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Hiver 2025-2026 : ce phénomène météorologique pourrait entraîner un froid extrême en France en février 2026, les experts alertent

Publié par Killian Ravon le 21 Jan 2026 à 11:11

La France vit un hiver en dents de scie, avec des parenthèses douces, pendant que le froid s’installe solidement sur l’Europe du Nord et la Sibérie.

Rue enneigée dans une ville française au crépuscule, souffle visible d’un passant emmitouflé, thermomètre givré indiquant un froid intense.
Froid continental et gel durable : une rue française sous la neige, avec un thermomètre recouvert de givre, symbole d’une vague de froid hivernale.

À l’approche de février 2026, certains scénarios météo évoquent un basculement possible. Mais entre signaux atmosphériques réels et emballement, où se situe la vérité ?

Paris sous la neige : une scène urbaine typique lors d’un épisode hivernal en Île-de-France. Crédit : Flickr/92673121@N00.
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Un contraste saisissant entre France « tempérée » et Nord déjà figé

À l’échelle de l’hémisphère Nord, l’hiver 2025-2026 ressemble à un jeu de dominos. D’un côté, la façade ouest de l’Europe a souvent gardé une influence océanique. De l’autre, les hautes latitudes ont connu des séquences très froides. En Scandinavie, des stations finlandaises ont approché la barre des –40 °C au cœur de l’hiver, selon des réseaux d’observation et des données publiées localement. Dans le même temps, la Sibérie orientale reste le grand réservoir d’air glacial de la planète en saison froide, avec des valeurs capables de descendre vers –50 °C, voire moins, selon les secteurs et les épisodes.

Ce contraste compte, car il nourrit une idée simple : si la circulation atmosphérique « ouvre la porte » vers l’est, l’Europe de l’Ouest peut, à son tour, se retrouver sous influence continentale. Ce n’est pas automatique. Cependant, l’ampleur du froid stocké sur les continents augmente le potentiel de sévérité d’une vague de froid si le flux s’aligne dans le bon sens.

Pour la France, la prudence s’impose d’autant plus que les tendances saisonnières ne sont pas des prévisions au jour le jour. Météo-France, dans ses tendances pour décembre 2025 à février 2026, évoque un signal global plutôt orienté vers des températures supérieures aux normales, tout en rappelant que des épisodes froids restent possibles, même dans un hiver globalement plus doux.

Neige à Paris : l’avenue de l’Opéra blanchie, illustration d’un froid durable en milieu urbain. Crédit : Jastrow.

L’anticyclone russe : pourquoi un « blocage » change tout

Le cœur des spéculations actuelles, c’est la mécanique des blocages. Un anticyclone puissant à l’est ou au nord-est de l’Europe peut agir comme une barrière. Il repousse les perturbations atlantiques, limite l’arrivée d’air doux et humide, et favorise un flux de nord-est à est. Autrement dit, il peut transformer une France habituée aux redoux rapides en pays exposé à un froid plus sec, plus durable et parfois plus mordant la nuit.

C’est là que naissent les scénarios de « froid extrême ». Un blocage solide ne produit pas forcément des records absolus, mais il peut installer un gel plus généralisé. Il peut aussi augmenter le risque de « gel permanent » sur certaines régions si l’ensoleillement reste faible, si l’air demeure continental et si la neige s’invite au sol. Dans ce cas, la neige devient un isolant : elle ralentit le réchauffement diurne et entretient les basses températures près du sol.

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Les conséquences, elles, sont très concrètes. Un froid durable tend les réseaux d’énergie et augmente la consommation. Lors de la vague de froid de février 2012, la France avait déjà battu un record de consommation électrique, rapporté notamment par la presse nationale et confirmé à l’époque par les acteurs du système électrique. Le froid met aussi en difficulté les infrastructures, car il fragilise les routes, multiplie le verglas et complique l’entretien des réseaux d’eau.

Le risque, en revanche, serait de confondre « configuration propice » et certitude. Les blocages sont parmi les régimes les plus délicats à prévoir à longue échéance. Un décalage de quelques centaines de kilomètres de l’anticyclone peut suffire à faire basculer la France d’un froid sec vers un temps plus banal, ou au contraire vers un cocktail neigeux si une dépression vient buter sur l’air froid.

Chutes de neige en Savoie : une ambiance nocturne propice au regel et au verglas. Crédit : Floflo.

Vortex polaire et stratosphère : le signal le plus surveillé de janvier 2026

Si le mot « vortex polaire » revient partout, c’est parce qu’il décrit une pièce majeure du puzzle. Le vortex polaire correspond à une vaste circulation de vents autour de l’Arctique, principalement en altitude. Quand il est fort et bien centré, il tend à maintenir un courant-jet plus rectiligne. L’Europe de l’Ouest garde alors plus souvent une influence océanique. À l’inverse, quand il se fragilise, le jet ondule davantage, et les échanges nord-sud deviennent plus probables.

