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Jordan Bardella en couple avec Maria Carolina : pourrait-il vraiment devenir prince ?

Publié par Gabrielle Nourry le 18 Avr 2026 à 8:45
Jordan Bardella souriant en costume bleu marine lors d'un événement officiel

Depuis que Jordan Bardella a officialisé sa relation avec Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles devant des millions de téléspectateurs, une question revient en boucle dans les commentaires, les dîners de famille et les fils Twitter : si ces deux-là se marient, le président du RN pourrait-il porter un titre de noblesse ? L’idée a de quoi faire sourire. Ou rêver. Un historien spécialiste du royaume de Naples a tranché — et sa réponse risque de doucher quelques fantasmes.

De la Seine-Saint-Denis au gotha européen

Le contraste est saisissant, et c’est d’ailleurs ce qui fascine autant. D’un côté, Jordan Bardella, 30 ans, qui a construit son récit politique autour de son ascension sociale depuis les quartiers de Drancy. De l’autre, Maria Carolina, 22 ans, héritière d’une fortune colossale, fille d’un prince, descendante directe de Marie-Caroline d’Autriche — la propre sœur de Marie-Antoinette.

Jordan Bardella et la princesse Maria Carolina se promènent main dans la main sur la promenade d'Ajaccio face au golfe

Quand Paris Match a dévoilé leurs photos ensemble, l’onde de choc n’a pas tardé. Au sein même du Rassemblement national, les avis divergent. Comme le rapportait Le Parisien, certains cadres du parti y voient un « atout à mort » pour l’image de leur champion. D’autres s’inquiètent d’un effet « trop bling-bling » qui brouillerait le message populaire du parti.

Dans son livre Ce que je cherche, Bardella insiste pourtant sur son parcours modeste. Difficile de concilier ce récit avec des vacances entre Saint-Tropez, Monaco et la Sardaigne — les résidences habituelles de la famille Bourbon des Deux-Siciles. Mais au-delà de la politique, c’est une question bien plus romanesque qui agite les foules.

Un titre princier pour le patron du RN ?

Formulons-la simplement : si Jordan Bardella épouse Maria Carolina, devient-il automatiquement prince ? Duc ? Altesse ? Quelque chose en « de » avec une particule qui claque ? L’historien Alain Blondy, auteur de Histoire du royaume de Naples (éditions Perrin), a répondu sans détour à cette question pour Gala.

Sa réponse tient en un mot : non. « Au mieux, il pourrait recevoir un titre purement honorifique, de courtoisie, sans valeur juridique ni dynastique réelle, sans pouvoir, ni véritable reconnaissance étatique », explique le spécialiste de l’histoire méditerranéenne. Un « colifichet », selon ses propres termes.

Autrement dit, même marié à une princesse, Bardella ne serait ni prince, ni duc, ni quoi que ce soit d’officiellement reconnu. Le Drancéen resterait légalement ce qu’il est : un citoyen français ordinaire. Et ce, pour plusieurs raisons historiques et juridiques qui méritent qu’on s’y attarde.

Pourquoi le royaume de Naples ne peut rien offrir à personne

Pour comprendre, il faut remonter à 1861. Cette année-là, l’Italie s’unifie et le royaume des Deux-Siciles — qui englobait le sud de la péninsule italienne et la Sicile — disparaît purement et simplement. Fini. Plus de trône, plus de couronne, plus de pouvoir.

Depuis, les descendants de cette dynastie portent des titres qui n’ont aucune valeur institutionnelle. C’est un peu comme si votre arrière-grand-père avait été maire d’un village qui n’existe plus sur aucune carte : le souvenir est beau, mais il ne vous donne pas le droit de signer des arrêtés municipaux. Les titres de la famille Bourbon des Deux-Siciles relèvent aujourd’hui de la tradition familiale, pas du droit.

Alain Blondy enfonce le clou : « M. Bardella n’aura jamais aucune prétention à la Couronne des Deux-Siciles, malgré son mariage. C’est absolument impossible. » Maria Carolina, elle, conserve dans tous les cas son titre d’Altesse Royale — mais c’est un titre de naissance, transmis par le sang, pas par alliance. Un époux ne peut tout simplement pas en hériter.

Et quand bien même une maison royale déchue accorderait un titre honorifique à un gendre, il y a un second verrou, peut-être encore plus radical.

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Salle du trône baroque abandonnée évoquant la noblesse du royaume de Naples

C’est un principe gravé dans le marbre depuis la Révolution, réaffirmé par chaque constitution depuis. En France, les titres de noblesse n’ont strictement aucune valeur juridique. Vous pouvez vous faire appeler « comte » ou « marquise » au dîner si ça vous amuse, mais aucun tribunal, aucune administration, aucun document officiel ne le reconnaîtra.

Jordan Bardella, même uni à la descendante d’une des plus anciennes dynasties d’Europe, resterait « M. Bardella » sur sa carte d’identité, ses déclarations d’impôts et ses bulletins de vote. Pas de « Son Altesse Royale Jordan de Bourbon des Deux-Siciles » à l’horizon.

Pour un homme politique qui assure pouvoir être en couple avec quelqu’un qui ne partage pas ses idées, ce détail juridique est sans doute un moindre souci. Mais il éclaire un aspect fascinant de cette romance : le fossé entre l’imaginaire collectif — le conte de fées — et la réalité administrative.

Maria Carolina, une princesse devenue héritière par réforme

Le parcours de la compagne de Bardella est lui-même loin d’être banal. Jusqu’en 2016, elle n’était même pas censée hériter des prétentions dynastiques de sa famille. La loi salique — cette vieille règle qui excluait les femmes de la succession — était encore en vigueur au sein de la maison Bourbon des Deux-Siciles.

C’est son père, le prince Charles, qui a changé la donne en abolissant cette règle. En instaurant la primogéniture absolue — l’aîné hérite, qu’il soit homme ou femme — il a fait de Maria Carolina son héritière directe. Elle a reçu dans la foulée les titres de duchesse de Calabre et de Palerme, ainsi que les prétentions symboliques au trône disparu.

Son prénom lui-même est un hommage : Marie-Caroline d’Autriche, reine de Naples au XVIIIe siècle, femme de pouvoir redoutée, sœur de Marie-Antoinette. Un héritage prestigieux, certes, mais comme le résume Alain Blondy, « essentiellement historique ». Les parents de Maria Carolina considèrent néanmoins cet héritage avec le plus grand sérieux.

Un conte moderne, pas un changement de statut

Si l’on résume : Jordan Bardella ne deviendra pas prince. Pas duc non plus. Pas même baron. Ni en Italie (où le royaume n’existe plus depuis 165 ans), ni en France (où la République ne reconnaît aucun titre). Au mieux, il pourrait recevoir un titre de courtoisie — une sorte de médaille en chocolat dynastique, sans la moindre portée légale.

Le couple, qui rêverait d’un mariage à la basilique de Saint-Denis, offre pourtant un récit irrésistible pour les médias. Le fils de Drancy et la princesse italienne. L’ascension républicaine qui croise le sang bleu européen. Un scénario que même les scénaristes de Netflix auraient hésité à écrire, de peur qu’on le trouve trop gros.

Mais derrière le vernis romantique, les réalités sont têtues. La France reste une République. Les titres de noblesse restent des souvenirs. Et Jordan Bardella, qu’il se marie ou non avec Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, restera un citoyen comme les autres — du moins sur le papier. Ce qui ne l’empêchera pas, si le mariage a lieu, de vivre une vie qui ressemble furieusement à celle d’un prince. Avec le château à Saint-Tropez en prime.

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