Louis Vuitton dévoile une horloge Camionnette affichée à 650 000 €
Louis Vuitton continue d’élargir son territoire horloger avec un objet inattendu : une horloge de table en forme de camionnette miniature, directement inspirée de ses véhicules de livraison des années 1930. Présentée pendant la LVMH Watch Week 2026 à Milan, la Camionnette mêle nostalgie, artisanat et mécanique suisse.
Le concept intrigue parce qu’il ne cherche pas à “faire montre” au sens classique. Ici, l’idée est plutôt de transformer un morceau d’histoire de la Maison — ses livraisons de malles, ses adresses iconiques, son imaginaire du voyage — en sculpture fonctionnelle. Et, dans cette histoire, une version sertie de diamants fait grimper la note à un niveau rarement vu pour une horloge de table : 650 000 euros.
Un clin d’œil aux livraisons Louis Vuitton… version années 1930
Au départ, il y a un détail presque romanesque : au début des années 1930, Louis Vuitton livrait ses malles à ses clients depuis ses ateliers, notamment grâce à une Citroën AC4 de 1929. Près d’un siècle plus tard, l’enseigne reprend ce symbole logistique et le transforme en pièce d’horlogerie décorative.
La Camionnette ne copie pas une voiture moderne, ni même une supercar fantasmée. Elle va chercher dans l’esthétique utilitaire, celle des carrosseries simples et des codes de service, là où l’objet “travaille”. Ce choix n’est pas anodin : Louis Vuitton rappelle ainsi que son luxe est né de l’usage, du transport, de la robustesse, avant de devenir un marqueur culturel.
On retrouve aussi cette volonté de raconter une époque dans les détails. Selon L’Argus, les flancs affichent des adresses historiques de l’enseigne, comme un mini-inventaire patrimonial.
L’horloge Camionnette Louis Vuitton : une mécanique pensée comme un moteur
Visuellement, la pièce se présente comme une petite voiture dépourvue de capot. À la place du moteur, Louis Vuitton installe un affichage du temps : deux cylindres rotatifs qui indiquent l’heure. Le choix est malin, parce qu’il fait directement écho à la mécanique automobile, tout en restant lisible et ludique.
La marque annonce une combinaison de jaune Safran et de bleu Sybillin, ainsi qu’une construction en aluminium et acier pour la version “classique”. L’habitacle, lui, devient la vitrine technique : on y voit le balancier du mouvement, comme si le cœur de l’objet battait derrière le pare-brise de cette montre de table.
Le mouvement est un point central du projet. Louis Vuitton s’appuie sur L’Epée 1839, manufacture suisse spécialisée dans les horloges, avec un calibre conçu pour La Fabrique du Temps Louis Vuitton. Revolution Watch décrit ainsi un mouvement logé dans la cabine, avec l’affichage sur les cylindres situés à l’avant.
Une clé cachée dans… une malle Vuitton miniature
Là où l’objet se met à raconter une histoire, c’est au moment du remontage. La Camionnette se remonte manuellement grâce à une clé rangée dans une malle Vuitton miniature placée dans le coffre. Cette clé s’insère sous la calandre, comme une manivelle d’époque destinée à démarrer un moteur.
Ce dispositif n’est pas qu’un gimmick. Il impose un petit rituel, une interaction “à l’ancienne”, et il lie directement l’horlogerie au voyage : on ouvre une malle, on sort un outil, on remonte la pièce, on relance le temps. Louis Vuitton annonce une réserve de marche de huit jours, ce qui replace l’objet dans une logique d’horloge domestique haut de gamme, pensée pour durer et non pour être manipulée en permanence.
68 000 €… puis 650 000 € : quand la joaillerie change d’échelle
La première surprise, c’est déjà le prix du modèle standard : 68 000 euros selon L’Argus. On est dans le territoire de l’objet d’art, avec une fabrication artisanale et une mécanique spécialisée, mais cela reste “compréhensible” dans la logique des pièces de collection.
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Tout bascule avec la variante joaillière. Louis Vuitton propose une Camionnette mêlant métal doré et métal argenté, dont la calandre et les contours du toit (avec un guillochage évoquant le Damier) sont sertis de 1 695 diamants pour un total de 41,44 carats. Un diamant Monogram Star de 0,51 carat prend même la place du bouchon de radiateur, et 20 saphirs (dix orange, dix rouges) complètent l’ensemble.
Le chiffre final donne le ton : 650 000 euros, pour une série limitée à 15 exemplaires. Autrement dit, on n’achète plus seulement une horloge : on achète un volume de joaillerie, un savoir-faire de sertissage, et une rareté assumée.
Pourquoi Louis Vuitton mise sur ces “objets du temps” ?
Cette Camionnette arrive dans un contexte où la marque cherche depuis plusieurs années à affirmer une légitimité horlogère, notamment via La Fabrique du Temps Louis Vuitton. La LVMH Watch Week, organisée à Milan en 2026, réunit justement plusieurs maisons horlogères du groupe — dont Louis Vuitton et L’Epée 1839 — pour présenter des créations et leur savoir-faire à la presse et aux clients.
L’intérêt de l’horloge Camionnette, c’est qu’elle ne se bat pas sur le même ring qu’une montre-bracelet sportive ou qu’un classique trois aiguilles. Elle occupe un espace plus “collection”, plus décoratif, où Louis Vuitton peut raconter son ADN : le voyage, la malle, la route, les codes maison. Revolution Watch rappelle d’ailleurs que le camionnette est un symbole ancien, et évoque même une mise en avant lors d’expositions.
Il y a aussi une logique LVMH : le groupe met en scène ses maisons de haute horlogerie et de joaillerie dans un même calendrier. À Milan, ce rapprochement entre technique et image de marque se voit partout, et Louis Vuitton y place une pièce-pont, à la frontière de l’horlogerie, de l’orfèvrerie et du design.
Un objet spectaculaire, mais une stratégie assez lisible
La question, forcément, c’est : qui achète une horloge de table à 650 000 euros ? La réponse tient en trois mots : collection, image, rareté. L’objet coche toutes les cases d’un “statement piece” ultra-limité, destiné à des collectionneurs qui veulent du narratif, du travail manuel, et un objet immédiatement reconnaissable.
Pour Louis Vuitton, l’intérêt est aussi médiatique. Une horloge en forme de voiture miniature, avec une clé cachée dans une malle et un remontage façon manivelle, se raconte facilement. Cette direction artistique audacieuse, combinée au prix, crée le contraste et attire la curiosité.
En filigrane, la Camionnette dit aussi quelque chose de l’époque : le luxe ne vend plus seulement une matière ou un logo. Il vend un univers cohérent, capable d’aller de la maroquinerie à l’horlogerie, puis de basculer vers la joaillerie sans changer de langage.
Un objet de collection made in Louis Vuitton
Avec l’horloge Camionnette Louis Vuitton, la Maison transforme un souvenir de logistique en objet de collection, et pousse le concept jusqu’à la démesure avec une version joaillière à 650 000 euros. Le plus intéressant n’est peut-être pas le chiffre, mais la cohérence : tout — la malle miniature, la manivelle, le clin d’œil aux véhicules d’époque, la mécanique signée L’Epée 1839 — est conçu pour raconter le voyage, même posé sur une table.
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