Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. People

Mort de Nadia Farès à 57 ans : ce que l’on sait sur ses dernières minutes dans la piscine parisienne

Publié par Elsa Fanjul le 18 Avr 2026 à 7:25
Nadia Farès lors du Festival Cinéroman de Nice, souriant face à l'objectif

Le cinéma français vient de perdre l’une de ses actrices les plus marquantes des années 90. Nadia Farès, révélée au grand public dans Les Rivières pourpres aux côtés de Jean Reno et Vincent Cassel, s’est éteinte ce vendredi 17 avril à l’âge de 57 ans. Six jours plus tôt, un accident dans une piscine parisienne avait plongé la comédienne dans un coma dont elle n’est jamais sortie. Ses deux filles, Shana et Cylia, ont annoncé la nouvelle dans un communiqué déchirant. Voici ce que l’on sait sur ce drame qui laisse encore beaucoup de zones d’ombre.

Un samedi après-midi qui bascule en quelques secondes

nadia fares

Tout s’est joué en moins de quatre minutes. Le samedi 11 avril, aux alentours de 17 heures, Nadia Farès nageait dans le bassin taillé en granit du complexe sportif Blanche, un établissement prisé du centre de Paris. D’après les détails révélés par Le Parisien, l’actrice a subitement lâché sa planche pour plonger… et n’est jamais remontée à la surface.

Un autre nageur, présent dans le bassin, a remarqué ce comportement étrange. Alerté par la disparition soudaine de cette femme dont il ignorait l’identité, il a immédiatement plongé. Aidé d’un second baigneur, il a réussi à remonter Nadia Farès. Selon les éléments rapportés, l’actrice serait restée sous l’eau, en position courbée, entre trois et quatre minutes. Elle ne respirait plus.

Le maître-nageur de l’établissement n’était pas présent au bord du bassin au moment des faits. Ce sont donc les deux nageurs qui ont prodigué les premiers gestes de secours, avant que le professionnel ne les rejoigne. Les pompiers de Paris, dépêchés sur place, ont réussi à réanimer la comédienne. Mais son état était déjà critique, et ce qui allait suivre n’allait rien arranger.

Six jours dans le coma à la Pitié-Salpêtrière

Transportée en urgence absolue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Nadia Farès a été placée dans un coma artificiel. Son pronostic vital était engagé dès son admission. Le drame n’a été rendu public que le mardi 14 avril, trois jours après les faits, lorsque Le Parisien a révélé l’information. Pendant six jours, ses proches ont espéré un réveil qui n’est jamais venu.

Ce vendredi 17 avril, ses filles Shana et Cylia Chasman ont adressé un communiqué à l’AFP : « C’est avec une immense tristesse que nous annonçons le décès ce vendredi de Nadia Farès. La France a perdu une grande artiste, mais pour nous, c’est avant tout une mère que nous venons de perdre. » Des mots simples, qui résument la double perte : celle d’une actrice pour le public, celle d’une maman pour deux jeunes femmes.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour faire la lumière sur les circonstances exactes du décès. Selon les éléments déjà connus de l’enquête, la piste d’un malaise dans l’eau est privilégiée. L’actrice aurait déjà souffert de problèmes cardiaques par le passé, un antécédent qui pourrait expliquer la soudaineté de l’incident. Mais les enquêteurs comptent sur les caméras de surveillance du complexe sportif pour reconstituer précisément la scène.

De Marrakech à Paris : le parcours d’une battante

Née le 20 décembre 1968 à Marrakech, Nadia Farès avait quitté très tôt le Maroc avec sa mère, d’origine arménienne, pour s’installer dans le sud de la France. C’est à Nice qu’elle a grandi, avant de monter à Paris à 18 ans avec une seule idée en tête : devenir actrice. Une ambition que personne dans son entourage ne prenait forcément au sérieux à l’époque.

Après des mois de castings, le déclic arrive en 1990. Elle décroche une apparition dans Navarro, puis dans L’Exilé l’année suivante. Le cinéma lui ouvre ses portes en 1993 avec un premier rôle dans Les Amies de ma femme. La carrière décolle alors rapidement. Nadia Farès enchaîne les succès des années 90 : Hommes, femmes : mode d’emploi de Claude Lelouch, Les Démons de Jésus de Bernie Bonvoisin. Mais c’est Les Rivières pourpres de Mathieu Kassovitz, en 2000, qui la propulse définitivement. Elle y tient le premier rôle féminin face à Jean Reno, dans un thriller devenu culte qui attire plus de 3 millions de spectateurs en salles.

À ce moment-là, Nadia Farès aurait pu enchaîner les grosses productions. Au lieu de ça, sa vie personnelle a pris un tournant radical.

À lire aussi

L’amour, les États-Unis et une parenthèse de quinze ans

Piscine intérieure parisienne avec bassin en granit et eau turquoise, là où s'est produit le drame

C’est dans l’entourage de Luc Besson que Nadia Farès rencontre le producteur américain Steve Chasman. Le coup de foudre débouche sur un mariage et la naissance de deux filles, Shana et Cylia. Pour elles, l’actrice fait un choix que peu de comédiennes au sommet de leur popularité auraient fait : elle met sa carrière entre parenthèses et s’installe aux États-Unis.

« Je suis partie aux États-Unis, je me suis découvert très ‘maman protectrice’, et j’ai décidé de l’être à plein temps », confiait-elle à Télé Star en 2019. Une phrase qui en dit long sur ses priorités. Pendant plus d’une décennie, Nadia Farès vit loin des plateaux, loin des projecteurs. Son couple avec Steve Chasman finit par se séparer en 2022, comme elle l’avait confié au magazine Gala.

Ses filles ayant grandi, elle revient progressivement à la comédie. En 2016, elle fait son grand retour dans la série Marseille, puis multiplie les apparitions au cinéma. Son dernier film, Toujours possible de Jacques Ouaniche, est sorti en 2025. Un retour qui s’annonçait durable, brutalement interrompu par le drame du 11 avril.

2026, une année noire pour le cinéma et la culture française

La disparition de Nadia Farès s’inscrit dans une série de deuils qui frappe le monde du spectacle depuis le début de l’année. En quelques mois, la France a perdu plusieurs visages familiers dans des circonstances souvent brutales. Bruno Salomone, inoubliable Denis Bouley de Fais pas ci fais pas ça et complice de Jean Dujardin dans Brice de Nice, a succombé à un cancer qu’il combattait en secret depuis plusieurs années.

Isabelle Mergault, chroniqueuse emblématique des Grosses têtes, actrice et réalisatrice césarisée, a elle aussi été emportée par un cancer à 67 ans. Elle laisse derrière elle ses deux filles adoptives, Maya et Iris, âgées de 17 et 12 ans. De l’autre côté de l’Atlantique, la liste est tout aussi lourde : Loana, retrouvée sans vie à son domicile à 48 ans, ou encore James Van Der Beek, le Dawson de toute une génération, emporté par un cancer colorectal.

Chuck Norris, Eric Dane (le Dr Glamour de Grey’s Anatomy, victime de la maladie de Charcot), Catherine O’Hara (Maman j’ai raté l’avion), Robert Duvall (Le Parrain, Apocalypse Now)… La liste des disparitions de 2026 donne le vertige. En France, l’ancien Premier ministre Lionel Jospin s’est éteint à 88 ans, tout comme le couturier Valentino Garavani, dont le seul prénom était devenu une marque planétaire.

Des questions qui restent en suspens

L’enquête ouverte par le parquet de Paris devra répondre à plusieurs interrogations. Pourquoi Nadia Farès a-t-elle subitement lâché sa planche ? Un malaise cardiaque est-il survenu sous l’eau ? Les antécédents médicaux de l’actrice sont au cœur des investigations. Les images des caméras de surveillance du complexe sportif Blanche devraient fournir des éléments clés aux enquêteurs.

Reste aussi la question de la surveillance du bassin au moment des faits. Le maître-nageur n’était pas au bord de l’eau quand l’accident s’est produit. Sans la vigilance de ce nageur anonyme qui a plongé immédiatement, Nadia Farès serait restée au fond du bassin bien plus longtemps. Les drames en piscine rappellent régulièrement que chaque seconde compte dans ce type de situation.

Pour ses proches, pour ses deux filles, pour les millions de spectateurs qui l’avaient découverte dans Les Rivières pourpres, la disparition de Nadia Farès laisse un vide immense. À 57 ans, elle venait tout juste de reprendre goût au métier qui l’avait rendue célèbre. Les hommages du monde du cinéma ne font que commencer.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *