Jean Dujardin brisé par la mort de Bruno Salomone : ce qu’il lui a dit en dernier
Un hommage bouleversant sur France Inter
Mardi 17 mars, Jean Dujardin a pris la parole sur France Inter dans l’émission La Bande originale. Sa voix était chargée d’émotion. L’acteur venait de perdre l’un des hommes les plus importants de sa vie.

Bruno Salomone s’est éteint dimanche, à seulement 55 ans, après une longue maladie. Et Jean Dujardin a dit tout haut ce que beaucoup n’osent jamais faire à temps.
« J’ai eu le temps de lui dire que je l’aimais », a-t-il confié. Une phrase simple. Mais dans les circonstances, elle pèse tout le poids du monde.

Une amitié née sur les planches, dans les années 1990
Pour comprendre l’étendue de ce deuil, il faut remonter aux origines. Jean Dujardin et Bruno Salomone se sont rencontrés au milieu des années 1990, au sein de la troupe des Nous Ç Nous.
Avant The Artist, avant OSS 117, avant tout, il y avait cette bande de comédiens qui montaient sur scène ensemble, cherchaient leurs marques, apprenaient à faire rire.
Et c’est là que Jean Dujardin a vu quelque chose d’exceptionnel. Quelque chose qu’il n’a pas oublié en trente ans.
« Marlon Brando avec la gueule de Jim Carrey »

La formule est de lui, et elle est parfaite. En voyant Bruno Salomone sur scène pour la première fois, Jean Dujardin a eu une révélation immédiate.
« J’ai vu la drôlerie de cet homme, la beauté de cet homme, je me suis dit : c’est Marlon Brando avec la gueule de Jim Carrey. »
Une puissance dramatique rare, couplée à un sens comique instinctif. Ceux qui ont vu Bruno Salomone à l’œuvre dans Brice de Nice savent exactement de quoi il parle.
Mais derrière l’acteur, il y avait l’homme. Et c’est cet homme-là qui manque aujourd’hui à Jean Dujardin.
Un homme qui vous « perçait toujours à jour »
Jean Dujardin ne s’est pas arrêté au talent. Il a décrit un être humain d’une rare qualité d’attention aux autres.
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« Très soucieux des autres, très curieux des autres. Il vous perçait toujours à jour. Quand vous mangiez avec lui, à chaque fois, il essayait de savoir, il bousculait votre pudeur. »
Une façon d’être rare. Celle de quelqu’un qui s’intéresse vraiment, qui pousse doucement les portes que l’on garde fermées.
Et Jean Dujardin avoue que cette intensité l’embarrassait parfois. Lui, le pudique, celui qui « ne sait pas le dire ».
« Tu ne me dis jamais que tu m’aimes »

C’est l’un des passages les plus forts de cet hommage. Jean Dujardin raconte que Bruno Salomone l’interpellait parfois directement, avec une franchise désarmante.
« Parfois il m’engueulait en me disant : ‘Tu ne me dis jamais que tu m’aimes.’ Et je lui disais : ‘Je suis pudique, je ne sais pas le dire. Mais tu vois bien, on bosse ensemble depuis des années, tu sais que je t’aime.’ »
C’était important pour Bruno Salomone que les gens qu’il aimait le lui disent clairement. Pas à travers les actes seulement. Avec les mots.
Et au fond, Jean Dujardin lui a donné raison. Parce qu’il a trouvé les mots. À temps.
Ce que Jean Dujardin lui a dit avant la fin
« J’ai eu le temps de lui dire que je l’aimais, et je suis très heureux de tous ces messages qu’on lui donne. »
Cette phrase, prononcée avec une voix nouée, est peut-être la plus touchante de tout l’hommage. Jean Dujardin n’a pas eu à porter le regret de ne pas avoir parlé assez tôt.
Il a dit les mots que son ami lui réclamait depuis si longtemps. Et cette pensée semble lui apporter, au milieu du chagrin, une forme de paix.
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Ce n’est pourtant pas le seul moment bouleversant que Bruno Salomone a vécu avant de partir. Selon le témoignage d’un autre ami proche, Bruno Salomone avait fait sa demande en mariage sur son lit d’hôpital. Une scène d’une intensité rare, qui dit tout de la force de caractère de cet homme jusqu’au bout.
Une maladie longue, tenue secrète

Le monde du cinéma français a appris la nouvelle avec stupeur. Peu savaient à quel point Bruno Salomone était affaibli depuis plusieurs mois.
Ses proches avaient soigneusement protégé l’information du public jusqu’au bout, par respect pour lui et pour sa famille. Une discrétion qui colle parfaitement à l’image que Jean Dujardin dresse de lui : un homme profondément humain, loin des postures.
À 55 ans, il laisse derrière lui une carrière marquante et une empreinte indélébile dans le cœur de ceux qui l’ont côtoyé.
Brice de Nice et une complicité à l’écran
Le grand public le connaît notamment grâce à Brice de Nice, le film culte de James Huth sorti en 2005, dans lequel il donnait la réplique à Jean Dujardin. C’est d’ailleurs l’une des preuves concrètes de leur amitié de longue date.
Et Jean Dujardin n’a jamais caché sa tendresse pour cette période. Il avait d’ailleurs confié récemment ne pas exclure un retour à Brice de Nice si la vie lui en laissait le temps. Une déclaration qui résonne différemment aujourd’hui.
Bruno Salomone était l’une des pièces de ce puzzle affectif. Son absence laisse un vide que rien ne comblera.
Le monde du cinéma sous le choc

La disparition de Bruno Salomone s’inscrit dans une série de deuils qui frappe le cinéma français depuis plusieurs années. Après la mort de Michel Blanc et d’autres figures marquantes, c’est encore une voix singulière qui s’éteint.
Des acteurs comme d’autres comédiens disparus trop tôt ces derniers mois, Bruno Salomone laisse un vide immense dans une profession déjà endeuillée.
Jean Dujardin, lui, admet que c’est « difficile » d’en parler. Mais il l’a fait. Pour Bruno. Pour qu’on se souvienne non seulement du comédien, mais de l’homme.
Les obsèques de Bruno Salomone
Les fans et proches qui souhaitent lui rendre un dernier hommage peuvent se renseigner sur le lieu et la date des obsèques de Bruno Salomone, désormais connus.
Pour Jean Dujardin, peu importe où et quand. Ce qui compte, il l’a déjà fait. Il lui a dit qu’il l’aimait. Et ça, ça ne s’efface pas.
« Je suis très heureux de tous ces messages qu’on lui donne », a-t-il conclu sur France Inter. Comme si l’amour des gens, à défaut de prolonger une vie, pouvait au moins accompagner une âme.
Et pour Bruno Salomone, une belle âme — Jean Dujardin l’a répété plusieurs fois — c’était exactement ça.