Le mécanisme qui passionne les météorologues, c’est le réchauffement stratosphérique soudain (SSW). Il s’agit d’une hausse rapide des températures dans la stratosphère, capable de perturber la circulation du vortex. Dans certains cas, le vent zonal en haute altitude peut fortement ralentir, voire s’inverser, ce qui favorise ensuite des redistributions de masses d’air à plus basse altitude.

Des travaux scientifiques relayés et commentés ces dernières années rappellent qu’un SSW n’entraîne pas systématiquement une vague de froid en Europe occidentale. En revanche, il augmente les probabilités de régimes perturbés, avec davantage de blocages et de décrochages froids possibles. Des chercheurs comme Richard Hall (université de Bristol) ont notamment souligné que de nombreux épisodes de réchauffement stratosphérique s’accompagnent d’impacts notables sur la météo de surface aux moyennes latitudes, tout en insistant sur l’incertitude de la réponse régionale.

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En ce début d’année 2026, les outils de suivi existent. Le Climate Prediction Center (NOAA) publie des graphiques de surveillance stratosphérique, notamment la température et le vent zonal à 10 hPa. Ces courbes, actualisées, permettent de voir si un signal de réchauffement et d’affaiblissement des vents se met en place et si les ensembles convergent. C’est un indicateur précieux, car il objective ce qui relève du « signal » et ce qui relève du récit.

Froid sec et ciel dégagé : un décor alpin où le gel peut s’installer plusieurs jours. Crédit : Floflo.

Pourquoi février 2026 peut basculer… ou rester banal

Même avec un vortex fragilisé, la France n’est pas condamnée à un « hiver glaciaire ». Il faut une chaîne d’événements cohérente. D’abord, un blocage solide, bien positionné. Ensuite, une alimentation en air froid suffisante. Enfin, une chronologie favorable : si l’air froid arrive trop tard, ou si l’Atlantique reprend la main rapidement, l’épisode peut avorter.

L’histoire météo française rappelle aussi une nuance essentielle. Les grandes vagues de froid existent, mais elles ne se reproduisent pas à l’identique. Météo-France, dans ses dossiers climatiques, rappelle les épisodes marquants comme 1956, 1963, 1985 ou encore février 2012. Ces références montrent surtout un point : la durée et l’extension géographique pèsent autant que la valeur minimale la plus spectaculaire.

Par ailleurs, le réchauffement climatique ne supprime pas le froid. Il décale la moyenne, mais il n’empêche pas des extrêmes hivernaux ponctuels. Il peut même accentuer certains contrastes, par exemple via des alternances plus marquées entre douceur et coups de froid, ce qui complique l’adaptation. C’est précisément ce que soulignent plusieurs climatologues : il faut se préparer à une plus grande variabilité, pas seulement à des hivers « moins froids ».

Neige en Normandie : Le Havre recouvert d’un manteau blanc, symbole d’un refroidissement gagnant l’ouest. Crédit : Palamède.

À quoi s’attendre, concrètement, en France : le scénario le plus crédible

À ce stade, le scénario le plus sérieux n’est pas celui d’une « période glaciaire ». Les signaux évoquent plutôt la possibilité d’une séquence froide durable, avec gelées plus fréquentes et un risque neigeux accru selon les trajectoires dépressionnaires. La Chaîne Météo, dans ses tendances à quelques semaines, insiste sur la baisse de fiabilité en s’approchant de février, et évoque davantage un risque de flux continental froid à surveiller qu’un blocage garanti et massif.

En clair, février 2026 mérite une vigilance méthodique, pas une panique. La question n’est pas seulement « fera-t-il froid ? », mais « quelle sera la durée ? » et « quelles régions seront les plus exposées ? ». Un froid modéré mais long peut être plus perturbant qu’un pic bref. Il use les réseaux, il abîme les cultures, et il augmente les risques de précarité énergétique.

La France face à un hiver plus incertain, pas forcément plus extrême

Le signal météo qui inquiète le plus les prévisionnistes n’est pas un chiffre choc, mais une configuration. Un blocage à l’est, combiné à une fragilisation du vortex polaire, peut rendre possible un vrai coup de froid en février 2026. Toutefois, la prévision à longue échéance ne permet pas de promettre un scénario figé. L’enjeu, pour le public comme pour les autorités, consiste donc à suivre les indicateurs fiables, à éviter les raccourcis, et à se préparer aux impacts pratiques d’un froid durable. L’hiver 2025-2026 rappelle surtout une réalité : la météo reste capable de surprises, même dans un climat qui se réchauffe.

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