« Tue-le » : Anthony Delon entendu en garde à vue après la mort du chien de son frère Alain-Fabien
La guerre entre les frères Delon vient de franchir un cap judiciaire. Le 15 avril dernier, Anthony Delon a été entendu en garde à vue par les gendarmes pendant près de douze heures. En cause : la mort d’Obba, le malinois de son petit frère Alain-Fabien, abattu de plusieurs balles en novembre 2024 dans la propriété familiale de Douchy. Un épisode brutal qu’Alain-Fabien avait raconté sur Instagram en mars, provoquant une onde de choc bien au-delà du cercle people.
Ce qui s’est passé à Douchy le 2 novembre 2024
Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter à quelques mois après la mort d’Alain Delon. La scène se déroule dans la propriété familiale de Douchy, le 2 novembre 2024. Obba, le malinois d’Alain-Fabien, se bat avec Loubo, le chien historique de la star défunte. La bagarre entre les deux animaux dégénère. Obba prend l’avantage sur Loubo.

C’est à ce moment-là que tout bascule. Selon le récit publié par Alain-Fabien sur Instagram, Anthony aurait tendu un revolver calibre 38 spécial à Momo, l’homme à tout faire de leur père, avec cet ordre glaçant : « Tue-le. » Trois balles sont tirées sur Obba. Mais le chien ne meurt pas immédiatement. Ce qui suit est encore plus difficile à entendre.
Alain-Fabien décrit une agonie de quarante minutes. Quarante minutes pendant lesquelles son malinois est encore en vie, baignant dans de l’eau glacée. Les personnes présentes cherchent une balle, « comme si on cherchait un outil banal », écrit-il. Puis Momo tire une dernière balle dans la tête de l’animal. Un récit cru, qu’Anthony Delon a contesté par la suite, mais qui a déclenché une mécanique judiciaire.
Deux plaintes, une garde à vue de douze heures
La publication Instagram d’Alain-Fabien ne pouvait pas rester sans suite. Dès le lendemain, il dépose une première plainte. L’association 30 Millions d’Amis emboîte le pas avec une seconde plainte. Le parquet de Montargis ouvre alors une enquête préliminaire pour « sévices et actes de cruauté sur un animal », selon les informations de M6 et RTL.

Le 15 avril 2026, Anthony Delon est convoqué par les gendarmes. L’audition dure près de douze heures — une journée entière face aux enquêteurs. L’agent de sécurité qui a physiquement tiré les coups de feu est lui aussi entendu en garde à vue. À l’issue de ces longues heures d’interrogatoire, les deux hommes sont laissés libres. Sans poursuites à ce stade, précisent les sources proches du dossier. L’enquête, elle, continue.
Mais si Anthony n’est pas poursuivi pour l’instant, la procédure reste ouverte. Et dans la guerre fratricide qui oppose les enfants Delon depuis des mois, cet épisode marque un tournant. C’est la première fois que l’un des frères se retrouve en garde à vue à cause d’une plainte de l’autre.
La version d’Anthony : « Il n’y avait pas d’autre solution »
Du côté d’Anthony Delon, on raconte une tout autre histoire. Son avocate, Maître Laurence Bedossa, assure que le jeune malinois « était en train d’attaquer Loubo ». Selon elle, Obba avait saisi le chien de leur père dans sa gueule et « était en train de le tuer ». Plusieurs tentatives auraient été faites pour séparer les deux animaux. Des pierres auraient été lancées. Rien n’aurait fonctionné.
Loubo a nécessité des soins chez le vétérinaire et a dû être recousu, ajoute l’avocate. Dans ce contexte, la décision de tirer aurait été un acte de derniers recours, pas de cruauté. « Il n’y avait pas d’autre solution », affirme-t-elle à RTL. Une ligne de défense claire : la protection d’un animal en danger justifiait le sacrifice de l’autre.
Reste que le récit d’Alain-Fabien décrit des minutes interminables d’agonie, un animal laissé souffrant dans l’eau froide, et une exécution finale par balle dans la tête. Même si l’intervention initiale était justifiée, la manière dont elle s’est déroulée pose question. Et c’est précisément ce que l’enquête devra déterminer. Mais au-delà du volet juridique, c’est une autre blessure qui semble ronger l’aîné des Delon.
« Ce qui l’attriste le plus » : la plainte de son propre frère

Selon des proches d’Anthony Delon cités par RTL, ce qui le blesse le plus dans cette affaire, ce n’est pas la garde à vue. Ce n’est pas l’enquête. C’est que son petit frère ait porté plainte contre lui. Une plainte pénale, entre frères, quelques mois seulement après avoir enterré leur père. Le symbole est brutal.
Il faut dire que la famille Delon n’en est plus à son premier déchirement. Depuis la disparition d’Alain Delon, les conflits entre ses trois enfants — Anthony, Anouchka et Alain-Fabien — n’ont cessé de s’envenimer. Accusations publiques, ripostes sur les réseaux sociaux, batailles autour du testament… La mort d’Obba s’inscrit dans une escalade qui semble ne plus avoir de limite.
Alain-Fabien a pris des décisions radicales ces derniers mois, multipliant les sorties publiques contre son frère aîné. De son côté, Anthony avait déjà annoncé vouloir tourner la page. Cette garde à vue prouve que c’est loin d’être le cas.
Un conflit familial devenu affaire pénale
Ce dossier dépasse désormais le cadre du simple différend familial. Avec une enquête préliminaire ouverte pour actes de cruauté sur un animal, des gardes à vue effectuées, et deux plaintes — dont une émanant d’une association nationale de protection animale — l’affaire a pris une dimension judiciaire concrète. Même si aucune poursuite n’a été engagée à ce jour.
La question centrale reste celle-ci : abattre un chien lors d’une bagarre entre animaux relève-t-il de la légitime défense animale ou d’un acte de cruauté ? La réponse dépendra des circonstances exactes, des témoignages recueillis, et de l’appréciation du parquet de Montargis. L’héritage d’Alain Delon ne se résume décidément plus à des questions d’argent.
Pour l’instant, Anthony Delon est libre et n’est pas mis en examen. Mais dans cette famille où chaque déclaration publique devient une arme, où chaque épisode privé finit en plainte ou en post Instagram, les tribunaux semblent être devenus le seul terrain de communication. La propriété de Douchy, lieu de mémoire d’Alain Delon, est devenue le théâtre d’un psychodrame familial dont personne — ni les frères, ni le public — ne voit encore la fin.