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Compagne de Bardella : « prison, magouilles et héritage »… que cache le clan de la Princesse

Publié par Elsa Fanjul le 13 Avr 2026 à 13:12
Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, compagne de Jordan Bardella, lors d'un événement Dior

Depuis que Paris Match a dévoilé des clichés de Jordan Bardella et Maria Carolina en Corse, main dans la main, la France découvre le visage de celle qui partage la vie du président du RN. Une princesse de 22 ans, descendante d’une lignée prestigieuse. Mais derrière les sourires et les photos ensoleillées, le clan Bourbon des Deux-Siciles traîne un passé judiciaire explosif : un trust de 600 millions de dollars, un tableau de Gauguin dissimulé, une condamnation pour outrage à la Cour et une amende de 2,3 millions d’euros. Voici l’histoire que l’idylle romantique ne raconte pas.

Un trust à 600 millions de dollars au cœur d’une guerre entre sœurs

Pour comprendre ce qui se joue dans la famille de Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, il faut remonter à 2011. Cette année-là, Cristiana Crociani accuse publiquement sa propre sœur, Camilla de Bourbon-Siciles — la mère de Maria Carolina — d’avoir tenté de détourner une partie colossale de la fortune familiale.

Le butin en question n’est pas une maison de vacances ni un compte épargne. Il s’agit d’un trust estimé à près de 600 millions de dollars, constitué par leur mère Edoarda Crociani sur l’île de Jersey. Un montage financier offshore d’une ampleur rare, même pour les standards de la haute noblesse européenne.

Dès le départ, l’affaire dépasse le cadre d’un simple désaccord familial. Les deux sœurs engagent des armées d’avocats, multiplient les recours devant les juridictions de Jersey, et transforment un conflit privé en feuilleton judiciaire suivi par la presse internationale. Chaque audience apporte son lot de révélations, chaque décision de justice relance les hostilités. Cette guerre d’héritage hors normes n’a cessé de rebondir pendant plus d’une décennie.

Mais les accusations de détournement financier n’étaient que la partie émergée de l’iceberg. Ce que les enquêteurs ont découvert ensuite a fait basculer l’affaire dans un tout autre registre.

Un Gauguin et des bijoux que personne n’était censé trouver

Au fil des procédures, la justice de Jersey a mis au jour des dissimulations bien plus concrètes que des montages financiers. Les magistrats ont reproché à Camilla de Bourbon-Siciles d’avoir caché des biens précieux appartenant à sa mère Edoarda.

Jordan Bardella et la princesse Maria Carolina se promènent main dans la main sur la promenade d'Ajaccio face au golfe

Parmi ces objets figuraient des bijoux de grande valeur, mais surtout un tableau signé Paul Gauguin. Une œuvre dont l’existence n’avait jamais été déclarée dans le cadre du trust. Lors d’une audience en 2020, l’avocat William Redgrave a explicitement accusé la princesse d’avoir « volontairement caché une partie du patrimoine ».

La dissimulation d’un Gauguin, ce n’est pas un oubli administratif. C’est un acte délibéré qui suppose une logistique, des complices, et une connaissance fine des mécanismes juridiques offshore. Pour les observateurs de l’affaire, cette révélation a marqué un tournant : on ne parlait plus seulement de deux sœurs qui se disputent de l’argent, mais d’accusations de fraude caractérisée devant une cour de justice.

Le camp de Cristiana Crociani a évidemment exploité ces révélations pour renforcer sa position. Les deux sœurs campaient sur des versions irréconciliables, chacune accusant l’autre de manipulation. Et la justice allait bientôt trancher d’une manière particulièrement sévère.

Condamnée pour outrage : 2,3 millions d’euros pour éviter la prison

En décembre 2020, l’affaire a pris une dimension pénale. Camilla de Bourbon-Siciles a été condamnée pour outrage à la Cour par la justice de Jersey. Une qualification juridique lourde, qui désigne le fait d’avoir désobéi ou manqué de respect aux injonctions du tribunal. Dans le contexte de cette affaire, cela signifie que la cour a estimé que la mère de Maria Carolina n’avait pas respecté ses obligations de transparence.

La sanction encourue était spectaculaire : jusqu’à 12 mois de prison. Pour une princesse habituée aux galas et aux tapis rouges, la perspective d’une incarcération sur une île anglo-normande avait de quoi glacer. Camilla a finalement évité la case prison en acceptant de payer une amende de 2,3 millions d’euros.

Cette somme considérable lui a permis de préserver une forme de liberté, mais pas sa réputation. La condamnation a été largement relayée dans la presse britannique et européenne. Loin de clore le chapitre, elle a choisi de faire appel devant une juridiction britannique, prolongeant encore un feuilleton qui durait déjà depuis près de dix ans. Pendant que les avocats s’affrontaient dans les prétoires, un autre front s’est ouvert — bien plus visible celui-là.

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La guerre des clans s’est déplacée sur Instagram

Si les tribunaux ont été le théâtre principal du conflit, les réseaux sociaux en sont devenus la vitrine. Les deux camps familiaux se livrent depuis plusieurs années une guerre d’image assumée, où chaque publication est calibrée pour marquer des points.

Jets privés, voitures de prestige, séjours dans des lieux exclusifs : chaque détail posté devient une arme. Le clan de Cristiana reproche à Camilla un train de vie ostentatoire, notamment lors de ses apparitions médiatiques à Monaco. En retour, les proches de Camilla pointent du doigt les démonstrations de richesse de l’autre camp.

Au milieu de cette bataille de communication, Maria Carolina a choisi une stratégie différente de celle de sa mère. La jeune femme de 22 ans cultive sur les réseaux une image d’influenceuse mode et de « princesse moderne plutôt sage », loin des étalages de luxe qui caractérisent le conflit entre les deux sœurs. Un positionnement soigneusement construit, qui tranche avec le chaos familial dont elle est issue.

Salle d'audience à Jersey avec boiseries sombres et tableau impressionniste encadré d'or, évoquant le procès autour du trust familial de 600 millions de dollars

C’est d’ailleurs cette image maîtrisée que le public français a découverte en premier, avant que les détails de la saga familiale ne remontent à la surface. Un contraste saisissant qui pose une question inévitable pour l’entourage de Jordan Bardella.

Bardella face à un héritage encombrant

Quand Paris Match a officialisé la relation entre le président du RN et Maria Carolina lors de leur escapade en Corse, la réaction médiatique a d’abord porté sur l’aspect romanesque de cette idylle. Un homme politique populaire, une princesse européenne, des photos main dans la main sous le soleil corse : le tableau était calibré pour faire rêver.

Mais en politique, les histoires familiales des conjoints finissent toujours par devenir un sujet. Et celle des Bourbon des Deux-Siciles est un terrain miné. Des accusations de détournement portant sur des centaines de millions de dollars, une condamnation pénale évitée de justesse, un tableau de maître dissimulé — le tout documenté par des décisions de justice publiques.

Jordan Bardella, qui a déjà dû gérer des polémiques sur son parcours universitaire ou sur l’utilisation de fonds européens, se retrouve désormais associé à un clan dont les démêlés judiciaires pourraient alimenter les colonnes des journaux pendant des mois. D’autant que sa vie sentimentale a toujours suscité une curiosité intense.

Maria Carolina, elle, n’a jamais été directement impliquée dans les procédures judiciaires qui visent sa mère. Elle avait à peine 7 ans quand le conflit a éclaté en 2011. Mais dans le monde politique comme dans celui du gotha, on n’échappe pas facilement à son nom de famille. Surtout quand celui-ci est associé à l’une des guerres d’héritage les plus retentissantes de la noblesse européenne contemporaine.

Une saga loin d’être terminée

L’affaire Bourbon des Deux-Siciles n’est pas un dossier clos. L’appel interjeté par Camilla devant la justice britannique signifie que de nouvelles audiences, de nouvelles révélations et de nouvelles décisions sont encore possibles. Le trust de 600 millions de dollars n’a pas été entièrement réparti, et les deux sœurs n’ont montré aucun signe de réconciliation.

Pour Maria Carolina, la médiatisation de sa relation avec Bardella agit comme un projecteur braqué sur un passé familial qu’elle semblait avoir réussi à tenir à distance grâce à sa stratégie d’image sur les réseaux. La jeune femme de 22 ans va devoir composer avec un double statut : compagne d’un des hommes politiques les plus scrutés de France, et fille d’une princesse condamnée par la justice pour avoir caché un Gauguin et risqué la prison.

Dans les couloirs du RN comme dans les rédactions parisiennes, tout le monde se pose la même question : cette histoire d’amour résistera-t-elle à la pression d’un scandale familial à 600 millions de dollars ? Les prochains mois le diront. Mais une chose est certaine : le nom de Bourbon des Deux-Siciles n’a pas fini de faire parler.

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