Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. People

Pierre-Jean Chalençon insulte l’islam, le gouvernement et termine par « Vive Jean-Marie Le Pen » : un député saisit la justice

Publié par Cassandre le 09 Mai 2026 à 5:42

Après la nuit de chaos qui a suivi la qualification du PSG en Ligue des champions, Pierre-Jean Chalençon a publié une vidéo d’une violence rare sur les réseaux sociaux. Insultes contre l’islam, attaques contre le ministre de l’Intérieur, appel à l’armée et hommage à Jean-Marie Le Pen : le collectionneur napoléonien n’a épargné personne. Et les conséquences judiciaires pourraient être lourdes.

Pierre-Jean Chalençon

Une nuit de violences à Paris comme déclencheur

Tout part de la nuit de violences à Paris après la qualification du PSG. Place de la Concorde, aux abords du Parc des Princes, des voitures ont été incendiées, des boutiques vandalisées et du mobilier urbain détruit. Les images ont fait le tour des réseaux sociaux, provoquant une vague d’indignation dans toute la France. Plus de 127 interpellations ont été enregistrées cette nuit-là.

C’est dans ce contexte que Pierre-Jean Chalençon, connu du grand public grâce à l’émission Affaire conclue sur France 2, a décidé de prendre la parole. Pas dans un communiqué mesuré. Pas dans une interview posée. Non. Face caméra, seul, dans une vidéo publiée directement sur X (anciennement Twitter). Et le ton a très vite dérapé.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le collectionneur fait parler de lui pour des sorties polémiques. Il avait déjà provoqué un tollé sur la question du voile, avec des propos qui avaient choqué bien au-delà des réseaux sociaux. Mais cette fois, il est allé beaucoup plus loin.

« Religion de merde », « cancrelas », « bande d’ordures » : le verbatim intégral

Dans sa vidéo, Chalençon commence par dénoncer les destructions. Jusque-là, rien que de très banal. Beaucoup de Français ont exprimé leur colère après ces scènes de saccage. Mais très vite, le discours déraille.

« On n’en peut plus de tous ces islamistes. Vous êtes des islamistes, on n’en peut plus de cette religion de merde. Vous êtes écœurants, vous êtes des cancrelas, vous êtes des racailles. » Les mots sont lâchés. Pas de sous-entendus, pas de métaphores. Des insultes directes visant une religion dans son ensemble.

Vidéo polémique de Chalençon sur les réseaux sociaux

Le collectionneur s’en prend ensuite au ministre de l’Intérieur : « Il est ministre de rien du tout. T’as vu ta gueule ? Pathétique. » Puis au gouvernement dans son ensemble, qu’il qualifie de « gouvernement de tafiottes ». L’armée est interpellée. Les impôts sont dénoncés. Le Qatar est pointé du doigt comme responsable financier des dégâts.

La vidéo, qui avait déjà fait polémique par le passé, monte encore en intensité. Chalençon invoque Robespierre et Danton, lance un « ne vous inquiétez pas, on arrive, on va s’occuper de vous » – des propos que certains interprètent comme une menace – avant de conclure par un retentissant « Vive Jean-Marie Le Pen, vive la France, bande d’ordures ».

En légende de la vidéo, il ajoute les paroles de La Marseillaise et tague Eric Zemmour, CNews et plusieurs comptes d’extrême droite. La vidéo est toujours en ligne au moment de la rédaction de cet article.

Thomas Portes saisit la procureure de la République

La réaction politique n’a pas tardé. Le député LFI Thomas Portes a annoncé dès le soir même qu’il saisissait la procureure de la République de Paris au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale. Ce dispositif oblige tout fonctionnaire – et donc tout parlementaire – à signaler au procureur les crimes ou délits dont il a connaissance.

« Suite aux propos racistes et aux appels aux meurtres de Pierre-Jean Chalençon, je saisis ce soir la procureure de la République de Paris », a écrit le député sur X. Le mot « appels aux meurtres » fait directement référence aux passages où Chalençon dit « on va s’occuper de vous » et « il n’y en aurait plus beaucoup dans les rues ».

Ce n’est pas la première fois qu’un député LFI se retrouve au cœur d’un bras de fer médiatique. On se souvient de l’altercation entre Hanouna et Louis Boyard qui avait fini devant les tribunaux. Mais ici, la gravité des propos change la donne. Les insultes visant une religion entière et les formulations menaçantes pourraient relever de plusieurs infractions pénales : incitation à la haine raciale, injure publique à caractère religieux, voire provocation à la violence.

Du côté des associations, le climat autour du racisme en France rend ce type de sortie particulièrement sensible. Plusieurs organisations antiracistes ont déjà réagi sur les réseaux sociaux, sans qu’une plainte formelle ait été annoncée à ce stade.

La réponse de Chalençon : zéro regret, zéro recul

Là où beaucoup auraient temporisé, supprimé la vidéo ou publié des excuses, Pierre-Jean Chalençon a fait exactement l’inverse. Dès le lendemain matin, il a publié une seconde vidéo. Cette fois, elle s’adresse directement à Thomas Portes.

Palais de justice de Paris où la plainte pourrait être examinée

Le ton est narquois. « Réponse au pseudo député d’extrême gauche… Je t’embrasse très fort. Bon week-end. » Le message est accompagné d’un appel à « partager massivement ». Chalençon tague à nouveau CNews, Eric Zemmour, mais aussi l’imam Chalghoumi, connu pour ses positions modérées et souvent invité sur les plateaux de télévision.

Aucun mea culpa, aucune nuance. Le collectionneur assume l’intégralité de ses propos et semble même chercher la confrontation judiciaire. Un positionnement qui rappelle celui d’autres figures médiatiques ayant fait de la provocation une stratégie de visibilité. On avait vu une mécanique similaire lors du scandale du banquet à Caen où des propos racistes avaient été assumés par leurs auteurs.

Le cas Chalençon est toutefois particulier. L’homme n’est pas un anonyme sur Internet. Il a été une figure récurrente de la télévision publique française pendant des années. Son comportement dans Affaire conclue avait d’ailleurs déjà été pointé du doigt. Il avait aussi insulté Line Renaud publiquement, et poussé la chansonnette après le vol des bijoux de la Couronne avec une désinvolture qui avait choqué.

Ce que risque juridiquement le collectionneur

Sur le plan pénal, les propos tenus dans cette vidéo peuvent tomber sous le coup de plusieurs articles du Code pénal. L’injure publique à caractère religieux est punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende depuis le durcissement de la loi. La provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers un groupe de personnes en raison de leur religion est passible des mêmes peines.

La question de « l’appel au meurtre » évoquée par Thomas Portes est juridiquement plus complexe. Les formulations de Chalençon (« on va s’occuper de vous », « il n’y en aurait plus beaucoup dans les rues ») sont ambiguës. Un tribunal devra déterminer si elles constituent une menace réelle ou une expression hyperbolique dans un contexte de colère. Mais le fait que la vidéo soit publique, diffusée à grande échelle et toujours en ligne joue en défaveur du collectionneur.

L’hommage final à Jean-Marie Le Pen, décédé en janvier 2025, ajoute une dimension politique assumée. En se revendiquant de l’ancien leader du Front National, Chalençon se place volontairement dans un camp idéologique. Ce qui complique toute défense basée sur un simple « coup de colère ».

La question du rapport à l’islam en France est un sujet brûlant. Chaque dérapage public alimente un climat déjà tendu, comme l’avait montré la polémique sur les jeunes filles voilées à l’Assemblée nationale.

Un symptôme plus large qu’un simple « pétage de plomb »

Au-delà du cas Chalençon, cette affaire illustre un phénomène qui s’amplifie : la radicalisation du discours public sur les réseaux sociaux. Des personnalités médiatiques s’expriment face caméra avec une violence verbale qu’elles n’oseraient jamais sur un plateau de télévision. Le format vidéo courte, sans contradicteur, sans modération, sans montage, libère une parole brute.

Les réactions sous la vidéo sont d’ailleurs révélatrices. Une partie des commentateurs approuve, parfois avec enthousiasme. « Ce qui techniquement est vrai », écrit l’un d’eux. « Il est allé trop loin, mais il dit ce que tout le monde pense », commente un autre. Des formulations qui montrent à quel point ce type de discours trouve un écho.

D’autres, en revanche, s’inquiètent. « La bave aux lèvres », note un internaute. La frontière entre l’exaspération légitime face aux violences urbaines et le déversement de haine raciale est ici clairement franchie. Dénoncer des destructions est une chose. Insulter une religion entière, menacer des populations et invoquer Jean-Marie Le Pen en est une autre.

La suite dépendra de la justice. Si la procureure de Paris donne suite au signalement de Thomas Portes, Pierre-Jean Chalençon pourrait se retrouver devant un tribunal correctionnel dans les mois à venir. Avec une vidéo toujours en ligne et des propos assumés dans une seconde vidéo, sa défense s’annonce pour le moins compliquée.

Rejoignez nos 875 726 abonnés en recevant notre newsletter gratuite

2 commentaires

  • P
    Pierrewissen
    12/05/2026 à 07:36
    Je pense que monsieur Portes devrait balayer devant sa porte. Les propos anti blancs venant de son parti et un appel a l'insurrection populaire venant de Saint Denis devraient etre également rapportés à la procureur de Paris.
  • L
    Ladousseur
    10/05/2026 à 07:10
    Politicards et magistrature corrompus regardés l histoire , ça va pas être facile d effacer CHARLES MARTEL

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *