysage breton, visuel de contexte pour un sujet sur la lumière naturelle et le confort intérieur en fin de journée. Crédit : Marie-Claire.

Ce que beaucoup oublient avant de blâmer les fenêtres

Quand une pièce paraît froide le soir, le réflexe est souvent de viser immédiatement les volets. Pourtant, l’inconfort vient parfois d’ailleurs. L’ADEME insiste aussi sur l’intérêt des rideaux épais, du traitement des infiltrations d’air et de la gestion de la température selon l’occupation réelle du logement. Un volet fermé aide, mais il ne compense pas une menuiserie très fatiguée, un coffre de volet roulant mal isolé ou un courant d’air permanent.

Publicité

C’est d’ailleurs pour cela que deux logements réagissent différemment à la même heure de fermeture. Dans une maison ancienne exposée au vent, 18h peut être déjà un peu tard. Dans un appartement traversant bien orienté, ce peut être trop tôt. Chercher une heure valable pour tout le monde revient donc à ignorer l’essentiel : le rôle du soleil, du bâti et de l’usage réel des pièces.

Et c’est là que se trouve la réponse que beaucoup attendent. Ce qu’il ne faut jamais faire en mars, ce n’est pas fermer ses volets à 18h en soi. C’est les fermer à 18h précises, machinalement, sans regarder si votre fenêtre est encore en train de vous offrir de la lumière et un peu de chaleur gratuites. La mauvaise idée, ce n’est donc pas l’horaire de 18h. C’est de croire qu’il peut convenir à tous les logements, à toutes les façades et à tout le mois de mars.

Retrouvez plus d’article sur le même thème ici.

Publicité

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *