« Vive Jean-Marie Le Pen, bande d’ordures » : Chalençon pète les plombs en vidéo, un député LFI saisit la justice
Le collectionneur et ex-star d’Affaire conclue a publié une vidéo d’une rare violence sur les réseaux sociaux. Insultes contre l’islam, attaques contre le gouvernement, hommage appuyé à Jean-Marie Le Pen… En quelques minutes, Pierre-Jean Chalençon a mis le feu aux poudres. La réponse politique n’a pas tardé : le député LFI Thomas Portes annonce saisir la procureure de la République de Paris.
Une vidéo filmée dans la foulée des incidents à Paris
Tout part des débordements survenus dans la capitale après la qualification du PSG. Voitures incendiées Place de la Concorde, mobilier urbain détruit aux abords du Parc des Princes, boutiques vandalisées. Des images qui ont circulé toute la nuit sur les réseaux et qui ont visiblement fait perdre tout sang-froid au spécialiste de Napoléon.

Face caméra, Chalençon démarre sur les dégâts matériels avant de basculer très vite dans autre chose. « Ces gens-là ne travaillent pas, ces gens-là sont assistés par les aides sociales, par le chômage, par tout ce que vous voulez », lance-t-il en préambule. Le ton monte dès les premières secondes. Ce n’est pas un coup de gueule mesuré. C’est une déflagration verbale.
Et ce qui suit dépasse largement le cadre d’un simple ras-le-bol de riverain parisien.
Insultes contre l’islam, le ministre de l’Intérieur et « ce gouvernement de tafiottes »
Le collectionneur enchaîne les cibles sans reprendre son souffle. « On n’en peut plus de tous ces islamistes. Vous êtes des islamistes, on n’en peut plus de cette religion de merde », martèle-t-il face caméra. Il qualifie les auteurs des violences de « cancrelas » et de « racailles », sans jamais faire de distinction entre supporters, émeutiers et une communauté religieuse entière.
Le ministre de l’Intérieur prend ensuite. « Il est ministre de rien du tout. T’as vu ta gueule ? Pathétique. » Puis c’est le gouvernement dans son ensemble qui est visé : « C’est quoi ce gouvernement de tafiottes ? » — un terme homophobe qui, à lui seul, pourrait poser un problème juridique supplémentaire.

Chalençon invoque Robespierre, Danton, appelle l’armée à intervenir, évoque des élections futures comme un « raz-de-marée » et promet qu’« on va tous les foutre en taule ». Le registre oscille entre la tribune politique improvisée et la crise de nerfs en direct. Celui qui avait déjà fait polémique sur le voile franchit ici un cap que même ses soutiens les plus fidèles auront du mal à défendre sur le plan légal.
Et la vidéo se termine par une phrase qui résonne comme un manifeste : « Vive Jean-Marie Le Pen, vive la France, bande d’ordures. »
Un hommage à Le Pen qui enfonce le clou
Ce n’est pas la première fois que le collectionneur fait parler de lui pour des sorties fracassantes. Mais invoquer le nom de Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front National et figure historique de l’extrême droite française, en conclusion d’une tirade aussi violente, c’est poser un acte politique délibéré.
Chalençon utilise même une expression directement associée au vocabulaire lepéniste : « On va encore le redire ce mot, n’est-ce pas ? Comme l’aurait dit Jean-Marie Le Pen. » Une référence à peine voilée au mot « bamboula », condamné par la justice lorsqu’il avait été employé par des responsables politiques. Le collectionneur le remplace par « bambou là » — un contournement que personne n’est dupe de comprendre.
Il termine par « Aux armes citoyens !!! Formez vos bataillons !!! » en légende de sa publication, citant La Marseillaise tout en mentionnant CNews, Éric Zemmour et le compte de Jean-Marie Le Pen sur X. Un positionnement qui ne laisse aucune place à l’ambiguïté.
Mais la vraie question, désormais, n’est plus de savoir ce que pense Chalençon. Elle est judiciaire.
Thomas Portes saisit la procureure de Paris
La réaction la plus concrète est venue du député LFI Thomas Portes. Dans un message publié quelques heures après la mise en ligne de la vidéo, il annonce saisir la procureure de la République de Paris « au titre de l’article 40 ». Cet article du Code de procédure pénale oblige tout fonctionnaire — y compris un parlementaire — à signaler un crime ou délit dont il a connaissance dans l’exercice de ses fonctions.
Les termes employés par Portes sont lourds : il évoque des « propos racistes » et des « appels aux meurtres ». Sur le plan juridique, plusieurs qualifications pourraient effectivement être retenues. L’incitation à la haine raciale (article 24 de la loi du 29 juillet 1881), l’injure à caractère racial et, potentiellement, la provocation à la violence contre un groupe de personnes en raison de leur religion.
La vidéo étant toujours en ligne au lendemain de sa publication, elle constitue un élément de preuve aisément accessible pour les enquêteurs. Reste à savoir si le parquet de Paris ouvrira une enquête préliminaire ou si l’affaire sera classée — un scénario qui semble peu probable au vu de la virulence des propos tenus.
Sauf que le collectionneur, lui, n’a visiblement pas l’intention de se laisser faire.
La riposte de Chalençon : le portrait au vitriol de Thomas Portes

Quelques heures après l’annonce de la saisine, Chalençon a publié un nouveau message sur X. Cette fois, pas de vidéo. Un texte, adressé directement au député, où il dresse un inventaire méthodique des polémiques passées de Thomas Portes.
Le collectionneur rappelle la sanction de 2023, quand le député LFI avait été exclu de l’hémicycle pendant 15 jours pour avoir posé le pied sur un ballon représentant le ministre Olivier Dussopt pendant la réforme des retraites. Il mentionne aussi une nouvelle sanction en 2024 pour « propos jugés menaçants et insultants envers des députés du RN ».
Chalençon liste également les controverses liées aux déclarations de Portes sur les athlètes israéliens aux JO de Paris 2024, sur le « racisme anti-blanc », sur « l’islamo-gauchisme » et sur la mixité dans le rugby. Le message se veut un miroir : « Qui est Mr Thomas Portes le donneur de leçons ? » Un classique de la stratégie du retournement — attaquer la crédibilité de l’accusateur plutôt que de répondre sur le fond.
Le post est accompagné d’un « je t’embrasse très fort » ironique et d’un appel à « partager massivement ». Le collectionneur mentionne au passage Bruno Attal, Erik Tegner et un imam controversé. La bataille se joue désormais autant sur les réseaux sociaux que dans les prétoires.
Un homme en roue libre depuis la perte de son palais
Pour comprendre cette escalade, il faut remonter quelques années en arrière. Pierre-Jean Chalençon, longtemps connu du grand public pour ses apparitions dans Affaire conclue sur France 2, a vu sa vie basculer. La perte de son Palais Vivienne — un hôtel particulier du IIe arrondissement de Paris — et la fin de sa collaboration avec la chaîne publique ont marqué un tournant.
Depuis, ses prises de parole sont devenues de plus en plus radicales. Il avait déjà dérapé sur le port du voile, insulté Line Renaud et multiplié les sorties provocatrices sur les réseaux sociaux. Un internaute résume la trajectoire avec une formule lapidaire : « Depuis qu’il a perdu son palais et qu’il peut plus faire sa pub sur France 2, il est parti en vrille. »
D’autres, au contraire, applaudissent. « Il dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas », commentent ses soutiens. « On ne va jamais trop loin quand on dit la vérité », écrit un autre. La vidéo a généré des milliers de réactions, entre indignation et approbation — un clivage qui reflète assez fidèlement les fractures du débat public français actuel.
Ce que risque concrètement le collectionneur
Sur le plan pénal, les propos tenus dans la vidéo s’exposent à plusieurs qualifications. L’incitation à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur religion est passible d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. L’injure raciale, elle, est punie de six mois de prison et 22 500 euros d’amende.
Quant à l’expression « allez manger vos morts, bande d’ordures » et la phrase « on va s’occuper de vous », elles pourraient être interprétées comme des menaces ou de la provocation à la violence. L’article 40 invoqué par Portes oblige le parquet à examiner le signalement, même s’il reste libre d’apprécier les suites à y donner.
Chalençon n’en est pas à sa première polémique judiciaire. Mais cette fois, la vidéo est publique, toujours accessible, et les mots employés ne laissent guère de place à l’interprétation. Le collectionneur a fait un choix : celui de la provocation maximale, quitte à en payer le prix devant un tribunal.
Reste à voir si la France Insoumise, habituée elle-même aux polémiques, saura transformer cette indignation en action judiciaire durable — ou si ce énième clash finira noyé dans le bruit permanent des réseaux sociaux.
- 10/05/2026 à 13:14Ceux qui insultent l’Islam en France sont des ignorants et des racistes il faut les laisser aboyer un peu pour se calmer
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