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Ce cercueil en osier à 1 670 € que tout le monde s’arrache depuis les obsèques de Brigitte Bardot

Publié par Mathieu le 10 Avr 2026 à 13:22
Ce cercueil en osier à 1 670 € que tout le monde s'arrache depuis les obsèques de Brigitte Bardot
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Quand Brigitte Bardot a été inhumée le 7 janvier 2026 à Saint-Tropez, des millions de téléspectateurs ont découvert un détail qui ne ressemblait à rien de connu : son cercueil. Pas de bois verni, pas de capiton classique. Un modèle en pin habillé d’osier biodégradable, simple et chaleureux, à l’image de celle qui le portait. Un mois plus tard, ce cercueil est devenu le plus demandé de France. Et la petite vannerie picarde qui le fabrique n’arrive plus à suivre.

Un modèle « bohemian » devenu star malgré lui

Brigitte Bardot et son compagnon Bernard d'Ormale s'embrassant tendrement lors d'une soirée

Le cercueil choisi par Brigitte Bardot porte un nom : le « bohemian ». Avant ses obsèques, une soixantaine d’exemplaires seulement avaient été vendus en France. Autant dire un marché ultra confidentiel. Mais le 7 janvier, quand les chaînes d’info en continu ont retransmis les funérailles de BB, disparue à 91 ans, tout a basculé.

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Les Français ont découvert ce cercueil atypique, tressé à la main, loin des modèles standardisés des pompes funèbres traditionnelles. Et visiblement, ça a touché quelque chose. Comme le rapporte Le Parisien, la demande a littéralement explosé dans les semaines qui ont suivi l’enterrement.

Vingt demandes par jour dans une seule boutique

Minna Holleville est gérante des Pompes Funèbres de la liberté, à Abbeville dans la Somme. C’est elle qui a été la première à exposer le modèle « bohemian » dans sa boutique. Aujourd’hui, elle fait face à un phénomène qu’elle n’avait jamais anticipé.

« Nous recevons une vingtaine de demandes par jour », confie-t-elle. Son magasin est l’un des rares en France à pouvoir encore présenter physiquement le cercueil. « Il est devenu iconique », résume-t-elle sans détour.

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Le plus frappant, c’est le profil des personnes qui appellent. Ce ne sont pas uniquement des familles en deuil. Certains anticipent, parfois de très loin. Une habitante de la région de Montpellier a ainsi contacté Minna Holleville pour savoir si elle pouvait en stocker un dans son abri de jardin. La raison ? Près de chez elle, un revendeur affichait le modèle à 3 500 euros. Le prix réel chez la fabricante ? 1 670 euros. Soit plus du double chez les revendeurs opportunistes.

Une vannerie picarde submergée par les commandes

brigitte bardot hommage cesar hué

Le cercueil « bohemian » naît à une vingtaine de kilomètres d’Abbeville, dans le village du Boisle. C’est là que se trouve la vannerie Candas, dirigée par Xavier Quointeau. Son atelier fabrique l’habillage en osier qui recouvre la base en pin.

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L’idée est née avant la pandémie. Des clients demandaient un cercueil en osier, un modèle courant en Angleterre ou en Belgique mais qui n’était pas homologué en France. « Il fallait trouver une autre solution en partant d’un modèle déjà homologué », explique Xavier Quointeau. D’où ce système hybride : une base en pin certifiée, habillée d’un tressage artisanal en osier biodégradable.

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Chaque exemplaire demande 15 heures de travail manuel. Un artisanat qui impose un rythme incompatible avec la demande actuelle. La vannerie peut assurer environ 20 habillages par semaine, pas plus. « Je trouve ce cercueil chaleureux. C’est une fierté que Brigitte Bardot l’ait choisi. Il a été présenté devant le monde entier. C’est gratifiant », confie l’un des employés de l’atelier.

Un fabricant du Nord dépassé par le phénomène

La base en pin du « bohemian » est fournie par Funico, un fabricant de cercueils installé à Carvin, dans le Nord. Son gérant, Jérôme Hego, ne cache pas sa stupéfaction face à l’ampleur de la demande. Avant les obsèques de Bardot, son entreprise n’avait écoulé qu’une soixantaine de modèles au total. Désormais, ce sont « plusieurs dizaines de demandes par jour » qui arrivent.

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Face à cette situation, Funico a dû prioriser la production du « bohemian » pour répondre aux besoins immédiats. Les commandes les plus urgentes — celles de familles en deuil — passent en premier. Les précommandes de particuliers qui anticipent doivent attendre.

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Jérôme Hego reste lucide sur l’avenir : « Nos concurrents proposeront des produits similaires dans quelques mois. » Il s’attend à ce que la demande finisse par se tasser. Mais pour l’instant, le phénomène ne montre aucun signe de ralentissement.

Un dernier geste cohérent avec toute une vie

Cercueil en osier tressé naturel exposé dans une boutique de pompes funèbres, modèle bohemian biodégradable

Si ce cercueil a autant marqué les esprits, c’est aussi parce qu’il raconte quelque chose de Brigitte Bardot. L’actrice devenue militante de la cause animale vivait à Saint-Tropez depuis 1958, dans sa propriété de La Madrague. Ses proches avaient voulu des obsèques « sous le signe de la simplicité ».

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Le choix d’un cercueil biodégradable, fabriqué à la main par des artisans français, colle parfaitement à cette image. Pas de faste, pas de dorures. Un matériau naturel, un savoir-faire local, et un retour à la terre assumé. « Beaucoup de personnes s’identifient à elle dans sa démarche », souligne Xavier Quointeau.

Après une messe à l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Saint-Tropez, BB a été inhumée au cimetière marin de la ville. La même ville où elle avait tourné « Et Dieu… créa la femme » en 1956. Un cercle qui se ferme, avec une élégance que même ses détracteurs ont du mal à nier.

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Un marché funéraire en pleine mutation

Au-delà de l’anecdote people, le succès du « bohemian » révèle un mouvement de fond. Les Français s’intéressent de plus en plus aux alternatives écologiques pour leurs obsèques. Cercueils en carton, urnes biodégradables, forêts cinéraires : le marché funéraire bouge, poussé par une génération qui refuse les conventions.

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La disparition de Brigitte Bardot a mis un coup de projecteur inattendu sur cette tendance. Le fait qu’une icône de cette envergure choisisse un cercueil en osier plutôt qu’un modèle classique a normalisé une option qui restait marginale jusqu’ici.

Reste le problème des arnaques. Avec la demande qui explose, des revendeurs n’hésitent pas à doubler voire tripler les prix. Minna Holleville, la gérante d’Abbeville, met en garde : le modèle authentique coûte 1 670 euros. Tout prix significativement supérieur doit alerter. Il est préférable de contacter directement la vannerie Candas ou les Pompes Funèbres de la liberté plutôt que de passer par des intermédiaires douteux.

L’effet Bardot, même après la fin

Brigitte Bardot a passé sa vie à influencer les modes, les combats, les débats. À 91 ans, atteinte d’un cancer, elle continuait de faire parler d’elle. Après l’hommage controversé aux César 2026, voici que même son dernier choix — celui d’un simple cercueil en osier tressé — déclenche un phénomène de société.

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On peut trouver ça décalé, voire un peu morbide. Mais quand on y réfléchit, c’est assez raccord avec le personnage. BB a toujours été celle qui faisait bouger les lignes sans forcément le vouloir. Avec son bikini à Saint-Tropez dans les années 50, elle avait révolutionné la mode balnéaire. Soixante-dix ans plus tard, elle bouscule le marché funéraire.

La suite reste à écrire. Les concurrents de Funico préparent déjà leurs propres modèles. Le cercueil en osier va-t-il devenir un standard ? Difficile à dire. Mais une chose est sûre : Brigitte Bardot aura réussi un dernier tour de force — prouver qu’on peut faire parler de soi même dans sa dernière demeure.

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