Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Politique

« Séduit mineur par une femme adulte » : le couple Macron cité en exemple à l’Assemblée lors de la commission sur l’inceste

Publié par Elsa Fanjul le 04 Mai 2026 à 10:22

Les auditions de la commission d’enquête sur les violences sexuelles incestueuses se poursuivent à l’Assemblée nationale. Après le témoignage bouleversant de Coline Berry, c’est une illustratrice qui a provoqué un séisme en citant nommément le couple présidentiel comme exemple d’une « culture de l’inceste » qui imprègnerait toute la société française.

Rapatriement des Français de Dubaï

Un diagnostic explosif devant les députés

Dimanche 3 mai, Cécile Cée s’est présentée devant la commission d’enquête parlementaire. L’illustratrice, autrice d’un livre sur le sujet, n’est pas venue pour témoigner d’une histoire personnelle. Elle est venue poser un diagnostic, et celui-ci a fait l’effet d’une bombe dans l’hémicycle.

« Le nombre de familles incestueuses présentes dans la société est vertigineux », a-t-elle affirmé face aux députés. Citant la chercheuse Dorothée Dussy, elle a martelé : « Nous sommes tous et toutes socialisés à l’inceste et à sa silenciation. » En clair, selon elle, l’inceste n’est pas un phénomène marginal caché dans l’ombre. Il serait au contraire omniprésent, normalisé, parfois même exhibé au grand jour.

Quelques jours plus tôt, le témoignage de Coline Berry avait déjà sidéré l’opinion. Les accusations contre son père, l’acteur Richard Berry, avaient donné le ton de cette commission. Mais Cécile Cée a choisi un angle radicalement différent : pas un récit intime, mais une analyse de société. Et c’est peut-être ce qui rend ses propos encore plus dérangeants.

Gainsbourg, les Kardashian, la télé-réalité : quand l’inceste s’affiche

Pour étayer sa thèse, l’illustratrice a déployé une série d’exemples tirés de la culture populaire. « La meilleure manière de cacher l’inceste, c’est de l’exhiber », a-t-elle lancé. Films, séries, contenus sur les réseaux sociaux, émissions de télévision : selon elle, les représentations problématiques sont partout, et personne ne les nomme.

Affaire Richard Berry : gros rebondissement pour sa fille

Premier exemple cité : la famille Gainsbourg. Cécile Cée a visé frontalement la célèbre chanson « Lemon Incest », enregistrée par Serge Gainsbourg avec sa fille Charlotte en 1984. « Gainsbourg a incesté sa fille aux yeux et à la vue de tous et toutes, qu’elle le dise ou non d’ailleurs, car c’est aux sociétés de repérer l’inceste », a-t-elle déclaré sans détour.

Elle a ensuite élargi le spectre : la famille Kardashian, les comptes de « parentalité positive » sur les réseaux sociaux, l’émission « Qui veut épouser mon fils ». Dans chaque cas, Cécile Cée pointe ce qu’elle considère comme une banalisation des relations intrafamiliales inappropriées. Des exemples qui peuvent sembler disparates, mais qui, mis bout à bout, dessinent selon elle un système cohérent.

C’est après cette énumération que l’illustratrice a lâché le nom qui a fait basculer l’audition dans une tout autre dimension. Un nom que personne n’attendait dans ce contexte.

« Un homme séduit mineur par une femme adulte »

« Nous vivons sous la présidence d’un homme dont tout le monde sait qu’il a été séduit mineur par une femme adulte. C’est une situation qu’une politique publique de prévention des violences sexuelles devrait nommer comme délictueuse. »

Les mots sont posés. Cécile Cée vient de citer Emmanuel et Brigitte Macron devant la représentation nationale, dans le cadre d’une commission sur les violences sexuelles incestueuses. Non pas pour accuser le couple d’inceste au sens juridique strict, mais pour illustrer ce qu’elle appelle une « culture de l’inceste » : un système où les rapports de domination adulte-mineur sont romantisés et normalisés.

L’illustratrice a poursuivi : « Au lieu de quoi, la puissance du régime présidentiel impose à tous le silence, la banalisation, la romantisation à travers des livres et la normalisation d’une situation anormale. » Selon elle, cette configuration est « un exemple typique de culture de l’inceste qui régit non seulement les familles incestueuses mais également toute une société bâtie sur l’écrasement d’une large minorité de sa population ».

Des propos qui résonnent d’autant plus fort qu’ils sont prononcés dans l’enceinte même de l’Assemblée nationale, devant des députés en charge de légiférer sur ces questions. Brigitte Macron n’en est pas à sa première polémique, mais celle-ci touche un registre inédit : celui de la loi et des violences faites aux mineurs.

L’histoire connue de tous, mais rarement qualifiée

Salle d'audition parlementaire vide à l'Assemblée nationale

Les faits que Cécile Cée pointe du doigt sont pourtant publics et documentés depuis des années. Emmanuel Macron avait 15 ans lorsqu’il a rencontré Brigitte Trogneux, alors sa professeure de théâtre au lycée La Providence d’Amiens. Elle en avait 39, était mariée et mère de trois enfants. Leur relation s’est construite dans ce cadre-là, celui d’un lien entre une enseignante et son élève mineur.

L’histoire a été racontée mille fois. Dans des livres, des documentaires, des magazines people. Toujours sous l’angle de la romance atypique, de l’amour qui transcende les conventions. Rarement, voire jamais, sous l’angle que pose Cécile Cée : celui d’un adulte en position d’autorité qui entame une relation avec un adolescent dont il a la charge éducative.

C’est précisément ce glissement que dénonce l’illustratrice. Non pas la relation en elle-même telle qu’elle existe aujourd’hui entre deux adultes, mais la manière dont la société française a choisi de la raconter. Le couple présidentiel lui-même a abordé plusieurs fois publiquement les débuts de leur relation, contribuant selon ses détracteurs à cette « romantisation » décrite par Cécile Cée.

Une commission sous haute tension

Cette audition s’inscrit dans un contexte parlementaire déjà électrique. La commission d’enquête sur les violences sexuelles incestueuses a été marquée par des témoignages d’une violence rare. Celui de Coline Berry, qui a accusé son père Richard Berry de gestes incestueux, a provoqué une onde de choc. La femme de Richard Berry a d’ailleurs répliqué publiquement dans une lettre ouverte virulente.

D’autres affaires continuent de secouer la société française. L’affaire de Lucenay, l’animateur de maternelle écroué à Toulouse, les accusations visant l’entourage de François Bayrou : le sujet des violences sexuelles sur mineurs occupe une place centrale dans le débat public.

Dans ce climat, les propos de Cécile Cée sur le couple Macron prennent une résonance particulière. Elle ne se contente pas de pointer un cas individuel. Elle interroge la capacité collective d’une société à reconnaître — et nommer — ce qu’elle a sous les yeux. Une question inconfortable, mais que cette commission a précisément vocation à poser.

Reste à savoir si ces déclarations, prononcées sous les ors de la République, auront des suites politiques. Ou si elles rejoindront la longue liste des vérités dites à voix haute que tout le monde préfère oublier. Brigitte Macron elle-même a récemment livré un bilan amer de ses années à l’Élysée, évoquant « la noirceur du monde ». Cette fois, c’est cette noirceur qui vient frapper à la porte de sa propre histoire.

Rejoignez nos 875 726 abonnés en recevant notre newsletter gratuite

2 commentaires

  • l
    lou
    05/05/2026 à 07:45
    Garona n'a rien compris !
  • G
    Garona
    04/05/2026 à 16:02
    Quel rapport entre la relation amoureuse des Macron et l'inceste. Je crains que cette madame Cée n'ait voulu se faire un nom en donnant dans le spectaculaire.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *